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Skip The Use et Lenny Kravitz font rocker le Zénith

By Raphaëlle Chargois juin 23, 2012

kravitzvign copieLe 22 juin, l’un des derniers gros concerts de la saison voyait le Zénith conquis par l’énergie du jeune groupe lillois Skip The Use, puis par le toujours talentueux Lenny Kravitz, ses riffs du guitare, sa sensualité rock, et sa voix inusable. Retour sur un beau moment de rock à Nancy.

 

   

Jeudi 21 juin, la Fête de la Musique avait peut-être été annulée dans les rues de Nancy, mais le lendemain, elle battait son plein au Zénith, avec Skip The Use et Lenny Kravitz. C’est à 20h15, avec donc un petit quart d’heure de retard, que cette grande célébration avait commencée, par une performance déchaînée des Lillois de Skip The Use, emmenés par un Mat Bastard très en forme.

Si le Zénith n’était pas encore comble, il s’est alors bien échauffé et bien mis en jambes. Dès les premières chansons, Mat Bastard hurle à la foule « C’est la première fois qu’on vient à Nancy (ou alors j’ai oublié). Mais c’est cool, vous avez une belle salle ! Est-ce que vous avez envie de danser, Nancy ? » Manifestement, la réponse est oui. Et il faut dire que Mat Bastard montre l’exemple : torse nu sur scène, il se déhanche, bondit comme un cabri, balance ses jambes de droite à gauche en plein vol, se contorsionne, soubresaute.

L’énergie et la musique pulsent. Certaines chansons sont déjà des tubes, comme Ghost et Give Me Your Life, car en seulement un album et deux EP, Skip The Use a déjà réussi à se faire remarquer comme un groupe rock sur lequel il va falloir compter.
Le public est de toutes façons mis à contribution ; invité à « faire Wohoho comme des porcs » ou à se mettre assis pour se relever ensemble dans une gigantesque ola. Mat Bastard ménage ses effets, prévenant qu’il va faire une difficile conclusion de chanson « à la Metallica », demandant au public de reprendre un refrain tout doucement « à la Patrick Bruel ». Une chanson décrite comme « romantique » est dédiée à « tous les hommes qui portent une barbe, parce que ce genre de chanson est toujours dédié à des filles et on ne pense jamais à eux ». La bonne humeur est au rendez-vous et au bout d’une heure de performance endiablée, le groupe quitte la scène sous un tonnerre d’applaudissements et des demandes de rappel. Le public meurt déjà de chaud, le son puissant envoyé par les Lillois ayant fait considérablement monter la température.
Mais il n’y aura hélas pas de rappel. On en aurait presque oublié, à force de se laisser emporter par le rythme de Skip The Use, que ce n’était là que la première partie du concert. On attend LA star : celui qui depuis plus de vingt ans enchaîne les tubes rocks avec la même sensualité, la même énergie et que depuis ses débuts, on compare à rien moins que Jimi Hendrix. Lenny Kravitz doit bientôt s’emparer de cette même scène du Zénith.

Prévu à 21h00, il se fait néanmoins attendre, et la foule trépigne tandis que des roadies font sur scène retentir les riffs de guitares pour les accorder, et que plusieurs personnes semblent s’affairer derrière le rideau noir. Cependant, au bout d’une demi-heure enfin, les lumières s’éteignent. Reconnaissant là le signe de l’arrivée imminente du héros de la soirée, la foule s’agite et crie. Quand soudain, les lumières se mettent à flasher, noyant la scène dans une lueur blanche aveuglante. Des ombres et des instruments se découpent dans ce décor indistinct. L’une d’elle s’avance vers le centre avant de la scène. Le public, devinant la silhouette de Lenny, hurle son approbation.

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Et en effet, c’est bien lui que révèle enfin l’éclairage, et qui commence son set avec quelques bonnes chansons rock encore assez calmes, lui permettant de se ménager pour la suite. Dès son arrivée, la foule en tous cas s’est levée, et il en sera ainsi quasiment durant toute la durée du concert. Les premiers titres offrent dès lors l’occasion de constater que Lenny Kravitz, excellent guitariste, sait s’entourer de talentueux autres musiciens, dont un guitariste passé maître dans l’art de faire gémir son instrument et une remarquable bassiste. Lui ne s’emparera de sa guitare qu’à partir de la deuxième chanson, préférant, durant toute la première, vamper le micro.

Le show est calibré sur mesure pour un Lenny Kravitz de grande qualité : il n’y aura donc pas de temps mort, et très vite, les fans reconnaissent les tubes American Woman et Fly Away, dont ils reprennent le refrain en chœur ou battent la mesure des pieds et des mains.

Lenny Kravitz n’a rien perdu de son charisme, c’est indéniable. Très maître de la scène, il joue de son légendaire sex-appeal et d’une sensualité qui semble mettre le public féminin en émoi (on entend alors crier son nom dans la salle comble) ; mais aussi des riffs de guitare avec maestria. La voix est aussi belle et bien là : tour à tour caressante, douce, capable de monter dans les aigües et de redescendre dans les graves en de magnifiques vibratos avec aisance, ou de retentir en cris rocks et rauques, elle justifie à elle-seule l’émotion des fans. Pas une seule fausse note, pas une seule baisse de régime. Lenny Kravitz assure le show.

Enchaînant des titres de toutes les époques de sa déjà longue carrière, il entreprend alors le plus blues Mr Cab Driver, qui lui convient peut-être un peu moins bien que ses tubes d’influence plus Sixties, mais qui lui permet d’offrir une belle conclusion au formidable trompettiste qui l’accompagne, lancé alors dans une belle partition, sans doute improvisée – ce qui la rend encore plus remarquable – tantôt accompagné par quelques-uns des autres musiciens, tantôt seul à retentir dans le Zénith troublé.

Durant le plus récent Black and White America, sur un écran géant défilent des photos, images d’archives de la Lutte pour les Droits Civiques et photos de famille tirées de la propre jeunesse de Lenny Kravitz, comme l’expliquent assez clairement les paroles de la chanson qui s’affichent par-dessus. L’ambiance est alors à son apogée : sur scène, après ce moment de pure énergie, le chanteur s’illumine d’un large sourire.

Quelques séquences plus émouvantes telles que l’interprétation de Sister alterneront avec des titres emblématiques comme Are You Gonna Go My Way, dont les premiers accords susciteront tout de suite un enthousiasme manifeste ou It Ain’t Over Till It’s Over.

Après une heure et demie de spectacle, Lenny Kravitz et ses musiciens diront au revoir au public, mais ce ne sera que pour mieux revenir après avoir été acclamé et réclamé, les spectateurs scandant son nom. D’abord seul en scène au piano, il entonnera I’ll Be Waiting avant d’être rejoint par ses accompagnateurs. Et c’est deux heures après le début de sa prestation, à 23h30 que le show s’achèvera sur un Let Love Rule longtemps prolongé pour donner à chacun des musiciens l’occasion de se distinguer dans un très long pont ; et à Lenny Kravitz celle d’aller se balader dans le public, serrant des mains, se dressant sur une barrière pour saluer toute la salle, avant de retourner sur scène, pour conclure cet excellent moment de musique en beauté.

 

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Dernière modification le samedi, 23 juin 2012 18:59