MUNICIPALES NANCY #2. À moins de dix jours du scrutin municipal, quels sont les grands projets culturels voulus par les candidats pour Nancy ? On a posé la question aux têtes de liste ou colistier. Tour d’horizon des propositions.
Les six têtes de liste ou représentant interrogé, Laurent Hénart (Nancy avec vous), Mathieu Klein (Nancy grandit), Emmanuel Lacresse (Nancy en avant), Christiane Nimsgern (Lutte ouvrière), Sarah Farghaly (Liste Nancy Insoumise), Laurent Watrin et Sylvain Mariette (Nous, Nancy 2026) ont accepté de répondre à une série de questions autour de dix grandes thématiques : sécurité, culture, pouvoir d’achat, santé, commerce, mobilité, environnement, logement, attractivité et démocratie.
Pour cette deuxième séquence, filmée à la médiathèque de Nancy, et consacrée à la culture, chaque candidat disposait d’une minute pour présenter ses priorités.
Laurent Hénart veut remettre Nancy « en fête » et miser sur son patrimoine
Ancien maire de Nancy, Laurent Hénart défend une vision festive et patrimoniale de la politique culturelle. Pour lui, la culture doit aussi être un moment de rassemblement populaire. « La culture, ça doit être évidemment la fête et nous proposons le retour des concerts d’été. Concerts d’été place Stanislas à la Pépinière et dans les quartiers avec une pré-programmation de juin à septembre », explique-t-il.
Le candidat promet également de soutenir les structures de proximité et de rouvrir la MJC Pichon, fermée ces dernières années. « Nous proposons aussi d’être aux côtés des MJC et de rouvrir très rapidement la Maison des Jeunes et de la Culture Pichon qui n’aurait jamais dû fermer ».
Son projet met aussi l’accent sur la restauration du patrimoine nancéien, qu’il juge délaissé depuis 2020. Laurent Hénart cite notamment le palais ducal, le palais du gouvernement, l’hémicycle de la Carrière ou encore la Villa Majorelle, tout en plaidant pour une mise en valeur plus forte du patrimoine Art nouveau.
Emmanuel Lacresse : une « cité de la culture »
De son côté, Emmanuel Lacresse souhaite structurer l’action municipale autour de trois grands axes, dont la culture. « La culture, pour nous, c’est essentiel à l’identité de notre ville. On veut faire trois cités. Une cité de la santé, une cité de la sécurité, une cité de la culture » .
Son projet prévoit notamment un investissement à la Manufacture pour rassembler ballet, conservatoire et théâtre. Il souhaite également rouvrir rapidement le musée Lorrain. « Faire en sorte aussi qu’on rouvre immédiatement le musée Lorrain. On rapatrie les œuvres. On ouvre l’aile des Cordeliers tout de suite ».
Il propose également la nomination d’un « haut commissaire à la belle époque » afin de valoriser le patrimoine et renforcer l’attractivité touristique de la ville.
Mathieu Klein veut poursuivre l'élan culturel engagé
Le maire sortant Mathieu Klein défend pour sa part le bilan culturel de son mandat et plaide pour la poursuite des politiques engagées depuis 2020, centrées sur l’élargissement de l’accès à la culture. « En matière de projets pour la culture, nous voulons poursuivre l’effort qui a visé notamment à donner accès à toutes et à tous à la culture avec la gratuité des médiathèques, comme ici, des bibliothèques pour les habitants de Nancy, la gratuité des musées pour les moins de vingt-six ans », explique-t-il.
L’édile insiste également sur la nécessité de protéger la liberté de création et de soutenir la diffusion culturelle sur l’ensemble du territoire nancéien.
Parmi les projets avancés figure notamment l’ouverture de la médiathèque Fadwa Touqan sur le plateau de Haye, attendue au printemps 2027, ainsi que l’installation du Ballet national dans l’ancienne faculté de pharmacie. L’objectif, selon lui, est d’« offrir enfin un écrin de qualité au sixième Ballet national de France que nous avons le plaisir d’avoir à Nancy ».
Sarah Farghaly : une culture « populaire » et plus accessible
Pour la candidate de La France insoumise, l’enjeu principal reste l’accès à la culture pour tous. Son programme pour Nancy Insoumise prévoit notamment un soutien renforcé aux structures associatives et aux lieux de diffusion locaux. « Ça passe par tout un tas de lieux, qu’il s’agisse des structures associatives comme les MJC, que nous soutiendrons bien sûr avec beaucoup de moyens et que nous souhaitons vraiment maintenir sur notre territoire ».
Elle souhaite également encourager les petits lieux culturels et commerces accueillant des concerts, qu’elle juge fragilisés aujourd’hui. Autre proposition : transformer le site Alstom pour accueillir des cultures alternatives et des artistes en résidence.
Enfin, Sarah Farghaly défend le développement de l’édition indépendante lors d’événements comme le Livre sur la Place et veut permettre l’organisation de festivals militants, « pour les luttes antiracistes, féministes et toutes les luttes d’émancipation ».
Soutenir la création et les scènes de proximité pour la liste menée par Laurent Watrin
Pour la liste Nous, Nancy 2026, représentée ici par Sylvain Mariette, 5ème colistier de Laurent Watrin, la culture constitue un enjeu majeur pour la ville. Le programme prévoit notamment de distinguer clairement plusieurs politiques culturelles : création artistique, diffusion et éducation aux pratiques artistiques. La liste propose aussi la création d’une fondation territoriale pour soutenir la création, avec des décisions de financement prises par des acteurs culturels plutôt que par les responsables politiques.
Enfin, elle souhaite renforcer l’éducation artistique dès l’école primaire et soutenir les scènes culturelles de proximité, notamment les MJC et les initiatives indépendantes.
Christiane Nimsgern : la culture comme question sociale
Candidate de Lutte ouvrière, Christiane Nimsgern adopte une approche plus politique du sujet. Selon elle, la culture reste aujourd’hui difficilement accessible pour une grande partie de la population. « La culture, c’est un grand sujet, mais vous savez, la culture, elle est quand même réservée à une minorité ».
Elle évoque notamment les conditions d’éducation et de travail qui limitent l’accès aux pratiques culturelles. « Quand on est un adulte, on passe la plus grande partie de sa vie au travail. On est fatigué, on manque d’argent ».
Pour la candidate, l’accès réel à la culture suppose un changement de système. « Pour que la culture ne soit pas un luxe, il faudra mettre les richesses et les formidables moyens techniques au service de tous ».







