"Le SDIS m'a tué" ou comment les antivax rassemblés à Nancy ont créé la polémique

Christian Perronne à Nancy / ES Ici-c-nancy.fr Christian Perronne à Nancy / ES Ici-c-nancy.fr
Une manifestation rassemblant plusieurs centaines de personnes a créé la controverse, samedi 3 juillet après-midi, place Maginot à Nancy. Une image a provoqué de multiples réactions, celle d'un uniforme de pompier suspendu sur un portant au côté d’une pancarte indiquant en rouge « Le SDIS m’a tué ». 

L’évènement annoncé sur les réseaux sociaux invitait les simples citoyens à vivre des « échanges éclairés et éclairants » portant sur l’actualité politique et sanitaire. Dans un premier temps programmé à l’auditorium de la Pépinière, cette rencontre prévoyait d’aborder « la crise sanitaire et sa sortie » avec plusieurs intervenants à l’aura nationale tels que Richard Boutry, ancien journaliste devenu une figure influente du mouvement covido-sceptique, le professeur Christian Perronne, ancien chef de service des maladies infectieuses adepte des « théories alternatives » aux propos non conventionnels que l’on retrouve dans le documentaire « Hold-up ». Mais aussi Martine Wonner, psychiatre et députée du Bas-Rhin, exclue du groupe LREM en 2020 .

Finalement organisé place Maginot — à quelques encablures du centre vaccinal Prouvé et à proximité de l'Agence Régionale de Santé — l’évènement a accueilli plusieurs centaines (250 selon la police, 2 000 d'après le comptage des organisateurs) de sympathisants « antivax », anti-masques et corona-sceptiques venus écouter, quatre heures durant, un déluge de critiques sur les « dérives du système », le port du masque et notamment sur la vaccination contre la Covid-19 avec la dangerosité (supposée) du vaccin ARN. 

C’est finalement, une image celle d’un mannequin habillé d’un uniforme de pompier pendu et recouvert d’une pancarte indiquant en rouge « Le SDIS m’a tué » qui a provoqué des réactions en chaîne sur les réseaux sociaux. À commencer par celle du Maire de la ville et président de la métropole du Grand Nancy, Mathieu Klein qui a dénoncé une « mise en scène » et  une « attaque » sur la voie publique qualifiées d'« intolérables ». L’édile a affirmé en outre qu’un signalement au procureur de la République serait fait et adressé son « soutien aux sapeurs-pompiers du SDIS 54 sans qui la vaccination ne serait pas aussi élevée en Meurthe-et-Moselle ».

En réponse, Martine Wonner s’est fendue d'un tweet adressé au maire de Nancy pour prendre la défense des manifestants et pour opposer un avis bien différent selon lequel : « Aucune attaque contre le Sdis 54, mais une très grande souffrance exprimée par un pompier du Doubs. » 

Selon le collectif Par-delà-les-Murs, il s'agit d'un sapeur-pompier, Denis Braye, autrefois employé du SDIS 25 et en conflit avec sa hiérarchie à la suite d'un accident de travail.

Chaynesse Khirouni, présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle s'est également exprimé dans un communiqué pour adresser « son total soutien aux sapeurs-pompiers ». Et de poursuivre sur l’importance de la vaccination « Face à la pandémie, seule la vaccination du plus grand nombre est la solution afin d’éviter de nouvelles mesures restrictives et liberticides ». « Le SDIS et les pompiers sont des acteurs essentiels de la lutte contre la covid et il convient de saluer leur totale mobilisation pour assurer l’organisation de la vaccination en Meurthe-et-Moselle. En cette période sensible, il n’y a pas de place pour la polémique ».

[ Mise à jour Lundi 5 juillet ] À la suite de cette pendaison symbolique d'un mannequin à l'effigie d'un pompier, le service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Meurthe-et-Moselle a indiqué lundi 5 juillet avoir déposé une plainte. «Le Sdis 54 condamne la pendaison symbolique d'un sapeur-pompier lors du rassemblement ce samedi place Maginot. Détachés de toute polémique les pompiers de Meurthe-et-Moselle restent mobilisés pour lutter contre la covid19», a déclaré sur Twitter le SDIS 54. «Une plainte a été déposée

De son côté, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin a indiqué soutenir « pleinement » Mathieu Klein maire de Nancy « dans son action en justice face à cette mise en scène morbide». «Nos sapeurs-pompiers sont sur tous les fronts pour protéger nos concitoyens: Covid, feux de forêt, accidents de la vie quotidienne...».