décembre 05, 2020

Rencontre avec l’équipe du film « Sous les Étoiles de Paris » 

 Catherine Frot / Copyright Carole Bethuel


Résumé du film : SDF grincheuse, Christine (Catherine Frot), vit sous l’arche d’un pont des quais de Seine. Un jour, Suli, 5 ans, débarque dans son abri, se fait d’abord chasser puis tolérer et enfin aider, car il a perdu sa mère. C’est cette entraide insolite que filme Claus Drexel. Moins romantique que son titre, son film, «Sous les étoiles de Paris » souligne la préoccupation des autres qui motive tant le réalisateur.  

Votre idée de départ, c’était...

Claus Drexel : C’était l’envie de connaître ces individus. Mais en faire des personnages de fiction c’est délicat. Car il faut être juste et ne trahir personne. Donc le biais adopté c’était de s’appuyer sur des choses vraies en en faisant une sorte de conte.

Des choses vraies observées où ?  

CD : A Calais avec mon co-scénariste, Olivier Brunhes. J’y ai vu beaucoup de migrantes avec des enfants en bas âge. Et je me suis dit : mais qu’est-ce qui se passe s’ils sont séparés lors d’une descente de police ? C’est parti de là.

Comment avez-vous procédé pour le choix de l’enfant ?

CD : En organisant plusieurs castings. Ensuite, nous avons resserré notre choix sur une dizaine de gamins. Avec une exigence : il fallait qu’ils parlent couramment une langue africaine. Puis ont eu lieu les essais avec Catherine Frot. Celle avec Mahamadou Yaffa, finalement choisi, a été particulière. J’ai laissé vivre la scène entre eux, sans dire « coupez ». Elle a commencé à lui apprendre des trucs, c’était charmant. J’ai senti qu’il se passait quelque chose entre eux.

A votre avis, lequel des deux sauve l’autre ?

CD : Elle le sauve concrètement en intervenant auprès des autorités puisque la mère fait l’objet d’un arrêt d’expulsion.  Mais lui, sauve aussi cette femme aigrie et sans espoir. Il la ramène à la vie en quelque sorte.

Il y a plusieurs scènes de nuit, dans le froid. Était-ce un tournage éprouvant ?

Catherine Frot : Non, pas tant que ça. Je ne me suis pas mise dans tous mes états. Mais j’y ai éprouvé des sensations que je n’aurai pas ailleurs. Car deux mois avant, nous avons rencontré pas mal de gens au sein d’organismes humanitaires. Des gens isolés, perdus, qui viennent boire un thé le soir et parler comme à « la moquette » dans le XVe . Nous avons aussi joué au scrabble avec eux.

Comment définiriez-vous votre personnage ?

CF : Cette femme est une clocharde qui a même perdu sa voix. Elle est profondément atteinte, elle n’a pas d’âge. Elle est proche d’une certaine mort intérieure. Et tout à coup cet enfant arrive. Et quelque chose bouge. Elle n’est plus dans la survie, car quelqu’un, enfin, a besoin d’elle.    


Fiona Franchi

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