mars 31, 2020

Critique : « Judy », l'Arc-en-ciel

Renée Zellweger, superbe « Judy »
Résumé du film : Hiver 1968/69. Judy Garland, actrice et danseuse hollywoodienne, accepte un contrat de cinq semaines pour une ultime série de concerts à  Londres. L’enjeu : se refaire un pécule pour conserver la garde de ses deux plus jeunes enfants, Lorna et Joey Luft. Plus qu’une opportunité : une façon de prouver qu’en scène elle conserve toutes ses qualités d’interprète et de meneuse de revue. Mais, addictive à l’alcool et aux médicaments, elle est épuisée. Et ces cinq semaines seront son chant du cygne.

Maigrissime dans ce film, Renée Zellweger fait, au début, un peu peur. En multipliant œillades et mimiques aussi excessives que son maquillage. Puis, peu à peu, le jeu l’emporte sur l’apparence et on ne voit plus que l’artiste. Et là, Renée nous bluffe avec brio. Car la voix, forte, modulée, vibrante, c’est la sienne. Et son corps, souple, agile, et moulé de couleurs superbes, emplit la scène.

Un look chic et soigné                            

Même s’il lui fut offert au crépuscule de sa carrière, on sent qu’elle tient là le rôle de sa vie. Rien à voir avec ses trois précédents « Bridget Jones » pourtant financièrement rentables. Ici, c’est un travail d’actrice aussi exigeant qu’épuisant. Des shows avec orchestre et girls empanachées nécessitant sans doute maintes répétitions et une condition physique au top.

Alors, elle a soigné particulièrement son look. Reproduisant la fameuse robe noire semée de fleurs multicolores que Judy adorait. Mais modernisant aussi avec bonheur certaines tenues. Comme l’ensemble indien (longue veste et pantalon doré), le strict tailleur blanc moucheté d’effets argentés et, ma préférée, cette longue robe de mousseline rubis, style Ginger Rogers, avec laquelle elle tourbillonne micro en main.

Liza Minelli, l’héritière

La bonne idée de Rupert Goold, réalisateur de ce film, c’est d’y avoir incorporé d’éloquents flash-back sur la carrière de Judy Garland. Comme la fête factice de ses 16 ans, filmée pour la promo, deux mois avant la date,  où on ne lui laisse même pas goûter le gâteau. Ou l’intervention sévère de l’imposant Louis B. Meyer, patron des studios, venu rappeler à la jeune rebelle que c’est lui qui commande. Une adolescence vouée au travail qui laissera chez Judy de durables séquelles.

Comme ses catastrophiques mariages (trois aux States et un dernier à Londres)  qui en fera une championne des dépressions nerveuses.Une carrière brillante et une vie sentimentale chaotique qui lui laissera cependant une héritière, Liza Minelli, ô combien digne d’elle et de son second mari, Vincente Minelli. Liza, qui, comme sa mère, interpréta sur scène « Over the rainbow », cet arc en ciel qui clôt le film et fait sortir les mouchoirs.


Fiona Franchi

Sortie du film : 26  février

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