Vidéo. Les opposants au pass sanitaire défilent à Nancy avec quelques incidents

Une manifestation contre l’élargissement du pass sanitaire et la vaccination obligatoire pour certaines professions s'est déroulée ce samedi à Nancy. 

« Contre la dictature sanitaire » et aux cris de « Liberté, Liberté », près de 2 000 personnes (selon la préfecture de Meurthe-et-Moselle) ont manifesté ce samedi contre l’élargissement du pass sanitaire  annoncé par Emmanuel Macron lundi 12 juillet. Au départ de la place Maginot, le cortège a cheminé dans les rues du centre-ville de Nancy.

Anti pass sanitaire, anti-vaccins, anti-masques, « gilets jaunes », opposants au chef de l’état, quelques « blouses blanches », un rassemblement intergénérationnel aux colères plurielles. Dans les rangs des manifestants contre le pass sanitaire, si certains expriment leur désarroi d’un vaccin « Mis au point trop vite, inefficace » et même « dangereux », d’autres indiquent disposer du pass sanitaire, mais dénoncent le principe de la vaccination forcée et la ségrégation des non-vaccinés. 

« Nous sommes rentrés dans une dictature », affirme pour sa part un homme évoquant une ultime « atteinte aux libertés » avec l'étendue du pass sanitaire qui n'est « qu'un début ». Une autre encore, se déclarant soignante, estime sous couvert d’anonymat que « La Covid-19 a déjà disparu » et que les personnes concernées par les injections avec ARN messager vont « mourir » des conséquences de la vaccination. 

« Toute cette politique gouvernementale mise en place est d'un amateurisme coupable, cette obligation vaccinale comporte une véritable descrimination entre les citoyens, c'est une première étape de privation de liberté », considère Massimo Nespolo, Professeur des Universités et chargé de mission Debout la France (54) évoquant dès l'apparition de l'épidémie  « un échec avec des capacités en réanimation insuffisantes et la fermeture de lits à l'hôpital » . Et l'obligation vaccinale des soignants qui pourrait conduire à une suspension du versement du salaire ? «  Les héroes de 2020 sont devenus les parias de 2021, si ils refusent la vaccination c'est qu'ils ont plus de connaissances que d'autres citoyens en considérant le principe de précaution et le manque de recul sur le vaccin.»

Quelques incidents ont émaillé cette manifestation. Notamment aux abords de la Place Stanislas sur laquelle des manifestants ont tenté de pénétrer par la rue Gambetta et ont dégradé la vitrine d’une pharmacie et une tente de dépistage anti-covid. Suite à des jets de projectiles, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser certains manifestants. Des commerçants dénoncent « le même leitmotiv » et la difficulté de travailler sereinement. « Tous nos clients en terrasse ont quitté les lieux », constate avec amertume un serveur du café Foy. Des incidents qui n’ont pour autant pas empêché le rassemblement de se dérouler jusqu’à la place Simone Veil. 

Le maire de Nancy, Mathieu Klein a condamné fermement les dégradations commises à Nancy « Je soutiens pleinement la liberté d’expression, mais en aucun cas le centre-ville de Nancy ne peut devenir le théâtre hebdomadaire de tensions et de dégradations. Les débordements survenus lors de la manifestation de ce samedi sont inacceptables ». 

Lors de cette manifestation, un individu a été interpellé pour outrage et une manifestante, blessée au cuir chevelu, a été prise en charge par les sapeurs-pompiers.