Yves Séguy, préfet de Meurthe-et-Moselle, a convié ce mercredi la presse locale pour lui adresser ses vœux. Un temps d’échange au cours duquel le représentant de l’État est revenu sur les actions menées en 2025 et les grands axes de travail pour 2026.
Ce mercredi 14 janvier, le préfet de Meurthe-et-Moselle, Yves Séguy, a reçu la presse locale dans les salons de la préfecture à Nancy, à l’occasion de la cérémonie des vœux. Entouré de son directeur de cabinet Christophe Antoni, de Frédéric Clowez, secrétaire général, des services de communication et des sous-préfets de Lunéville, Val de Briey, Toul, le représentant de l’État s’est montré à l’aise dans un exercice mêlant bilan, pédagogie et annonces.
Arrivé dans le département il y a cinq mois, le préfet revendique une méthode fondée sur la notion de proximité. «Une proximité humaine tournée vers les personnes plutôt que vers les organigrammes», a-t-il insisté. Une proximité qui, selon lui, passe par le terrain, l’écoute, la compréhension et le temps accordé aux acteurs locaux. «La proximité, c’est donner du temps... C'est rester à l’écoute, tendre la main», a-t-il résumé.
Le préfet est également revenu sur plusieurs événements marquants, parmi lesquels le traité d’amitié franco-polonais signé à Nancy par le président de la République, Emmanuel Macron et Donald Tusk, Premier ministre de la Pologne, mais aussi des incendies de l'Ehpad des Saint-Joseph à Nancy et de Neuves-Maisons, rappelant l’importance de la coordination des services de l’État lors de situations de crise.
Sécurité publique et du quotidien
Durant près d’une heure trente, Yves Séguy a passé en revue les dossiers majeurs de l’année écoulée et détaillé les priorités de l’État pour 2026, à commencer par le renforcement de la sécurité publique et la sécurité du quotidien. Sécurité dans les transports, prévention des occupations illicites, continuum de sécurité, prévention... Certains chiffres ont été évoqués comme le nombre de fermetures administratives qui a fortement progressé en 2025, avec 26 décisions prononcées, contre 9 en 2024. Par ailleurs, les contrôles ont également été intensifiés, notamment dans les transports en commun, où près de 14 000 personnes ont été contrôlées. « L’objectif est d’agir plus vite et de façon ciblée sur les lieux à risque », a souligné le préfet, annonçant une accentuation de cette stratégie en 2026.
La lutte contre le narcotrafic reste une priorité pour les services de l'État, combinant opérations nationales d’ampleur à l'image des saisies de l’Office antistupéfiants (OFAST) avec pas moins de 207 kilos de méthamphétamine à Pont-à-Mousson et actions locales de terrain visant à « assécher durablement » les points de deal.
S’appuyant sur la loi du 13 juin 2025 relative à la lutte contre le narco-trafic, le représentant de l’État a rappelé l’activation de nouveaux leviers de police administrative, en étroite coordination avec l’autorité judiciaire : interdictions de paraître sur les points de deal, expulsions de logements sociaux occupés par des personnes impliquées dans les trafics, ou encore fermetures administratives de commerces pour une durée pouvant aller jusqu’à six mois. « Il s’agit de personnes qui transforment leur logement en point de trafic et rendent la vie de tout un immeuble insupportable », a expliqué le préfet.
En 2025, 129 trafics de stupéfiants ont été démantelés en Meurthe-et-Moselle.
Enfin, Yves Séguy a rappelé que la vigilance reste totale en matière de radicalisation et de dérives sectaires. En 2025, 47 réunions du groupe d’évaluation départemental (GED) ont permis d’examiner des situations sensibles, en lien avec la justice, la santé, l’Éducation nationale et les forces de sécurité. Le département suit actuellement une quarantaine de profils, dont certains incarcérés.
Des saisies de stupéfiants en novembre dernier dans le quartier du Haut-du-Lièvre à Nancy / crédit archives Ici C Nancy
Sécurité routière en Meurthe-et-Moselle « On se tue trop sur les routes »
Autre sujet majeur, la sécurité routière. « On se tue trop sur les routes », a martelé le préfet . Chaque année, près de 3 000 suspensions administratives de permis de conduire sont prononcées dans le département : 50 % pour usage de stupéfiants, 25 % pour alcoolémie et 25 % pour vitesse excessive.
Un arrêté préfectoral interdisant l’usage détourné du protoxyde d’azote est désormais pleinement appliqué. « Quand on voit les dégâts sur l’organisme de jeunes consommateurs, il y a de quoi s’insurger », a dénoncé le préfet évoquant des saisies de bonbonnes effectuées lors de contrôles routiers.
Christophe Antoni, directeur de cabinet, a rappelé un chiffre préoccupant : 39 personnes ont perdu la vie sur les routes du département en 2025, un niveau comparable à celui observé il y a une dizaine d’années. «La vitesse est en cause dans 40 % des accidents mortels. Ce n’est pas acceptable», a-t-il souligné.

39 personnes personnes sont décédées sur les routes de Meurthe-et-Moselle en 2025 / illustration crédit ici-c-nancy.fr
Incendies et établissements festifs, une vigilance renforcée
La question de la sécurité incendie a également occupé une place centrale dans les échanges, dans le contexte du dramatique incendie survenu lors de la nuit du Nouvel An dans un bar d’une station de ski suisse, qui a fait 40 morts et des centaines de blessés.
À la suite de ce drame, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a adressé le 8 janvier un télégramme aux préfets leur demandant d’apporter « une vigilance particulière » aux établissements accueillant des soirées dansantes, notamment les bars exerçant une double activité.
Lors des vœux à la presse, Yves Séguy est revenu sur ce sujet sensible. « La sécurité incendie est un sujet de grande attention, et ce n’est pas uniquement depuis le malheureux incendie survenu en Suisse. Nous avons un département avec des immeubles complexes, des immeubles de grande hauteur, des secteurs très urbanisés. C’est un sujet de vie quotidienne, de loisirs, d’amusement, mais aussi de responsabilité », a-t-il insisté.
Christophe Antoni a rappelé que la sécurité incendie repose sur un travail collectif. « Nous menons un travail déterminé et structuré de suivi des avis défavorables afin de les lever. Nous sommes passés de 118 à 82 établissements en situation défavorable en deux ans, et nous ne nous arrêtons pas là », a-t-il expliqué. L’exemple du centre commercial des Nations, à Vandœuvre-lès-Nancy, illustre cette démarche. « Chaque cellule commerciale a été reprise une par une, en lien avec les pompiers et la ville, pour vérifier le respect des obligations réglementaires : alarmes, dispositifs d’extinction, matériel de sécurité », a détaillé le directeur de cabinet. Lorsque les exploitants ne sont pas en règle et ne montrent pas de dynamique, des arrêtés de fermeture peuvent être pris, soit par le maire, soit par le préfet.
« En cas de sinistre dans un ERP, la première responsabilité pénale est celle de l’exploitant. Ensuite, on examine l’action de l’autorité de police administrative », a-t-il rappelé, soulignant que l’exigence restera élevée, notamment pour les locaux à sommeil et les bars dansants.
« Il n’y a pas de bienveillance particulière, mais un niveau d’exigence, de compréhension et d’accompagnement lorsque les exploitants sont de bonne foi et engagés dans les travaux », a conclu le préfet.
Le développement économique
En matière de développement économique, la Meurthe-et-Moselle se distingue au niveau régional, se classant au 2ᵉ rang des départements bénéficiaires du programme France 2030 dans le Grand Est. Quatre-vingt-seize projets ont été accompagnés, pour un montant total de 309 millions d’euros d’aides mobilisées.
Pour lever les freins administratifs et accélérer les projets structurants, le préfet a annoncé le lancement de la PAP, une plateforme destinée à accompagner les porteurs de projets sur les volets réglementaire, administratif et financier. Un second outil, le SIDEX, dédié à la simplification administrative et à l’expérimentation, doit également voir le jour prochainement.
Ce matin Yves SÉGUY, préfet de Meurthe-et-Moselle, a reçu les représentants de la presse locale pour leur présenter ses vœux, dresser le bilan des actions de l’État dans le département en 2025 et annoncer les grands objectifs de 2026.
— Préfet de Meurthe-et-Moselle (@Prefet54) January 14, 2026
Dans un contexte de réforme de l’État… pic.twitter.com/EV6Dg8fVNt









