mars 06, 2021

COVID-19 : le CHRU de Nancy tire la sonnette d'alarme

Sur le front de la crise sanitaire, le CHRU de Nancy s’alarme et s’inquiète pour les jours à venir. De son côté, la métropole du Grand Nancy organise un dispositif de dépistage...

Alors que depuis le 15 décembre, la France a vu le confinement s’alléger, la situation sanitaire se dégrade en Meurthe-et-Moselle. Lors d’un point presse ce jeudi matin, le préfet de Meurthe-et-Moselle a livré un point de situation au 16 décembre. Le taux d’incidence en Meurthe-et-Moselle est de 235 avec un taux de positivité à 8,2 %. Dans le Grand Nancy, le taux d’incidence est de 205 et un taux de positivité autour de 7 %. Pour les personnes de plus de 65 ans, le taux d’incidence est encore plus important, de l'ordre de 270  avec plusieurs situations de clusters dans les EHPAD selon Aline Osbery de l’ARS. Face à ces mauvais chiffres, le préfet Arnaud Cochet en appelle à la vigilance et la responsabilité de la population et souligne que « lors du pic de la deuxième vague le 17 novembre, il y avait 383 hospitalisations contre 397 aujourd’hui dont 62 patients en réanimation, contre 65 aujourd’hui. » 

« avoir une certaine gravité dans le message du jour »

Bernard Dupont, directeur général du CHRU, dépeint une situation alarmante « aujourd’hui il y a une vraie saturation, on doit faire face à un afflux de patients, COVID ou non,  dans les lits de médecine et dans les lits de réanimation dans des établissements hospitaliers dans lesquels le personnel est très éprouvé par la durée de la crise, avec des équipes qui peuvent perdre pied et qui sont même parfois atteintes du COVID. Il y a aujourd’hui des clusters au sein des équipes médicales. » Conséquence, l'ensemble des établissements hospitaliers, publics ou privés, déprogramme largement des prises en charge sur des opérations non urgentes et moins graves.  

Le président de la Commission médicale d’établissement du CHRU et infectiologue Christian Rabaud abonde « il faut avoir une certaine gravité dans le message du jour, malgré le confinement, on est d’ores et déjà dans une remontée de la charge à la fois en médecine et en réanimation. 45 patients non-covid sont aujourd’hui en réanimation au CHRU, plus les 40 COVID, nous sommes donc au-dessus de nos capacités, car nous avons 66 places de réanimation. Nous avons donc ouvert d’autres lits de réanimation avec du personnel supplémentaire, de ce fait nous ne sommes pas en capacité d’assurer la prise en charge des programmes opératoires. »

Christian Rabaud ne cache pas son inquiétude alors que se profile les vacances de Noël : « À partir de la semaine prochaine, j’avoue notre inquiétude pour deux raisons. L’incidence remontant donc le nombre de cas hospitalisés va augmenter, donc la pression hospitalière va monter au moment où notre personnel va diminuer du fait des vacances des étudiants et du personnel. La situation s’annonce donc difficile durant la période des vacances, au-delà de celle-ci, si l'épidemie continue sur sa progression actuelle, la situation restera difficile malgré le retour des congés, d’autant plus s’il y a de nouveaux clusters après le réveillon et les réunions familiales. Notre inquiétude est très forte de ne pas pouvoir faire face et d’apporter à tout le monde les soins dont il a besoin. On appelle à une grande responsabilisation de chacun, pour respecter mieux que c’est fait aujourd’hui les gestes barrières, les distances, l’aération,  pour éviter la surpopulation, pour vraiment casser cette épidémie. Les indicateurs passent au rouge, la veille d’une période compliquée. Je m’excuse d’avoir un discours un peu sombre, il faut vraiment inverser la tendance. » 

« éviter un troisième confinement »

Au vu de cette situation, la Métropole, en partenariat avec la Préfecture de Meurthe-et-Moselle, le CHRU de Nancy, l’Agence Régionale de Santé Grand Est, la Communauté professionnelle de territoire de santé du Grand Nancy (CPTS), a décidé d’organiser un dépistage exceptionnel sur un territoire qui dépiste déjà plus que ses voisins selon les chiffres dévoilés par Mathieu Klein président du Grand Nancy « le taux de dépistage dans le Grand Nancy est de 2963 personnes dépistées pour 100 000 habitants, la moyenne du Grand Est est 2378, la moyenne nationale est de 1933. À titre d’exemple Metz 2177, Strasbourg 2438, Reims 1918 et Mulhouse 2043. »

En Meurthe-et-Moselle, 60 sites de dépistages sont ou seront en activité sur tout le département dont trois nouveaux à partir du 21 décembre que sont l’hôtel de ville de Nancy, le centre commercial Cora Houdemont et Auchan La Sapinière ( du 21 au 23 décembre et du 28 au 30 décembre pour ces trois sites.). Dans le Grand Nancy, en plus du bus itinérant qui sillonne les communes de la Métropole, la Maison du temps libre à Heillecourt, le foyer culturel Gérard Léonard ou encore le quartier de la Californie à Jarville accueilleront également des dépistages COVID. Pour Mathieu Klein, « l’objectif est simple, gratuit, ouvert à tous, chaque habitant doit trouver lieu de dépistage proche de chez lui. » De son côté, Aline Osbery estime que cette campagne de dépistage « doit permettre une couverture importante de la population, rompre la chaine de transmission, organiser l’isolement des personnes et doit être accompagnée de messages de prévention et de vigilance. » Concernant l’isolement, le préfet souligne « que des structures hôtelières sont disponibles pour offrir à des personnes des capacités à s’isoler en cas de dépistage positif. »  En guise de conclusion, Mathieu Klein fixe l’objectif « éviter un troisième confinement et ses conséquences dramatiques. » 

Plus d'informations : La Préfecture de Meurthe-et-Moselle met à disposition une carte interactive qui permet de localiser les lieux de tests Covid-19 en Meurthe-et-Moselle : RT-PCR permanents, RT-PCR temporaires et tests antigéniques :

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