avril 06, 2020

Rencontre avec l’équipe du film « SAUVAGE »

En photo Félix Maritaud - copyright Pyramide distribution En photo Félix Maritaud - copyright Pyramide distribution

Résumé du film : Léo, 22 ans, prostitué gay, monnaie ses charmes au Bois de Boulogne. Une vie qui n’épargne ni son corps ni son cœur. Car Léo cherche désespérément l’amour. 


Inutile de chercher celui qui, début 2019, décrochera le César de la révélation masculine. C’est Félix Maritaud qui, dans ce premier film de Camille Vidal-Naquet, incendie l’écran. Dans un rôle aussi éprouvant que révélateur d’un talent rare. Une plongée dans l’univers interlope de la prostitution masculine éclairée par des acteurs au top et un beau personnage de médecin joué par Marie Seux.

Comment est né ce film ? D’une observation du milieu de la prostitution ?

Camille Vidal-Naquet : Non. D’un personnage développé dans mes courts métrages précédents. Un garçon d’une vingtaine d’années, seul au monde, qui cherche l’amour dans un monde qui en est dépourvu. Un marginal au-dessus des règles qui vit une suite d’instants. Mais avance en permanence au gré de ses rencontres.

Ce premier essai correspondait à la réalité ?

C.V.N. : Pour le vérifier, j’ai pris contact avec une association («Aux captifs, la libération») qui s’occupe de la précarité et de la prostitution dans Paris. Je leur ai posé pas mal de questions et suis allé avec eux faire des maraudes au Bois de Boulogne. Happé par tout ce que je voyais, ça a duré des mois. Au bout desquels je me suis enfin attaqué au film.

Pourquoi l’avoir tourné à Strasbourg ?

C.V.N. : Parce que nous avons eu l’aide de la région Grand Est et de l’Euro-Métropole de Strasbourg.

Comment entre-t-on physiquement dans un rôle pareil ?

Félix Maritaud : Je ne suis pas rentré dans le rôle. Je me suis plutôt rendu disponible au personnage. Par une approche physique basée sur des ateliers de danse et la réactivité du corps aux émotions. Après, en plateau, c’était un truc de concentration, de disponibilité et de lâcher-prise. Grâce à Camille qui m’a beaucoup aidé.

Aviez-vous hésité à accepter ce rôle ?

F.M. : Non. J’ai lu le scénario d’un trait, puis rencontré Camille, fait le casting et c’était lancé.

C.V.N. : Il fallait en effet une adhésion absolue. Par tous les comédiens. Un don de soi, une intensité et une joie à faire ça. Ce qui était le meilleur moyen d’être tous à l’aise. Car c’est un film âpre où tout est montré. Y a pas de précaution.

Le personnage de Léo ressemble vraiment aux prostitués que vous avez observés ? 

C.V.N. : Il faut différencier l’observation de l’imagination. Cet univers, c’est un mix d’émotions et de sidération. Un monde dont la société s’est totalement retirée. D’ailleurs la police n’y va même pas. Les garçons ont établi des codes et se débrouillent entre eux. Mais le personnage que joue Félix est imaginaire et ne correspond pas à ce que j’ai pu observer. Car il a confiance et un don de soi qui est fort et émouvant, mais dont certains abusent. Il est, en quelque sorte, en marge d’une marge.

Le film montre des gestes de tendresse entre hommes. Et, dans une superbe scène chez le médecin, celle de cette praticienne envers Léo. Qui vous l’a inspirée ?

C.V.N. : Mon médecin qui me suit depuis 25 ans. Car elle est comme ça, bienveillante, attentive et sans jugement. Ce que rend parfaitement Marie Seux, la comédienne strasbourgeoise qui l’interprète.

D’après la scène finale, diriez-vous que Léo est insauvable ou simplement libre ?

C.V.N. : Le film ne juge pas. Si liberté il y a, c’est l’absolu de l’instant. Une sorte de liberté totale de l’être et de sa capacité de choisir.    

                            


 Recueilli par Fiona Franchi

Sortie du film : 29 août. Interdit aux moins de 16 ans.                                                                                     

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