Du GHB en boite de nuit à Nancy ? La police enquête, mais appelle à ne pas céder à la psychose

Nancy. Depuis quelques jours, les témoignages de certaines jeunes femmes, affirmant avoir été droguées avec du GHB se multiplient sur les réseaux sociaux. Si la police prend les faits très au sérieux, elle appelle aussi à ne pas succomber à la psychose. 

C’est une substance incolore, inodore, très active et dont les traces s'évacuent vite de l'organisme au maximum 6 h dans le sang et jusqu'à 12 h dans les urines. Le GHB, utilisé dans le cadre médical, comme anesthésiant ou pour le traitement de la narcolepsie se retrouve parfois détourné dans des contextes festifs par des individus malintentionnés en vue d'une agression ou d'un vol grâce à ses propriétés sédatives et amnésiantes.

Ce produit considéré comme un fléau par les gérants d’établissements de nuit circulerait-il à Nancy ? C’est en tout ce que relatent depuis quelques jours, plusieurs jeunes femmes qui se sont exprimées sur les réseaux sociaux relatant avoir absorbé « cette drogue du violeur » faisant réagir la municipalité de Nancy.

À ce stade, si les faits sont pris au sérieux, faute d’éléments tangibles attestant la présence du GHB, la police nationale appelle surtout à la prudence et à ne pas succomber à la psychose. 

« Attention ne mélangeons pas tout ! Il ne faut pas affoler tout le monde, alors que nous n’avons pas de certitude et que le problème de fond, c’est au départ, l’alcoolisation et un problème de vigilance de l’environnement », a déclaré Laetitia Philippon, directrice départementale de la sécurité publique de Meurthe-et-Moselle, en réaction aux faits abordés en préambule du conseil municipal de Nancy sur le thème de la sécurité.

 

« Il ne faut pas toujours s’imaginer que c’est toujours le GHB, les dernières affaires prises en compte sont des affaires très complexes » a-t-elle ajouté, évoquant des enquêtes systématiques sur ce type de plaintes pour savoir « si c’est une réalité et si nous avons des individus susceptibles de commettre ce type méfait ». 

Face à cette suspicion de verres contaminés au GHB, la directrice départementale de la sécurité publique de Meurthe-et-Moselle insiste sur l’importance de la prévention et à la vigilance de "tout un chacun". « Nous avons des personnes qui sous le coup d’une alcoolisation deviennent des victimes potentielles. Il faut appeler la vigilance les personnes qui sortent en groupe de ne pas laisser quelqu’un d’alcoolisé isolé ».

D’après François Pérain le procureur de la République contacté par nos soins en date de ce mardi 28 septembre, si plusieurs jeunes femmes se sont manifestées sur les réseaux sociaux, « à ce jour, la police nationale n’a été saisie que d’un signalement venant d’une jeune femme, une personne qui a effectivement déclaré avoir été droguée (sans perte de connaissance) mais n’a pas souhaité déposer plainte ». Même son de cloche au centre antipoison et de toxicovigilance du CHRU de Nancy qui aurait pu être approché par des victimes du GHB, « à ce jour, nous n’avons pas d’alerte locale au centre d’addictovigilance du CHRU de Nancy », nous a-t-on confirmé.