janvier 21, 2021

Franck Bersauter (CPME 54) : « les commerçants veulent travailler »

La confédération des petites et moyennes entreprises du département de Meurthe-et-Moselle (CPME54) a organisé, lundi à Nancy, une manifestation de soutien aux commerçants de proximité. Rencontre avec son président Franck Bersauter. 

Pourquoi cette manifestation ?

On veut faire entendre la voix des commerçants de proximité dits non essentiels pour leur montrer qu’ils ne sont pas isolés. On veut faire porter leurs voix, ce sont des gens qui ont été obligés de fermer par décision administrative, malgré tout ils avaient mis en place tout ce qu’il fallait au niveau des mesures barrières, des équipements. On a l’impression qu’ils sont stigmatisés, que c’est chez eux que l’on va attraper la COVID alors que l’on voit les gens se regrouper dans les grandes surfaces. C’est un peu paradoxal que ces commerçants soient montrés du doigt alors que tout était fait pour que les mesures sanitaires soient respectées de la meilleure des façons. 

Que demandez-vous au président et au gouvernement ?

Une réouverture ! Les commerçants ne veulent qu’une chose, c’est travailler ! Les aides pour y parvenir relèvent pour certains du parcours du combattant, parce que c’est souvent des entrepreneurs indépendants qui sont un peu isolés, peut-être pas suffisamment accompagnés par rapport aux démarches. Ce qu’ils veulent comme tous les entrepreneurs c’est tout simplement travailler, les aides c’est bien gentil, mais ils veulent vraiment s’épanouir dans leur emploi et travailler. 

Que pensez-vous du décalage du Black Friday ?

C’est un pansement sur une jambe de bois, c’est une manifestation qui est complètement privée, l’État essaye de faire ce qu’il peut, voilà. Je comprends bien la situation, c’est complexe à gérer, nous on se positionne sur le plan sanitaire, on comprend tout à fait les mesures mises en place, mais il va y avoir d’autres répercussions sanitaires ne serait-ce que l’état psychologique de ces entrepreneurs qui sont souvent des entrepreneurs individuels. C’est aussi important de prendre cela en compte puisque ça risque de faire des dégâts également.

Vous constatez ces dégâts ?

Oui tout à fait, il y a des gens qui sont vraiment dans un état psychologique vraiment  très délicat. On a peur d’assister à une vague, j’irai jusqu’à dire, de suicide. On a quelques cas où il y a une désespérance et une détresse qui est vraiment latente et qui commence à devenir de plus en plus importante. 

D’où l’urgence...

Oui il y a urgence. En plus en cette période, il y a des commerces qui réalisent le plus gros de leur chiffre d’affaires, que ça soit des commerces de proximité, des vêtements,  libraires... Je ne vais pas tous les citer, ni parler de l’événementiel, c’est une catastrophe absolue. On comprend bien qu’il faut faire quelque chose, nous sommes des gens responsables, mais à un moment il faut entendre aussi cette détresse de tous ces entrepreneurs qui font l’essentiel du tissu économique français. 

Les aides ne suffisent pas ou elles sont trop complexes à obtenir ?

Le plus gros de l’aide ça va être le prêt garanti par l’État, qui aide à se maintenir pour la plupart, certains ont déjà grignoté ou consommé l’intégralité de ce PGE, c’est de la dette, il va falloir rembourser. Les aides d’État que l’on veuille ou non, c’est une dette collective également, donc nécessairement ce sont des dettes partout. On nous a toujours expliqué que l’on ne pouvait pas gérer un État comme une entreprise et là on est en train de nous expliquer qu’il faut gérer notre entreprise comme on gère l’État c’est-à-dire la dette sans arrêt. Ce n’est pas avec ça que l’on va créer de la richesse, de l’emploi. Il faut vraiment que l’on puisse rouvrir !

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