février 20, 2020

Tabagisme chez les jeunes : infos, chiffres et mesures

CONSO. Chaque dimanche, Orgeco 54, l'association de consommateurs et d'usagers basée à Nancy décortique l'actualité et examine ses dossiers pour mieux aiguiller les consommateurs en cas de conflit. Cette semaine, l'association aborde pour ICI C NANCY, les mesures appliquées par la France pour protéger les jeunes consommateurs de l'industrie du tabac et pointe les limites de la loi.

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Image Illustration - F. M

 

ORGECO54L'industrie du Tabac séduit les jeunes consommateurs - La chronique du dimanche de Orgeco 54

Des consommateurs jeunes. L’industrie du tabac l’a compris depuis longtemps : « Les adolescents d’aujourd’hui sont les consommateurs réguliers potentiels de demain, et la très grande majorité des fumeurs commence à fumer à l’adolescence. » (Philip Morris, 1981). On constate en effet que c’est à l’adolescence que la très grande majorité des fumeurs à long terme commence à fumer, avec un âge de la première cigarette situé en moyenne entre 11 et 12 ans, au moment de l’entrée au collège. Avec 40 % de fumeurs réguliers chez les 16-25 ans, la France est très touchée par le problème du tabagisme des jeunes.
 
La France : une mauvaise élève dans l’Union Européenne. Le tabac est la première drogue consommée par les jeunes Français : 26,3 % des jeunes de 15 ans sont des fumeurs réguliers. Ce pourcentage place notre pays au 18e rang européen (sur 27), avec un tabagisme chez les jeunes plus élevé qu’en Grèce, au Portugal ou en Pologne. Ces chiffres sont d’autant plus dramatiques lorsque l’on sait que la moitié de ces jeunes ne parviendra pas à arrêter de fumer et qu’un quart d’entre eux (la moitié de ceux qui resteront fumeurs) mourra de son tabagisme.
 
Ce que dit la loi... Il existe pourtant une loi visant à limiter la consommation de tabac des jeunes en France, mais elle est très peu appliquée Depuis 2004, il est interdit de vendre des produits du tabac aux mineurs de moins de 16 ans. Les débitants de tabac peuvent demander aux jeunes leur pièce d’identité afin de s’assurer de leur âge en cas de doute. Enfin, une affichette légale obligatoire signalant cette interdiction doit être apposée de façon visible.
 
Une mesure largement inappliquée…Pourquoi ?? Selon une étude coordonnée par le CNCT, 74 % des débitants de tabac acceptent de vendre un paquet de cigarettes à un jeune de moins de 16 ans. Parmi les jeunes ayant participé à l’enquête, 87 % des adolescents de 15 ans et 61 % des jeunes de 12 ans se sont vus accepter la vente de tabac. Les expériences étrangères montrent que pour que l’interdiction de vente de tabac aux moins de 16 ans contribue à faire baisser le tabagisme chez les jeunes, le taux d’application de la loi doit être supérieur à 90 %. Or à ce jour, seuls 1/4 des buralistes applique la loi. Cette dernière ne peut donc pas, en l’état, avoir d’impact sur la consommation des adolescents.
 
En 2009, l’interdiction de vente de tabac a été étendue aux mineurs de moins de 18 ans. Si cette mesure est indispensable, elle ne constitue pas une recette miracle et doit être combinée aux mesures efficaces connues, telles que les hausses de taxes, notamment.
Si les politiques menées en France pour lutter contre le tabagisme ont permis de faire baisser le tabagisme des jeunes de 17 ans de 33 % en 2005 à 28,9 % en 2008, l’engagement de l’État s’avère encore insuffisant, eu égard aux enjeux.
 
La publicité. Le CNCT s’engage au quotidien pour préserver les jeunes de toute incitation à fumer et casser l’image valorisante véhiculée par les univers publicitaires des marques de produits du tabac. La publicité, les promotions et le parrainage jouent un rôle essentiel dans l’incitation à commencer à fumer, à accroître sa consommation, à passer d’une consommation occasionnelle à une consommation régulière, à dissuader d’arrêter et enfin à inciter à reprendre pour les fumeurs qui auraient arrêté de fumer. À contrario, on a pu mesurer que la disparition de la publicité contribue à réduire la consommation de tabac, notamment celle des jeunes et contribue à casser l’image positive associée au produit. Le CNCT a fortement plaidé pour la mise en œuvre d’une mesure d’interdiction complète de toute publicité en faveur des produits du tabac, sachant que des interdictions partielles sont inefficaces, car les fabricants transfèrent leurs investissements publicitaires vers d’autres supports.
L’association veille attentivement à ce que les opérations promotionnelles et publicitaires de ces fabricants, totalement illicites, soient poursuivies et sévèrement sanctionnées. Le CNCT est ainsi à l’origine de l’ensemble des avancées de la jurisprudence protectrice dans ce domaine.
Enfin, au regard des pratiques permanentes de contournement des fabricants et de leurs violations réitérées en dépit des condamnations définitives prononcées chaque année à leur encontre, l’association milite pour l’adoption de nouvelles dispositions, dont l’efficacité a été avérée et qui sont fondées sur les meilleures pratiques d’autres pays.
 
Ces mesures portent en particulier sur :
— La disparition de la publicité sur les lieux de vente. En effet, en France, la publicité sur le lieu de vente est légale, mais dans un cadre bien strict, qui n’est nullement respecté par les fabricants. Or, les débits de tabac connaissent depuis plusieurs années un processus de diversification soutenu et sont de plus en plus fréquentés par des jeunes venus acheter leurs confiseries, cartes de téléphone portable, vignettes de collection… Ils se trouvent ainsi exposés à des publicités incitatives, qui vont à l’encontre de tous les messages de santé et de prévention qui peuvent leur être transmis.
— L’obligation de vente sous le comptoir ou dans des tiroirs comparables à ceux des médicaments. Les étals sont, en tant que tels, un moyen pour attirer en particulier les plus jeunes par la présentation de paquets extrêmement séduisants, colorés et qui font de plus en plus l’objet de collections parmi les adolescents,
— La préservation à l’égard des placements de produits publicitaires particulièrement présents dans les films et jeux vidéos, très prisés par ce public
— La réglementation stricte des activités des entreprises du tabac dans leurs promotions d’« entreprises socialement responsables ».
Selon l’OMS, « la responsabilité sociale des entreprises dans l’industrie du tabac est une antinomie en soi, car les fonctions fondamentales de l’industrie sont en contradiction avec les buts visés par les politiques de santé publique concernant la lutte contre le tabagisme ».
— La suppression du packaging en tant que support publicitaire en instaurant des paquets standards, c’est-à-dire des paquets de produits du tabac pour lesquels toutes les références à l’univers publicitaire de la marque seraient supprimées, en ne conservant que le nom de la marque écrit d’une manière générique pour tous les fabricants, et en conservant les messages d’avertissement sanitaire et d’information pour l’aide à l’arrêt. Ces paquets réduisent l’image positive des marques, et a contrario créent une image négative du produit. Ils permettent d’envoyer un message sanitaire fort et clair sur la dangerosité du produit et ils améliorent l’efficacité des avertissements sanitaires. 
 
Prenez le temps de consulter le site du CNCT (comité national contre le tabagisme)
Les décès dus au tabac en France se montent à 73.000 par an.
Pourquoi ne faisons-nous pas respecter l’interdiction de la publicité déguisée ou non ?
Pourquoi les buralistes ne respectent-ils pas la loi d’interdiction de vente aux mineurs ?
Nous sommes tous concernés de près ou de loin.

Retrouvez Orgeco sur son blog, http://orgeco54.canalblog.com/

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