Une opération de contrôle d’établissements commerciaux a été menée ce jeudi matin rue Saint-Nicolas à Nancy, dans le cadre du Plan d’action départemental de restauration de la sécurité du quotidien. Elle s’inscrit dans une série d’interventions renforcées dans un secteur jugé prioritaire par les autorités.
À l'angle de la rue Saint-Nicolas et de la rue du Docteur Schmitt, à 9h, ce matin, une présence policière plus forte qu'à l'accoutumée. Il s'agissait d'une opération, visant à la fois à vérifier le respect des règles sanitaires et de protection des consommateurs, mais aussi à lutter contre différentes formes de trafics, notamment de stupéfiants, de tabac et de blanchiment sur cet axe très fréquenté du centre-ville de Nancy, qui compte une soixantaine de commerces.
Police nationale, police aux frontières, agents de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), une quinzaine d’agents de l’État ont mené un contrôle minutieux et multiformes, qualifié de « contrôle à 360 degrés » dans l'une des enseignes de la rue Saint-Nicolas.
« Une fois que l’on entre dans un établissement, on contrôle tout », a expliqué le préfet de Meurthe-et-Moselle, Yves Séguy, présent sur place aux côtés du directeur interdépartemental de la police nationale, Frédéric Laissy.
Selon le préfet, ces établissements peuvent être à la fois à l’origine d’irrégularités ou se retrouver sous pression et servir de relais à des activités illicites tout en soulignant que ces contrôles visibles s’inscrivent dans un dispositif plus large, mené de jour comme de nuit.
Les vérifications ont porté sur l’origine des produits, le respect de la chaîne du froid, les conditions d’hygiène, la tenue des registres de sécurité, la régularité des contrats de travail, les contrôles d’identité et la conformité des documents administratifs. Selon le premier bilan communiqué, plusieurs manquements ont été relevés, dont l’absence de mise à jour du contrôle annuel des dispositifs de lutte contre l’incendie, un défaut de tenue du registre de sécurité, ainsi que l’absence d’affichage des prix sur une centaine d’articles proposés à la vente.
Une stratégie globale de sécurisation du secteur
Cette opération s’inscrit dans une stratégie globale de sécurisation du secteur, déjà marquée ces derniers mois par plusieurs contrôles et fermetures administratives. Le 5 novembre dernier, 73 kilos de tabac frauduleux avaient été découverts dans plusieurs commerces de la rue. Deux fermetures administratives ont depuis été prononcées par arrêté préfectoral pour cinq et quatre mois, tandis qu’une troisième pour dix jours est encore en cours de notification.
« Cette politique de contrôle renforcé a conduit à une augmentation des fermetures administratives, passées de 8 à 26 en 2025 », a précisé le préfet. « Il ne s’agit pas d’une frénésie contre les exploitants, mais de la volonté d’assurer que ces commerces ne posent pas de difficultés », a-t-il ajouté, affirmant que l’État restera « très présent » pour « assécher tous les vecteurs de commerces irréguliers ».
« L’objectif est que la loi et l’ordre s’imposent sur les commerces comme sur la voie publique », a souligné Frédéric Laissy. « L’idée est que plus aucun commerce ne puisse dire qu’il n’a jamais été contrôlé », a encore insisté le directeur interdépartemental de la police nationale. « Il y a parfois de petites infractions, mais l’enjeu principal est que les établissements soient correctement tenus. Cela passe par une remise à plat et le retour à l’ordre dans cette rue ».
Selon la police, ce secteur fait l’objet d’une attention particulière en raison d’infractions récurrentes. En 2025, près de 80 personnes ont été interpellées sur l’axe rue Saint-Nicolas et rue du Docteur-Schmitt dans le cadre de procédures judiciaires, pour des faits allant de la détention de stupéfiants au recel, en passant par le travail dissimulé et des violences.
D’autres opérations du même type sont prévues dans les prochaines semaines dans les secteurs identifiés comme prioritaires de l’agglomération nancéienne. « Les malfaisants n'ont pas leur place ici, très clairement, et on continuera autant qu'il le faudra pour mettre un terme à des pratiques inacceptables, intolérables, et qui, évidemment, finissent par poser de multiples problèmes à tous nos concitoyens », a conclu le préfet de Meurthe-et-Moselle, Yves Séguy.











