octobre 23, 2021

« Tout s’est bien passé » : Ozon et la fin de vie 

Sophie Marceau et André Dussollier / Copyright Carole BETHUEL/Mandarin Production/Foz Sophie Marceau et André Dussollier / Copyright Carole BETHUEL/Mandarin Production/Foz

Après « Grâce à Dieu », François Ozon adapte le roman autobiographique d’Emmanuelle Bernheim, « Tout s’est bien passé ». (sortie 22/9).

L’histoire de son père, André Bernheim, 85 ans, éminent sculpteur, qui, diminué par un AVC, demanda à ses deux  filles, Emmanuèle et Pascale (Sophie Marceau et Géraldine Pailhas dans le film), de « l’aider à en finir ». Un film courageux et opportun qui réactive le débat sur la fin de vie. Ce qui ne le rend nullement déprimant. 

Amoureux des arts

Pour incarner André Bernheim, artiste aussi exigeant qu’autoritaire, il fallait un comédien solide et impliqué. André  Dussollier, prodigieux dans ce rôle difficile, l’est magnifiquement. Constamment juste (comme Sophie et Géraldine d’ailleurs), il assume ce voyage émotionnel avec humanité et tendresse. 

On devine même qu’il a aimé incarner « cet industriel au passé douloureux  qui s’est construit avec beaucoup de  force et de courage ». Un amoureux des arts dit-il, « qui a dû s’attacher à rendre sa vie belle et agréable. Un peu comme une œuvre d’art. Mais là, ne pouvant plus le faire, il se dit : ce n’est pas la peine d’aller plus loin ».  

La scène de la douche 

Problème : le suicide assisté est, comme on sait, interdit en France. Mais possible en Suisse. Ses filles, d’accord pour l’aider, suivent  donc la démarche informative de ceux qui envisagent cet ultime voyage. Formalités, papiers exigés, billets de train, accompagnateur, etc. Un film, dit Dussollier « au climat enthousiasmant, car François, qui cadre aussi, est le premier spectateur du film qu’il a écrit. On participait donc tous ensemble à ce qu’il y avait de mieux  dans les scènes, lui-même connaissant parfaitement la partition puisqu’il en est l’auteur ».

Dussollier insiste aussi sur la délicatesse d’Ozon le prévenant d’une scène délicate. « On tournait dans un hôpital, et il m’a demandé si ça ne me gênait pas d’être nu sur une chaise pour la scène de la douche. J’ai accepté, car j’ai pensé qu’effectivement, ça ajoutait à la dépendance que peut ressentir un homme paralysé ». François Ozon confirme : « André n’a eu aucune coquetterie d’acteur. Il s’est abandonné au rôle et dans la scène où il se fait laver, il a dit : "OK pas de problème". Et tout est parti parce qu’il sentait aussi que ça allait dans le sens du film ».   

Dans quel film retrouverons-nous André Dussollier ? Bientôt dans « Le tigre et le président », où il jouera Clémenceau.

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