octobre 27, 2021

Borréliose de Lyme : les plus fortes incidences à proximité du massif vosgien

/Crédit Ici-c-NancyFr /Crédit Ici-c-NancyFr Conférence de presse à l'ARS Grand Est à Nancy- En présence du Pr Benoit Jaulhac du Centre National de Référence des Borrelia, du Pr Yves Hansmann des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, du Pr Christian Rabaud du CHRU de Nancy et du Dr Jean-Marc Oudot
Santé. Les résultats de l'étude Alsa(ce)tique menée pendant deux ans dans les deux départements Bas-Rhin et Haut-Rhin ont été dévoilés jeudi à Nancy par l'Agence Régionale de santé Grand Est. L'étude pointe une forte incidence de la borréliose de Lyme en Alsace notamment dans les cantons proches du massif vosgien.

Alors qu’un protocole de diagnostic et de soins dans le cadre du plan national de lutte contre la maladie de Lyme sera rendu public en avril, l’ARS Grand Est dévoilait dans ses locaux à Nancy, les résultats de l’étude Alsa(ce)tique. L’étude conduite par Santé publique France en 2014 et en 2015 dans les deux départements Bas-Rhin et Haut-Rhin à la demande de l’Agence Régionale de santé avait pour but d’actualiser les données d’incidence de trois pathologies transmises par les tiques dont la borréliose de Lyme. 

« La borréliose de Lyme est due à une bactérie transmise de l’animal à l’homme par une piqure infectée. Cette maladie est une préoccupation ancienne des autorités sanitaires en Alsace, car il s’agit d’une zone à forte incidence de la maladie. », affirme Sophie Raguet, épidémiologiste à Santé publique France.

Deux fois plus de cas en Alsace

Selon l’épidémiologiste, le principal objectif était d’étudier l’incidence de la borréliose de Lyme sur les départements alsaciens. Pour cela, la méthodologie s’est appuyée sur la constitution d’un réseau de médecins volontaires, généralistes ou spécialistes qui exerçaient dans les départements alsaciens. Un réseau qui a mobilisé 388 médecins de 62 sur 64 cantons alsaciens pendant deux ans. 

L’étude Alsa(ce)tique a permis ainsi d’estimer le nombre de cas de borréliose de Lyme sur le territoire alsacien à 2 200 cas par an, soit un taux d’incidence annuel moyen de 117 cas / 100 000 habitants [IC 95% : 109-126], une incidence plus de deux fois supérieure à celle de la moyenne de la France métropolitaine (51 cas / 100 000 habitants en 2015 [IC95% : 38-64]).

Ces taux d’incidence varient fortement selon le canton d’exercice des médecins, les plus élevés étant dans les cantons situés à proximité du massif vosgien, révèle l’étude. La majorité des cas étaient des hommes et 90 % des cas étaient âgés de 16 ans ou plus (âge médian de 55 ans). Chez les enfants, les 5-9 ans sont les plus touchés par la borréliose de Lyme. Chez les adultes, ce sont les tranches d’âge les plus âgées, et en particulier les 60-64 ans.

Près de 8% des cas âgés entre 16 et 60 ans exerçaient une profession les exposant davantage aux piqûres de tique (agriculture, gestion forestière, animateur nature, employé de jardinerie, paysagiste).

La fréquentation habituelle d’au moins un lieu à risque était rapportée dans 91 % des cas. Il s’agissait de forêts (74 %), jardins publics ou privés (47 %) et prairies (33 %). Pour 64 % des formes précoces localisées, une piqûre de tique était rapportée dans le mois précédant la survenue des symptômes. Dans 13 % des cas, aucune notion de piqûre n’était retrouvée.

« Ces résultats confirment une situation qui était connue, que effectivement, les départements alsaciens sont une zone de forte incidence de borréliose de Lyme, qu’il existe d’importantes variations cantonales de ce taux d’incidence et que les caractéristiques des cas sont similaires aux caractéristiques des cas décrits dans les études Françaises et Européennes. Ces résultats soulignent l’importance de la prévention et de la sensibilisation des populations exerçant des activités de plein air, en forêts, mais aussi dans les jardins privés, en milieu rural et en milieu urbain. Ces messages doivent toucher la population. », conclut Sophie Raguet.

Trois établissements proposent des consultations spécialisées

En France, seuls trois établissements proposent des consultations spécialisées : les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, le CHRU de Nancy et le CHU de Nantes.

Les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg et le CHRU de Nancy proposent des consultations spécialisées pour une prise en charge plurisdisciplinaire et un suivi spécifique des patients. Toute personne souffrant de symptômes compatibles avec une borréliose de Lyme et ayant une suspicion d'exposition à cette bactérie (antécédent de piqûre de tique et/ou sérologie positive) peuvent, à la demande de leur médecin traitant, bénéficier de ces consultations.

Les étapes de la prise en charge sont les suivantes. La 1ère étape consiste en une consultation d’infectiologie dédiée. La prise de rendez-vous est réalisée sur demande du médecin traitant du patient. A l’issue de cette consultation, soit le diagnostic de borréliose de Lyme est établi et un traitement adéquat est prescrit, soit un autre diagnostic -différentiel -est retenu et justifie d’une prise en charge adaptée, soit il apparait nécessaire de pousser plus avant le bilan et une hospitalisation de jour multidisciplinaire (neurologue, dermatologue, rhumatologue, médecine interne, psychiatre, psychologue) est alors organisée.

En un an, plus de 450 patients ont déjà eu recours à ce dispositif. 


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