mars 31, 2020

Critique du film : « 1917 » de Sam Mendes

George Mc Kay (caporal Schofield)

Résumé du film : 6 avril 1917 en Picardie. Impérativement missionnés par le général Ennmore,  deux soldats britanniques, le caporal Schofield et le deuxième classe Blake, sont chargés d’une mission-suicide. Objectif : traverser les lignes ennemies pour empêcher l’assaut des 1600 hommes du colonel McKenzie contre les Allemands qui leur tendent un piège. Unité alliée dont fait partie le  lieutenant Blake, frère ainé du jeune messager. 

L’affiche de ce huitième film de Sam Mendes est très sombre, mais l’image de Roger Deadkin, l’éblouissant directeur photo, vous happe d’emblée pour ne plus vous lâcher. Vous entrainant dans un parcours d’une fluidité d’autant plus remarquable que Mendes a conçu son film comme un plan-séquence de près de 2 heures. Avec des courses, barda sur le dos, les guets-apens des snipers et de dangereuses approches comme celle de la tranchée piégée par l'ennemi avant d'être abandonnée.

La pause cerisiers

Et puis, parce que c'est le printemps, même au cœur du conflit, Mendes accorde une pause à ses jeunes héros. Le temps pour Blake de s’apitoyer sur de jeunes cerisiers en fleurs déterrés par une rafale. Confiant, il dit : « Oh, ceux-là, les bigarreaux, ils devraient reprendre, car ils sont solides. C’est pas comme les guignes, les amarelles ou les griottes, bien plus fragiles ». Ebahi, Schofield l'interroge : « Comment tu sais tout ça sur les cerisiers, toi ? » Blake : « Parce que ma mère en cultive dans son jardin et que je l’aide chaque année à les ramasser » .Une brève pause avant de reprendre leur chemin de croix où la mort aussi peut venir du ciel...

Un parcours jalonné de visages connus, mais tout juste entrevus. Car toutes les vedettes du cinéma british ont voulu en être, même pour un rôle de gradé parfois très bref. Eemples : Colin Firth en général Ennnemore, Benedict Cumberbach en autoritaire colonel Mc Kenzie et l’impérial Mark Strong (en capitaine Smith) qui glisse à Schofield, surpris : « Quand vous serez face au colonel McKenzie, exigez de lui parler devant témoins. Car il y en a qui encouragent le combat, vous savez... »

Le visage de Richard Madden

Tous impressionnants de rigueur et de justesse, même le temps d’une apparition. Comme Richard Madden, séduisant lieutenant Blake, que Schofield, sa mission essentielle remplie, rencontre enfin pour s’acquitter de sa tâche la plus douloureuse.

Tous les apprentis acteurs devraient voir ce film pour admirer la façon dont le visage de Richard Madden se décompose alors sous nos yeux. La douleur marque ses traits alors qu’il reste impeccable de sang-froid. « C’est bien que vous ayez été là pour lui », lâche-t-il à Schofield, éperdu. Un soldat qui incarne en fait, Alfred Mendes, le grand-père du réalisateur à qui ce film, intense et beau, est naturellement dédié.    


Fiona Franchi                  

Sortie du film : 15 janvier

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