octobre 29, 2020

Critique : « Antoinette dans les Cévennes »

Laure Calamy et l'âne Patrick / Copyright Julien Panié / CHAPKA FILMS / LA FILMERIE Laure Calamy et l'âne Patrick / Copyright Julien Panié / CHAPKA FILMS / LA FILMERIE

Résumé : Pour cet été indien qui se prolonge, voilà le film idéal. Une évasion aérée au centre d’une France que l’on n’imaginait pas si accueillante, ni si riche en paysages. Bref, si belle.

Avec ce second film (après « Les autres filles » sorti...en 2000) Caroline Vignal vient de rendre le meilleur coup de pouce touristique aux Cévennes. Parce qu’elle y célèbre non seulement la beauté des paysages à toute heure du jour, mais aussi l’accueil des patrons de chambres d’hôtes, l’entraide de ses résidents et le dévouement d’une véto, venue à cheval, remettre une entorse en une manipulation.

Déboires amoureux

Elle s’y attache aussi à une histoire certes classique (le mari et amant (Benjamin Lavernhe), l’épouse (Olivia Cote) et Antoinette, la maitresse (Laure Calamy), mais elle y adjoint aussi un quatrième personnage inattendu : un âne. Patrick dans le film et Jazou dans la vie. Brave bête qui renâcle un peu au démarrage, mais finit par trottiner volontiers quand Antoinette, institutrice exaltée, finit par comprendre qu’en lui racontant ses déboires amoureux, il avançait bien plus vite.

Et des déboires, elle en a cette enseignante partie perturber les vacances de son amant l’ayant larguée sans qu’elle puisse le joindre « faute de réseau dans ce pays de ploucs ». Reste le hasard qui les remet en présence à l’auberge, la famille et elle. D’où attitude gênée de l’amant (ce qui est presque un aveu) et « éclairage » de l’épouse qui, le lendemain, déverse sa fureur dans une scène habilement ménagée.

Après Stevenson

En fait, dans cette longue marche entre vallons et collines, c’est à la découverte d’elle-même que parvient Antoinette. Au fil d’étapes difficiles où elle sue, peste et invective Patrick avant de s’en excuser, histoire d’amadouer l’animal qui porte vaillamment ses affaires, puis elle-même à l’heure de l’entorse. Une façon de refaire 142 ans après Robert Louis Stevenson les 200 kms entre Monastier et Saint-Jean du Gard.

Belle épopée où Laure Calamy, dans le rôle-titre d’Antoinette, trouve enfin matière à illustrer son talent. Et elle ne rate pas l’occasion en démontrant sa maitrise des situations. De randonneuse égarée en maligne supportant, tête haute, l’opinion défavorable des couples. S’y ajoute son rire spontané, qui, espérons-le, la conduira jusqu’aux Césars.      


Fiona Franchi  

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