décembre 07, 2021

Vidéo. Nancy : l'immeuble était devenu un haut-lieu de la prostitution

L’immeuble de la rue Charles III référéncé par un site de réservations d'hébergement en ligne L’immeuble de la rue Charles III référéncé par un site de réservations d'hébergement en ligne
Un couple de Nancéiens doit répondre devant la justice pour avoir loué ses appartements à des proxénètes roumains. L'enquête menée par la police judiciaire a duré deux ans. 

>> La conférence de presse de François Pérain, Procureur de la République 


Un travail de longue haleine et deux années d’enquête pour démanteler une activité de prostitution qui se déroulait sur rendez-vous dans un immeuble cossu au 100 rue Charles III à Nancy. Des faits dénoncés dès mai 2019 par des renseignements anonymes, mais également d’informations émanant de la police municipale. À l’abri des regards, l’édifice accueillait dans quatre des cinq appartements des prostituées roumaines pour des passes dans des appartements très standing, modernes aux noms évocateurs comme l’appartement « nuances de grey » ou encore « le Jardin d’Eden ». Des appartements loués par ailleurs sur des sites classiques de réservations en ligne. 

Un business qui a pris soudainement fin sur commission rogatoire d’un juge d’instruction de la JIRS de Nancy avec une opération coup de poing sur le territoire national dans trois villes : Rouen, Caen et Lille visant à interpeller plusieurs proxénètes de nationalité roumaine qui avaient pris l’habitude d’utiliser les appartements de l’immeuble Rue Charles III. 

Six individus ont été placés en garde à vue, deux couples de proxénètes ainsi que le propriétaire de l’immeuble et sa compagne. Le propriétaire est un auto-entrepreneur nancéien exerçant le métier de chauffeur VTC, Dominique L. âgé de 51 ans qui est en cours de présentation devant la justice, est suspecté d’avoir loué en toute connaissance de cause à des proxénètes ses appartements. Sa compagne a quant à elle été déférée devant le juge d’instruction et a été placée sous contrôle judiciaire. 

1 200 euros par jour et par fille, une filière roumaine

D’après les investigations du SRPJ basées sur des surveillances physiques en coordination « au long cours » avec la brigade de répression du banditisme, l’activité générée par la prostitution était particulièrement lucrative. Le revenu moyen était évalué à 1200 euros par jour et par fille, de quoi alimenter un tiers du parc locatif du propriétaire, a indiqué Maurice Alibert, directeur du SRPJ de Nancy. En outre, le mis en cause n’était pas lui-même inconnu des services de justice. Celui-ci a été condamné pour agression sexuelle et a été inscrit au fichier au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes. 

Concernant le mode opératoire, les proxénètes avaient l’habitude de passer des petites annonces pour des prestations tarifées très explicites pour attirer des clients n’hésitant à produire des photos trompeuses sur les apparences des jeunes prostituées, a souligné François Pérain, procureur de la République de Nancy. Les rendez-vous étaient fixés à proximité de l’adresse des clients à Mulhouse, Woippy, Besançon, Reims et dans l’immeuble nancéien pour les clients du secteur... En deux ans d’investigations, les enquêteurs évaluent à près de 90 prostituées qui auraient exercé pour le compte des couples de proxénètes. Le propriétaire de l'immeuble n'était pas étranger à l'activité, il s’occupait de la logistique, accompagnait les prostituées pour acheter des préservatifs jusqu'à profiter de leurs prestations.

Au niveau des saisies, étaient retrouvés lors de perquisitions au domicile des propriétaires : 9 785 euros en numéraire, quatre véhicules évalués à 53 000 euros et une somme de 106 000 euros sur les comptes courants. Le parquet indique avoir demandé au juge d’instruction de saisir l’immeuble dans sa totalité qui est estimé à pas moins de 500 000 euros. 

L’affaire n’est pas terminée, le patrimoine et le capital qui aurait transité en Roumanie intéressent la justice française qui coopère actuellement avec la justice roumaine. Le confinement a été très rentable pour la prostitution qui a pu se développer. Et pour cause, à l’issue du confinement, l’une des femmes proxénètes mise en cause a ainsi pu acquérir une Porsche Panamera...

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