100 jours de Mathieu Klein : Hénart « seule mesure concrète, l’augmentation des indemnités des élus de la majorité »

Le groupe d’alternative « aimer Nancy » mené par Laurent Hénart tire un bilan des 100 premiers jours de Mathieu Klein en tant que maire de Nancy

Trois mois après l’élection de Mathieu Klein en tant que maire de Nancy, l’opposition a tenu une conférence de presse ce vendredi pour dire tout le bien qu’elle pensait des premiers pas du nouveau maire de Nancy. Une rentrée médiatique pour Laurent Hénart entouré des élus de son groupe au conseil municipal qui réfute par ailleurs le qualificatif d’opposition, « nous sommes un groupe d’alternative, nous comptons faire part de solutions différentes quand nous voterons contre une proposition. » 

Très présent après le premier tour des municipales et la gestion de la crise sanitaire au printemps dernier, Laurent Hénart constate aujourd’hui « une absence de pilotage de la crise, on m’avait reproché d’en faire trop, mais entre en faire trop et ne rien faire, il y a peut- être un équilibre à trouver. » L’ancien maire de Nancy reproche à Mathieu Klein d’être « en totale position de suiveur » quant à la gestion de la crise et pointe un manque de dialogue « avec les commerçants, les acteurs économiques et les habitants. » Pour Valérie Jurin « le sentiment est que tout ce qui a été fait auparavant a été mis en stand-by et que rien n’a été anticipé concernant la deuxième vague. » Autre critique, des mesures du port du masque obligatoire dans les rues nancéiennes « sans une distribution gratuite de masques supplémentaires. » De son côté, Valérie Debord regrette « l’absence d’activité mise en place à destination des personnes âgées qui sont isolées avec la crise sanitaire actuelle. » 



Après trois mois, selon Laurent Hénart « la seule mesure concrète c’est l’augmentation de 20 % du budget des indemnités des élus de la majorité, en cette période compliquée, les Nancéiens apprécieront... ». Malika Dati pointe l’échec des bons d’achat bonifiés, dispositif qui doit fonctionner jusqu’en janvier 2021 « mais qui va devoir être prolongé pour épuiser les stocks » avant de regretter « le côté discriminatoire du dispositif, pourquoi à destination des seuls nancéiens ? Pourquoi certains commerçants sont exclus comme la grande distribution et les stations-service ? » Des bons d’achat qui bénéficieraient « surtout aux grandes enseignes comme la FNAC » selon Michel Fick. Le groupe d’alternative « aimer Nancy » souhaite que le dispositif soit discuté « avec les associations de commerçants comme les Vitrines de Nancy qui ont déjà mis en place un dispositif similaire », précise Malika Dati qui relève que l’objectif  « avec ces bons d’achat était d’injecter 2,5 millions de chiffres d’affaires pour les commerçants du centre-ville qui en font 570 millions à l’année soit 0,008 %. » Laurent Hénart rappelle que son groupe avait proposé « un allégement de la taxe foncière  pour les petits commerçants. » 

« Merchandisation du bénévolat »

L’opposition ou plutôt le groupe d’alternative émet également des critiques sur la façon de gouverner de l’équipe de Mathieu Klein notamment sur un audit organisationnel de la ville de Nancy « nous n’avons pas été informés, ni consultés, ni auditionnés tout comme les syndicats » regrette Laurent Hénart. Michel Fick déplore « le manque de concertation concernant la piétonnisation dont le plan est déjà figé, la gratuité dans les transports domaine dans lequel il existe un décalage entre le travail en amont en commission et les décisions prises. » Exemple d'absence de conceration avec « une piste cyclable qui a surgi à la fin de l’été rue de la Commanderie sans consultation et qui fait l’objet d’une pétition des riverains. »

Sur la démocratie innovante mise en place par l’équipe de Mathieu Klein, Sophie Mayeux s’est déclarée choquée « d’apprendre que les 100 Nancéiens volontaires toucheront 200 euros bruts pour collaborer, ce côté rémunérateur nous heurte » alors que Valérie Debord parle de « marchandisation du bénévolat qui choque, on ne veut pas ressembler aux États-Unis où l’on paye n’importe qui pour faire n’importe quoi. » Pour Laurent Hénart « ce n’est plus des volontaires, mais des vacataires et quand on donne de l’argent, forcément c’est limiter la liberté de parole. » Une décision qui aurait entraîné des discussions vives au sein même de la majorité selon Sophie Mayeux et Valérie Jurin.