décembre 04, 2021

Lunéville : "Une petite coopérative de la drogue" démantelée dans le quartier Niederbronn

​Les policiers de la brigade de la Sureté Urbaine du commissariat de police de Lunéville, la Sureté Départementale 54 et le Groupe interministériel de recherches (Gir) ont mené une vaste opération pour démanteler un réseau de trafic de stupéfiants qui rayonnait à Lunéville dans le quartier de Niederbronn. Seize personnes, toutes soupçonnées de revente de produits illicites, ont été interpellées. 

Un coup de filet a abouti cette semaine à seize interpellations dans le cadre de la lutte contre les stupéfiants touchant le quartier Niederbronn à Lunéville. L’enquête menée sur commission rogatoire et confiée en co-saisine à la Brigade de la Sureté Urbaine du commissariat de police de Lunéville, la Sureté Départementale 54 et le Groupe interministériel de recherches (ex Groupe d’intervention) (GIR) s’est appuyée d'une surveillance de longue haleine exercée dans le quartier, a annoncé ce 22 octobre 2021 François Pérain, procureur de la République de Nancy lors d’une conférence de presse au tribunal judiciaire. 

« On savait que Lunéville n’était pas épargnée par le trafic de stupéfiants, mais on a la preuve qu’un trafic d’ampleur s’était installé au fil des mois voire des années », a déclaré le magistrat évoquant un trafic qui avait « vérolé » le quotidien des habitants du quartier jusqu’à produire « une nuisance ».

Érigée en priorité nationale par le gouvernement, la lutte contre les stupéfiants et de son économie souterraine s’inscrivent depuis plusieurs années dans le cadre de la sécurité publique du quotidien (PSQ) et d’une communication sur le terrain par le biais de groupes de travail mêlant élus, bailleurs sociaux, collectifs de voisins ainsi que les forces de sécurité. C’est justement dans ce cadre et en réaction à des nuisances que l’office public de l’habitat (OPH) de Lunéville avait alerté la police décidant également de condamner les caves de la tour Saturne située dans ce quartier pour enrayer un « lieu de fixation » probable de trafics de drogue.

Seize individus suspectés d’avoir pris part au trafic de stupéfiants

Des faits qui allaient rapidement engendrer des représailles des dealers soucieux de réalimenter le trafic se traduisant par « une sorte de guerre » afin de reprendre leur territoire, a expliqué le procureur. Ainsi les membres de ce réseau n’ont pas hésité à faire usage d’une disqueuse pour scier une porte métallique qui avait été posée pour empêcher l’accès aux caves ou même à dégrader les caméras de vidéoprotection pour se réinstaller en janvier 2021. 

Finalement au terme d'une dizaine de mois de surveillance et d'investigations, une vaste opération de police judiciaire mobilisant une centaine de personnels des forces de sécurité était conduite. Un coup de filet qui s'est appuyé sur des équipes cynophiles spécialisées dans la recherche de drogue et de billets, mais également du RAID, du GIGN, de la police et de la gendarmerie permettant d’interpeller entre lundi 18 et jeudi 21 octobre, seize personnes suspectées d’avoir pris part, à différents degrés, à un trafic de stupéfiants. Un réseau « structuré » articulé autour de vendeurs, de nourrices ou encore de fournisseurs. 

Les suspects ciblés qui ont été placés en garde à vue sont âgés de 17 ans à 26 ans avec une moyenne d’âge de 19 ans, la plupart défavorablement connus des services de police. Les deux organisateurs principaux ont été interpellés. 

Pointpresse221021

Alain Gerrier, commandant et patron du commissariat de Lunéville, François Pérain, Procureur de la République et Mathieu Lapeyre, commissaire de police, chef de la Sûreté départementale de Nancy 

Une petite coopérative de la drogue

Au cours des perquisitions, les policiers ont découvert et ont saisi, 130 grammes de résine de cannabis, 83 grammes d’héroïne, 63 g de cocaïne, une imitation de kalachnikov de type airsoft, un compteur de billet, une balance de précision, une presse à herbe et trois véhicules, a indiqué le magistrat. 

Le démantèlement a permis de constater que les mis en cause s’étaient adaptés à leur clientèle en créant au sein même de leur quartier une sorte de superette de la drogue. Sur l’une des portes des caves menant au point de deal, les trafiquants avaient même indiqué des horaires d’ouverture « de 11 à 23h » invitant le consommateur à « toquer ». Une signalétique particulière qui permettait également de diriger les acheteurs vers une lucarne découpée dans une paroi qui était destinée à glisser le paiement et la marchandise. Comme dans n'importe quel autre commerce, la tarification était également indiquée selon la nature des produits.

Au fil des mois et au cours des minutieuses investigations confortées par des surveillances physiques et techniques, les policiers de la Sureté Urbaine du commissariat de police de Lunéville ont permis de constater les nombreuses allées et venues des consommateurs venus s’approvisionner. Une drogue qui était vraisemblablement acheminée depuis le Luxembourg.

« C’était une petite PME, une petite coopérative », a souligné le procureur de la République de Nancy faisant état entre le 15 mars et le 21 avril de quelque 839 transactions assurées par le réseau. Un trafic important puisqu’entre mai et octobre 2021, le chiffre d’affaires selon les évaluations des enquêteurs aurait pu atteindre les 200 000 euros avec notamment l’écoulement de 13 kg d’héroïne à cette autre période. 

À l’issue des gardes à vue, douze individus, dont deux mineurs comparaissaient devant un juge d’instruction qui les a mis en examen. Quatre ont été mis en examen sans mesure de sûreté, deux ont été placés sous contrôle judiciaire, 5 ont pris le chemin de la prison où ils ont été placés en détention provisoire. Enfin, un mineur a été placé et l’autre incarcéré. 

Ici-c-Nancy TV

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