Vidéo. Rafle manquée de 1942 : l'hommage aux victimes et à plusieurs policiers de Nancy "Justes de France"

NANCY. Dans le cadre des commémorations organisées pour les 80 ans de la Rafle du Vel d'Hiv, une cérémonie était organisée ce dimanche 17 juillet 2022 à Nancy. Un évènement à la mémoire des victimes et en hommage aux Justes de France. 

En mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français et en hommage aux Justes de France, une cérémonie s'est tenue dimanche 17 juillet 2022 en deux temps, sur la Place des Justes à Nancy, puis devant l’hôtel de police Lobau à Nancy.

Quatre-vingts ans plus tard, l'émotion reste forte sur les atrocités commises lors de la seconde guerre mondiale. Les 16 et 17 juillet 1942, la rafle du Vél’ d’Hiv orchestrée à la demande des nazis se concluait par l'arrestation de 12 884 personnes, dont un grand nombre de femmes et d’enfants. À Nancy, une autre rafle qui faisait partie d’une opération plus vaste du nom de « Vent Printanier » était programmée pour le dimanche 19 juillet visant les Juifs étrangers ou apatrides.

Mais dans la cité ducale, la rafle se soldait sur un échec grâce à la désobéissance de tout un service de police, un cas unique en France. Édouard Vigneron, chef du service des étrangers au commissariat central de Nancy, son adjoint Pierre Marie et cinq autres policiers sabordaient l'opération en prenant contact discrètement avec tous les Juifs menacés pour les faire partir en les accompagnant à la gare, leur remettant des laissez-passer pour rejoindre la « zone libre » ou encore les abritant chez eux. Leur implication permettra le sauvetage de plus de 350 des 385 Juifs menacés du ressort de Nancy, 32 sont arrêtés. 

Une nouvelle plaque recouvrant la médaille des Justes des policiers de Nancy

Pour ces actes d'héroïsme, cinq d'entre eux, Édouard Vigneron, Pierre Marie, François Pinot, Charles Thouron et Charles Bouy, ont reçu la médaille de « Juste parmi les nations » de Yad Vashem. 

« Il s'agit de la plus haute distinction civile décernée par l'État d'Israël et attribuée à des personnes non juives qui au péril de vie et de leurs proches ont aidé des juifs persécutés par l'occupant nazi. Ces hommes à qui nous rendons hommage aujourd'hui ont démontré du courage et de l'humanité. Ils ont été des petites lueurs brillantes d'espoir dans l'obscurité terrible de la Shoah », a déclaré Ronit Ben Lor, ministre plénipotentiaire et chargée d'affaires près l'ambassade d'Israël. 

À l’occasion de ce 80ème anniversaire de la rafle manquée de Nancy en présence de familles de rescapés et de policiers honorés, une nouvelle plaque recouvrant la médaille des Justes des policiers de Nancy a été dévoilée au sein de l'hôtel de police. Elle orne l'un des murs d'accueil du commissariat.

« Cette histoire est encore trop méconnue, ce 80 ème anniversaire est une ardente obligation au rappel d'une histoire qui n'est jamais achevée, nous devons donc aujourd'hui prendre solennellement l'engagement de donner le prolongement contemporain de ce courage républicain (...) Il en faut de la force de conviction, il en faut de la morale, de l'éthique , de la foi dans la France et la République pour pouvoir faire le pas de côté qui sauve 350 femmes et hommes », a souligné Mathieu Klein, Maire de Nancy et Président de la Métropole. « Les policiers de Nancy peuvent être fiers d'être les successeurs, chacune et chacun à leurs manières, de ces hommes qui ont marqué l'histoire de Nancy », a ajouté l'édile tout en appelant à « continuer de faire oeuvre de mémoire ».

L'hôtel de police accueille une exposition de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, l’ONAC « Désobéir pour sauver, des policiers et des gendarmes, Justes parmi les Nations ». L'histoire des 54 policiers et gendarmes nommés Justes parmi les Nations.