février 28, 2021

Cinéma : rencontre avec Jean-Paul Salomé à Nancy réalisateur de « Je fais le mort »

CINÉMA. Après des films populaires doublés d'un succès en salle tels que Belphégor, Arsène Lupin ou encore Les Femmes de l'ombre, Jean-Paul Salomé signe en 2013 une comédie policière avec le déjanté François Damiens dans le rôle principal et d'autres acteurs connus comme Géraldine Nakache, Lucien Jean-Baptiste ou encore Anne Le Ny. Rencontre avec le réalisateur à Nancy.
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Jean-Paul Salomé était à Nancy fin novembre pour présenter son nouveau film  "Je fais le Mort" en avant-première au public nancéien -photo www.ici-c-nancy.fr

À 40 ans, "Jean Rénault" joué par François Damiens est un comédien raté qui peine à retrouver du travail dans le cinéma, après avoir un ultime rôle dans une série, il se rend au Pôle Emploi Spectacle. Là-bas, sa conseillère lui propose alors un job un peu particulier celui de prendre la place du mort pour permettre à la justice de reconstituer les scènes de crime. Son obsession du détail et le souci de la vérité vont permettre à Jean de revenir sur le devant de la scène lors d’une affaire délicate à Megève en Haute-Savoie suite à une série de meurtres…  

Avec ce nouveau film, le réalisateur signe une comédie policière savoureuse et rafraichissante qui tire sa réussite d’un casting bien servi et de situations cocasses emmenées par le jeu du saltimbanque François Damiens qui excelle dans son personnage d’acteur raté et maniéré. Le scénario qui pouvait sembler plutôt gaguesque au départ s’affine au fur et à mesure du film à l’image du jeu de François Damiens dans son rôle de semeur de doute qui fera basculer l’enquête. Tourné en Haute-Savoie entre la Toussaint et Noël dans la commune de Megève le film est parti d’une banale lecture d’un article de Libération avec des témoignages de comédiens qui devaient remplir leurs quotas en faisant de la figuration pour des juges d’instruction a expliqué le réalisateur.

Un tournage loin de Paris...

Je ne voulais pas tourner en province, pour tricoter au mieux mon intrigue j’avais besoin que le personnage principal soit isolé, pas à Paris où il pouvait rentrer le soir, j’avais l’impression qu’il fallait le mettre dans une une sorte de bulle, en immersion totale et puis ça recrée une petite tournée théâtrale. Deux univers se sont rejoints et se sont nourri l’un à l’autre. 

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Diaphana distribution
 

Le choix du Belge François Damiens ...

J’ai mis un certain temps avant de penser à François déjà parce que je n’ai pas écrit en pensant à François, mais seulement lorsque l’écriture a été complètement achevée. Par rapport à François, je voulais aller dans la comédie, mais pas dans « la comédie classique ». François a la faculté de posséder un vrai humour décalé et il m'a amené ce décalage dans le tournage parce qu’il a quelque chose, que je trouve de neuf et d’intrigant. Il a une aussi une manière d’occuper l’espace avec son corps que je ne saurais pas expliquer, il avait aussi tout à fait le physique d’un type qui n’est pas à sa place et qui bouge les choses autour de lui. Je savais qu’on pouvait rendre le personnage un peu antipathique au début et que naturellement il ramènerait de l’empathie. François est arrivé le premier dans le rôle principal et ensuite j’ai pu faire mon bouquet autour, j’ai contacté Géraldine qui connaissait déjà François, d'ailleurs ils rêvaient de tourner ensemble. J’aimais bien la différence physique entre les deux, le côté un peu Titi et Gros Minet avec des physiques très différents. C’était assez amusant de présenter ce couple improbable.

Comment s’est déroulé le tournage ?

Ça c’est passé idéalement, d’abord parce qu’il y avait une volonté commune, tout le monde avait envie de faire le même film, l’humour dans lequel j’avais envie d’aller, chacun se sentait extrêmement à l’aise dans son personnage. C'était le cas également de Géraldine qui joue le rôle d’une juge d’instruction me disait toujours que c'était « son premier rôle de femme et pas d’adolescente ». François avait tout un film sur ses épaules et un personnage assez proche de lui. Lucien Jean Baptiste était ravi de ne pas faire le comique, mais était chargé plutôt du côté polar de l’intrigue avec un truc à l’américaine avec un calme posé. Anne s’amusait comme une folle dans son rôle de tenancière après avoir trouvé cette perruque, cette coiffure… Chacun était content de jouer son personnage et ravi d’explorer des choses un peu nouvelles et amusantes. Ça a créé une alchimie extrêmement sympathique où en même temps les gens travaillaient, ce n’était pas une colonie de vacances ! Il y avait un vrai sens de l’intérêt général du film, d’aller dans une même direction.

Recruter des acteurs pour jouer le mort ...

Cela se pratique à titre expérimental, pour savoir comment la personne a été tuée. En fait la reconstitution c’est la mise à l’épreuve du scénario écrit face à un juge d’instruction et avec des dépositions. C’est la même chose lorsque nous on écrit, sur scène il y a des choses qui marchent et d'autres pas.

Des personnages troubles...

Finalement dans ce film chacun joue un double rôle ou bien se cache derrière un rôle, la juge d’instruction tente de faire preuve d’autorité et elle a la trouille, le gendarme a une part de mystère… 

Le cinéma dans le cinéma ?

J’ai rencontré des femmes juges d’instruction pour savoir aussi comment elle avait vécu leur première scène de crime et comment une jeune femme évolue dans un milieu assez machiste. Le film s’en amuse, mais une scène de crime c’est très violent et paradoxalement ce qui était incroyable c’était de rechercher la vie au milieu de ces scènes. Pour arriver à la mort, il fallait recréer les dernières minutes de vie pour savoir ce qu’il s’est passé et ainsi rechercher la vérité.

Les comédiens nous demandent ce qu’est la réalité de la scène. Or, sur une scène de crime on se pose exactement la même question, c’est quoi la vérité de la scène ? À ce moment là, je trouvais qu’il y avait des similitudes qui se tricotaient de manière assez simple avec des parallèles. Ainsi, le juge d’instruction joue le rôle du metteur en scène, l’acteur fait le mort, le greffier la script girl, quelqu’un fait des photos comme dans un film, les gendarmes s’occupent de la régie. C’est une vraie scène et autant je n’avais jamais eu l’envie de faire un film dans le cinéma autant l’aborder par ce biais détourné, ça m’amusait…

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Diaphana Distribution

François Damiens dans un rôle acteur raté, tatillon, grande-gueule et très fier de lui ...

François Damiens dans le film est un emmerdeur qui ne tourne plus, il est très pointilleux et grillé de partout. En plus, dans sa jeunesse il a eu le césar du jeune espoir et le césar est cruel surtout chez les hommes ! Une récompense difficile il y en a beaucoup qui ont disparu de la circulation. Jean a eu sa période de gloire puis petit à petit sa carrière a dévissé il se retrouve à faire ce qu’il fait...

Vos projets  après ce film ?

J’avance par coups de cœur, par opposition à ce que je viens de faire, j’ai des idées, mais je ne sais pas encore. Chaque fois, c’est différent. 

- Je fais le Mort -

jefaislemortNotre avis : etoile-mini-25x25etoile-mini-25x25etoile-mini-25x25etoile-mini--grisee-25x25etoile-mini--grisee-25x25
 
Date de sortie : 11 décembre 2013, (1h 45 min) 
Réalisé par Jean-Paul Salomé
Avec François Damiens, Géraldine Nakache, Lucien Jean-Baptiste, Anne le Ny, Nanou Garcia...
Genre : comédie policière

À 40 ans, Jean, comédien, est dans le creux de la vague… Il court le cachet sans succès. Au pôle Emploi Spectacle, sa conseillère lui propose un job un peu particulier : prendre la place du mort pour permettre à la justice de reconstituer les scènes de crime. Son obsession du détail bluffe les enquêteurs et va permettre à Jean de revenir sur le devant de la scène dans une affaire délicate à Megève, hors saison, suite à une série de meurtres…

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