juillet 11, 2020

Coronavirus dans le Grand Est : cas positifs, parcours de soins, une situation hautement évolutive

NANCY. Alors que l'épidémie de Covid-19 progresse en France, la préfecture de Strasbourg organisait lundi en fin de journée une conférence de presse régionale relative à la situation dans le Grand Est. L'occasion de refaire un point sur les cas avérés et le parcours de soins mis en oeuvre dans les CHRU de Nancy et Strabourg. 

Autour de la table lundi 2 mars à la préfecture de Strasbourg et en visio-conférence dans les dix départements du Grand Est, les services de l’État, l’Agence Régionale de Santé, le Rectorat académique Grand Est ou encore médecins et professeurs en charge des services des maladies infectieuses, ont communiqué sur les moyens mis en œuvre pour lutter contre la propagation du Covid-19 en région Grand Est et préciser les protocoles en cours. Samedi 29 février, une nouvelle étape a été franchie avec le passage en France "au stade 2" du plan de prévention et de gestion correspondant à la présence du virus sur le territoire. Depuis le début de l’épidémie, trois personnes sont décédées, 191 personnes ont été contaminées en France selon les chiffres. Le Grand Est compte 11 cas positifs. 

Une situation hautement évolutive. « Le virus ne vient plus forcémment de Chine ou d’Italie » et le confinement destiné aux personnes de retour de zones d’exposition a évolué. Par ailleurs, une politique de prévention plus stricte, consécutive au passage au stade 2, a été mise en œuvre avec l’annulation des rassemblements à plus de 5000 personnes ainsi que les rassemblements en milieu ouvert. L’objectif affiché des pouvoirs publics est désormais de freiner la propagation du virus sur le territoire. Dans les deux hopitaux de référence du Grand Est, les CHRU de Nancy et Strasbourg, les patients sont accueillis dans le cadre d’un parcours de soins sécurisé.

11 cas identifiés positifs au coronavirus, trois personnes originaires de l’Aisne hospitalisées au CHRU de Nancy. Ils sont huit cas confirmés au CHRU de Strasbourg et 3 cas au CHRU de Nancy. À Nancy, c’est une famille de l’Aisne qui a été hospitalisée. D'abord un homme de 50 ans préalablement transféré du CHU de Reims sur la base d’un syndrome respiratoire aigu rejoint par son fils de 23 ans et la compagne du père âgée de 60 ans. L’état du père est jugé préoccupant contrairement à sa compagne et du fils qui n’inspirent aucune inquiétude. « Le patient était dans une situation préoccupante à justifier une prise en charge en réanimation. Elle a été faite dans des conditions optimales dans le secteur dit P3 pour éviter tout risque de transmission à d’autres patients pris en charge et fragiles », a déclaré le professeur Christian Rabaud, infectiologue et président de la Commission Médicale d’Établissement du CHRU de Nancy. « Nous avons pu contacter son entourage, on les a fait venir chacun en voiture, ils sont positifs, mais leur état n’est pas absolument préoccupant », a-t-il ajouté. 

L'appel au 15 en cas de suspicion du covid-19 et la venue à l'hôpital. La régularisation effectuée par le centre 15 fonctionne, ont affirmé de concert les directeurs généraux des hôpitaux de Strasbourg et de Nancy. La salle du centre 15 a été doublée à Nancy avec la mise en place d’une salle dédiée sur la base d’un médecin sénior, mais aussi d'étudiants en médecine. Pour les pré-diagnostics établis par téléphone « Comme à Strasbourg, Nancy a travaillé sur l’orientation des patients qui se signalent avec des symptômes qui peuvent faire penser à une contamination au Covid-19 » avec la mise en œuvre d’un parcours particulier qui évite le croisement avec d’autres patients. En la matière, le CHRU de Nancy comme Strasbourg « dispose d’une capacité d’hospitalisation dite P3 avec pression négative, isolement et sas pour permettre la prise en charge de patients hautement infectés, avec l’appui et la mobilisation active des professionnels de santé et de ceux du laboratoire de virologie depuis une semaine », insiste Bernard Dupont, directeur général du CHRU de Nancy.

Le maintien à domicile privilégié dans la mesure du possible. « La stratégie mise en place actuellement nécessite des mobilisations de moyens, mais s’avère pertinente » a affirmé le professeur Christian Rabaud. Désormais, les cas suspects pris en charge sont prélevés et s’ils ne présentent pas de signes de gravité, ils peuvent immédiatement retourner à leur domicile dans certaines conditions de confinement, sans désorganiser le fonctionnement du reste de l’hôpital. « Tout ça se cale dans une ambiance évolutive, le nombre de cas, la présence de clusters justifient des modifications progressives, des recommandations qui peuvent être mal comprises et potentiellement perçues comme une certaine difficulté à adopter une stratégie. En fait, c’est tout simplement qu’on est passé du niveau 1 au niveau 2. Ce qu’on s’imposait au niveau 1 pour empêcher l’implantation du virus sur le territoire n’a plus de sens au niveau 2 parce qu’elles constituent davantage pour nous un handicap. Si on bloque trop de personnes à domicile et que l’on empêche trop de personnes de fonctionner, et je ne parle que de l’hôpital, l’hôpital augmente ces capacités de prise en charge et si on diminue dans le même temps le personnel dans son sein... Il y a un moment où cela devient trop difficile ».

Rassurer les professionnels de santé en prévision d’une extension de l’épidémie. En interne, le souhait affiché est de favoriser la communication et de rassurer les professionnels. Après une cellule de crise réunie lundi matin mobilisant l’ensemble des médecins concernés, réanimateurs, urgences, biologistes, mais des services logistiques, ce mercredi 4 mars, une réunion d’information est ouverte à tous les professionnels du CHRU de Nancy. Un rassemblement sur le covid-19 qui recense déjà plus de 400 inscrits.

Les tests bientôt proposés dans d’autres établissements hospitaliers. Le dispositif de prise en charge organisé dans les deux établissements de santé de référence à savoir les CHRU de Strasbourg et de Nancy devrait pouvoir être étendu pour assurer la prise en charge des cas suspects. La mise en œuvre de tests virologiques à Strasbourg et Nancy va être élargie dans les jours qui viennent au CHR de Metz Thionville, mais aussi au CHU de Reims, a indiqué l'Agence Régionale de Santé du Grand Est. Les personnes pourront être prises en charge dans une dizaine d’autres établissements de la région à savoir les CHU de Reims, Charleville-Maizières, Chaumont, Troyes, Verdun, Thionville, Épinal, Colmar, Haguenau, Châlons-en-Champagne, Sarreguemines et Forbach.

Des mesures évolutives dans les écoles du Grand Est. Après avoir annoncé le confinement de tous les enfants de retour de zones à risque, les préconisations ont changé à la veille de la rentrée scolaire en zone B. Destinées à éviter l’entrée du virus en France, la décision de réintégrer les élèves et les personnels de retour de Lombardie et de Vénétie a été communiquée à tous les chefs d’établissements. « Il s'agit de mesures évolutives et anticipatrices » a déclaré Jean-Marc Huart, recteur de la région académique évoquant tout de même « quelques cas d'absentéisme » d'élèves dans des établissements scolaires sans en préciser les motifs. Des mesures qui s'accompagnent de la suspension des voyages à l’étranger et sur le territoire vers les clusters (dans l’Oise, la Haute-Savoie et le Morbihan). Enfin, concernant des élèves empêchés, des solutions de continuité scolaire peuvent-être assurées par des centres à distance.  

Un rappel des gestes barrières. Se laver les mains avec du savon, éternuer dans son coude, utiliser des mouchoirs à usage unique, porter un masque seulement lorsqu’on est malade et éviter les poignées de main et les embrassades, les services de l’état ont martelé les bonnes pratiques d’hygiène pour limiter la propagation du virus.  

Pas d’annulation de grands évènements en vue en Meurthe-et-Moselle. La règle prévoit pour le moment une annulation des évènements au-delà de 5000 spectateurs, mais chaque décision se fera au cas par cas. « Pour le moment, on a fait la liste des évènements qui pourraient être concernés, il n’y en a pas en principe », a dit lundi soir le préfet de Meurthe-et-Moselle. Le salon de l'Habitat à Nancy programmé du 5 au 9 mars devrait être maintenu. 

 

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