mai 08, 2021

« Les Fauves » de Éric Mercier : quand l'art pousse au crime

FOCUS - Polar sombre et entêtant, « Les Fauves » de Éric Mercier, publié au mois de janvier 2021 aux éditions Albin Michel, débute avec la découverte du cadavre d’un riche collectionneur d’art parisien dans une ferme près de Paris. Une enquête policière jalonnée d'énigmes et de revirements. 

► Vengeances, mensonges, crimes et passion de l'art

 

Né à Nancy, ville où il a étudié jusqu’à l’Université de Lorraine qu’il a fréquenté, Eric Mercier devenu parisien est docteur en histoire de l’art, commissaire d’expositions et écrivain. Après le roman, Dans la peau de Buffet, sur la folie meurtrière d’un fanatique du peintre misérabiliste, il publie en ce début d’année 2021 Fauves dans lequel il explore l’impétuosité de la peinture fauviste. Dans ce roman, le commandant Frédéric Vicaux de la brigade criminelle et ses hommes sont appelés dans une ferme près de Paris pour enquêter sur la mort d’un homme, en partie dévoré par des cochons. Alors que le commandant tente de trouver de l’aide auprès de son ex-compagne, spécialiste en histoire de l’art, l’enquête va prendre une tournure inédite. 

« Dans quelles affaires sordides la victime a-t-elle trempé pour être aussi sauvagement assassinée ? Sa fortune cacherait-elle des secrets honteux ? Et sa collection de tableaux fauves, des Matisse, des Vlaminck, des Dufy tous plus précieux les uns que les autres, est-elle vraiment authentique ? », interroge la quatrième de couverture qui nous plonge d’emblée dans un récit tourmenté et une enquête des plus singulières.

 L'opiniâtreté des enquêteurs du 36 quai des Orfèvres

Choisi comme cadre, le milieu des galeristes, antiquaires et autres marchands, va devenir l’écrin élitiste des lieux d’investigations menées par les enquêteurs les conduisant entre avancées et balbutiements. Dans une quête au rythme soutenu, le commandant Frédéric Vicaux et le capitaine Laetitia Roux, policiers chevronnés de la brigade criminelle vont chercher des vérités. D’abord l’identité de la victime, connue de tous comme Ivan Katos, riche collectionneur d’Art qui dissimule bien des secrets sur ses activités. L’écrivain nous gratifie de plusieurs personnages qui donnent leur coloration et leur saveur à la palette chromatique de ce livre. Anne, l’ex-compagne du commandant Vicaux, experte en histoire de l’Art, mais, aussi la juge Camille Meurice en charge de l’instruction judiciaire du meurtre et quelques autres comme Christian Blancménil, le militaire aux informations classées secrète défense...  Écartant les poncifs du milieu, l’écrivain nous plonge dans un univers nourri de suspicions sur la véracité de chefs d’œuvre, la transmission des œuvres et de plusieurs décès mystérieux. Une enquête qui mènera le lecteur en dehors des frontières françaises.

 Pourquoi on aime ?

Éric Mercier signe avec Les Fauves un polar d’une intensité qui croît au fil des pages. Culpabilité, secrets en haute sphère, crimes non résolus, les arcanes d'une intrigue pleine de suspense. Une écriture fluide, vive et incisive et des personnages minitueusement composés auxquels on s'attache. Si l’étau se resserre au fil des pages, le mystère du mobile du meurtre de Ivan Katos tient en haleine jusqu’à la fin où l’histoire bascule et le passé ressurgit... Redoutable.

 Extraits

« Certains flics prétendent se rendre à l'Institut médico-légal sans éprouver de malaise. Des conneries ! On se fait à tout, mais pas à la mort. Enfin moi, je ne m'y fais pas. Je me remémore souvent ma première autopsie. Je venais d'être affecté à Nancy. Une vieille dame avait été poussée dans les escaliers par son mari qui ne supportait plus ses jérémiades. Ils étaient pourtant sur le point de célébrer leurs noces de diamant ! L'homme, rongé par les remords avait fini pendu dans sa cellule. Combien de fois, depuis, la vue des cages thoraciques découpées puis hâtivement recousues a troublé mon sommeil ? Quand elle ne l'a pas chassé ou peuplé de visions morbides. ». 

« Un anachronisme trahit le faussaire plus sûrement que les coups de ses pinceaux ou de ses couteaux. Anne le sait. Elle traque l'erreur, le petit grain de sable fatal au tricheur. Étrangement, les oeuvres sont presque toutes datées. D'ordinaire les faussaires s'abstiennent de prendre ce risque. Rien n'y fait, plus elle progresse dans ses recherches, plus tout paraît avéré. Aucune fausse note. Marquet séjourna effectivement à Venise en 1936 et y peignit des toiles où dominent les verts d'eau. Elles furent présentées quelques mois plus tard à la galerie Duret, et l'une d'entre elles au Salon indépendants. Rouault prit bien comme modèle la fille de son plus important collectionneur japonais. Séduit par Matisse, Raoul Dufy composa assurément, autour de 1906, des rues pavoisées de drapeaux, le plus souvent celles de sa ville natale, avant qu'il n'abandonnât le fauvisme sous l'influence de Cézanne.  »


"Les Fauves" de Éric Mercier aux éditions La Martinière - 448 pages. Paru le 14 janvier 2021, 21 €

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