février 22, 2020

Critique du film "NOTRE DAME" de Valérie Donzelli

Pierre Deladonchamps, Valérie Donzelli / Copyright Scope Pictures - Les Films de Françoise

Résumé du film : Si Paris valait bien une messe, Notre Dame, elle, valait bien un film. C’est fait. Et même deux fois. Par France 2, ce mercredi 18/12 à 21h05 avec un superbe docu-fiction sur sa construction. Et par Valérie Donzelli, réalisatrice de ce film à la fois hommage au bâtiment et motif de cette comédie farfelue. De quoi ne plus rien ignorer sur cette beauté des quais de Seine.

Née dans les Vosges (comme elle), mais vivant à Paris, Maud Crayon, le personnage de Valérie Donzelli, est une architecte et mère célibataire qui, à la faveur d’un quiproquo, remporte le concours envié d’aménagement du parvis de Notre Dame. Quand on lui précise le budget dont elle disposera (121 millions d’euros), elle s’évanouit. Et reprend ses esprits dans les bras d’un journaliste et amour de jeunesse (Pierre Deladonchamps) qui ne va pas simplifier sa vie amoureuse déjà compliquée par un amant (Pierre Scimeca) qu’elle n’arrive pas à quitter.

Un joyeux fouillis

Fan de l’écossais qu’elle arbore tout du long du film (en robe de grossesse et robe de chambre d’où économie de budget), la réalisatrice s’est inspirée des polémiques de l’Opéra Bastille et de celle des colonnes de Buren au Palais Royal pour alimenter cette comédie qui agite mairie de Paris, politiciens et courtisans obséquieux où se distingue l’irrésistible Philippe Katerine.

Mais, à trop courir après tous ces sujets mêlés, elle engendre une sorte de joyeux fouillis où l’on ne sait plus si elle peaufine une ode à Notre Dame ou un essai de comédie musicale, l’une de ses ambitions. En tout cas, elle parsème son film de chansons dont la plus réussie est une sorte de chant canon entre tous les amoureux du film (comme elle et Pierre Scimeca ou Virginie Ledoyen et le tendre Bouli Lanners). 

Incroyable énergie

Spectatrice du monde, Valérie Donzelli n’oublie pas non plus de s’interroger sur les migrants qui squattent devant ses fenêtres ou le stress parisien né des attentats. D’où ces énervés qui balancent des gifles aux passants plus surpris qu’indignés. Une façon de stigmatiser son rapport passionné à la capitale dont elle est sans doute la dernière cinéaste à avoir filmé notre cathédrale avant cet embrasement du 15 avril dernier dont elle fut, comme nous tous, la spectatrice bouleversée.

Avec ses bottines et son rouge à lèvres vermillon, Valérie Donzelli démontre dans ce film une incroyable énergie. Une sorte d’aptitude innée à tout mener de front : enfants, métier, repas et chassé-croisé d’amants par-dessus le marché.

« Tu vas me filer le train encore longtemps ?», l’apostrophe ainsi Pierre Deladonchamps, plutôt ravi qu’elle soit venue le quérir à bicyclette à sa sortie d’un court séjour en prison pour « l’emprunt » d’une robe d’avocat. Un rire pour toute réponse sert de jolie conclusion à ce film imparfait, mais réjouissant.        

Fiona Franchi


Sortie du film : 18 décembre

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