avril 10, 2020

Critique - « La bonne épouse » Alsacienne 

Juliette Binoche et Noémie Lovsky - Copyright Memento Films Distribution

Résumé du film : Martin Provost dont la filmographie est essentiellement féministe, ajoute avec cette « Bonne épouse », un nouveau fleuron à son palmarès. L'histoire d'une « école ménagère » alsacienne dont les soubresauts de mai 1968 vont faire exploser la conception. Une école managée à la baguette par Paulette van der Beck (Juliette Binoche), surveillée par sœur Marie Thérèse (Noémie Lovsky) et gérée côté cuisine par l'hilarante Yolande Moreau, actrice fétiche du réalisateur.

C'est avec plaisir, mais aussi effarement que les adolescentes de 2020 vont regarder ce film. Jusqu'à la fin des années 60, on préparait donc les jeunes filles à leur rôle de mères de famille et de maitresses de maison soumises, prévenantes et souriantes ? Eh oui ! « Ce n'était pas le bagne, loin de la, précise cependant Martin Provost, car les filles restaient joyeuses malgré l'absurdité et l'autorité de ces institutions ».

Noémie en adjudante

Certes, mais il était néanmoins grand temps que mai 68 (et dans le cas présent la mauvaise gestion ruinant la patronne) contribue à la disparition de ces écoles ménagères. Ecoles évidemment nées de la France patriarcale exigeant la soumission des femmes et leur apprentissage du bien être masculin.

On comprend aussi que Martin Provost ait trouvé là matière à une comédie sociale à la fois drôle et corrosive. Qu'il s'agisse de décorseter Juliette Binoche guindée dans ses tailleurs abricot. De transformer Noémie Lovsky en adjudante à cornette hurlant après ses ouailles tout en se permettant de fumer dans les dortoirs. Ou de montrer Yolande Moreau terrifiant son jeune auditoire en lui démontrant « sa » manière d'attendrir la viande.

Juliette en patronne

Un film qui est aussi, pour le réalisateur,  l'occasion de rappeler « que toutes les écoles ménagères, qui n'étaient pas une exception française puisqu'il y en avait partout en Europe, ont disparu au début des années 70. Même si je crois qu'il y en a encore...au Portugal ».

La dernière partie du film qui voit chacun et chacune faire sa propre révolution est sans doute moins réussie, surtout côté masculin. Et l'on regrette également que les personnages des jeunes élèves soient si peu mis en valeur. Reste l'excellente partition du trio d'actrices vedettes, en particulier Juliette Binoche, patronne éperdue qui révèle son talent comique jusqu'ici peu exploité. Une actrice toujours partante pour servir la cause des femmes.   

Fiona Franchi 


Sortie du film : 11 Mars 

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