juillet 07, 2020

Infertilité : 1 couple sur 4 concerné

femme-tristeSelon un récent rapport publié par l'Inserm, 10% des couples auraient des difficultés à concevoir un enfant après avoir arrêté les moyens de contraception...

 

 

Les Français ne sont pas exempts de troubles de la fertilité malgré un taux de fécondité élevé de deux enfants par femme. Selon l’Enquête nationale périnatale 2003 et l’Observatoire épidémiologique de la fertilité en France 2007-2008, entre 18% et 24 % des couples ne parviennent pas à avoir un enfant après 12 mois sans contraception.

Des travaux réalisés par une équipe de l’Inserm à partir de deux études de population montrent que le pourcentage de couples sans grossesse après un an sans contraception avoisine 18 à 24 %, ce qui représente aux yeux des auteurs "un problème de santé non négligeable".

La fertilité des couples s’évalue en quantifiant le délai nécessaire pour obtenir une grossesse. Parmi les études réalisées en France, les chercheurs en ont réalisé deux avec des protocoles différents : l’Enquête nationale périnatale de 2003 et l’Observatoire épidémiologique de la fertilité en France 2007-2008.

Un phénomène en constante progression

La première incluait 14 187 femmes françaises ayant accouché dans l’ensemble des maternités publiques ou privées. Si 26 % des femmes sont tombées enceintes dès le premier mois sans contraception, 32 % des grossesses sont survenues plus de 6 mois après, dont 18% au bout de 12 mois et 8% au bout de 24 mois. La seconde étude a consisté à recruter de façon aléatoire 867 femmes de 18 à 44 ans n’utilisant pas de contraception et ayant des rapports sexuels réguliers. Les résultats montrent que 6 mois après l’arrêt de la contraception, 46% d’entre elles n’ont pas obtenu de grossesse. Ces proportions étaient respectivement de 24 % et 11 % après 12 et 24 mois. "Ces taux plus élevés que précédemment sont probablement plus réalistes car ils tiennent compte de couples qui ne sont pas recrutés dans les études menées dans les maternités : ceux qui ne parviennent pas à avoir d’enfant et abandonnent leur projet parental", explique Rémy Slama, co-auteur des travaux (Unité Inserm 823 à Grenoble).

L’Observatoire épidémiologique de la fertilité montre par exemple que près de 10 % des femmes consultent pour infertilité après un an de tentatives infructueuses. "Un système de surveillance de la fertilité pourrait reposer sur des études de population comme celles-ci, en complément du suivi de facteurs biologiques de reproduction féminin et masculin (taux d’hormones, qualité du sperme, etc.) afin de tenir compte de l’ensemble de la population en âge de procréer et pas seulement des couples désirant un enfant", estime le chercheur. Ces données pourraient même à terme, constituer une "fonction sentinelle témoin de l’impact sanitaire de modifications de notre environnement ou des comportements".  

Facteurs de risques : le tabac, le surpoids, la pollution 

Les chercheurs relèvent plusieurs facteurs susceptibles d’influencer la fertilité, l’exposition in utero à des facteurs reprotoxiques, des facteurs environnementaux (métaux lourds, perturbateurs endocriniens comme le bisphénol, la pollution atmosphérique) ou encore comportementaux (surpoids - qui peut aussi en partie être causé par les polluants chimiques - tabagisme durant la vie intra-utérine ou à l’âge adulte) ou encore les facteurs infectieux. 

 


 Source :

Rémy Slama, Béatrice Ducot, Niels Keiding, Béatrice Blondel, Jean Bouyer. 
La fertilité des couples en France. Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, février 2012 : n° 7-8-9

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Dernière modification le jeudi, 23 février 2012 00:36

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