avril 09, 2020

Rencontre avec Alex Lutz, réalisateur de "GUY"

Alex Lutz - Copyright Apollo Films

Résumé du film : A 40 ans, Alex Lutz signe ce deuxième film où cet adepte de la métamorphose se transforme en crooner de 74 ans, le dénommé Guy Jamet. Un ex yé-yé filmé par son fils caché.


Un film qu'Alex Lutz a dédié à deux personnes : Ferdinand, son fils de 11 ans et Tom Dingler, son meilleur ami, qui joue Gautier, le cameraman. S'y ajoute une dédicace discrète : "A nos pères". Une sorte de déclaration d'amour aux chanteurs des années 70 qui font toujours vibrer avec leurs tubes.

 

A un moment, Guy Jamet dit à Gautier, ce fils inconnu : « J’aimerais t’apprendre à monter à cheval ».  Une première leçon en somme ?

Alex Lutz : Tout le film est une série de leçons. Guy se dépoussière tout en se cabrant. Mais en se cabrant, il retrouve aussi sa souplesse d’esprit. Et Gautier, à qui sa rédaction doit demander de rapides sujets à la mode, tombe sur un homme qui lui dit : « Mon rythme, c’est celui-là mon garçon. Et c’est pas à 74 ans que je vais en changer ». Ce choc des titans crée donc un roman d’apprentissage pour les deux.

Apprentissage aussi de la façon dont travaille un chanteur avec son équipe. Comme cette belle scène de répétition dans le bus avec les choristes. C’est improvisé mais très au point.

A.L : C’est une reprise de répétition comme on en fait tous. Comme moi avec mes sketchs. On joue sans jouer. On ne va pas à fond, mais on peaufine. Ça montre aussi que l’harmonie d’un groupe n’est pas évident. Ça se bosse en permanence.

Dave disait l’autre jour que dans les années 60-90, il y avait les stars (Hallyday, Claude François) et d’autres chanteurs cotés en grande rivalité.              

A.L : Ce que je sais, c’est que cette période (celle de Guy Jamet donc) coïncida avec la pleine industrie du disque. Moi, je suis humoriste et je n’ai pas fait ce film pour rien. J’ai une chance folle d’avoir du succès, Mais dans ma catégorie aussi il y a un peloton de tête. Dans le disque, c’est pareil. A l’époque, il y avait les têtes de proue et d’autres qui, avec quelques grands succès, ont tenu la barre longtemps. Ce qui était loin d’être honteux.

Comme Daniel Guichard qui, aujourd’hui encore, en chantant “Mon père” nous tire les larmes.

A.L : Ah, oui, ça c’est un immense standard qui l’a propulsé. Mais Daniel Guichard a aussi un vrai répertoire.

Pensez-vous, comme Guy Jamet, qu’être artiste, c’est un état d’âme ?

A.L : Oui. C‘est la grande injustice du métier d’ailleurs. Car la réussite d’une carrière, c’est le mélange de plein de choses. Une alchimie faite d’un mélange de chance, de talent, de sens des affaires, d’énergie et de refus parfois. Bref, beaucoup d’ingrédients.   

Étant jeune et fan, quels artistes admiriez-vous ?

A.L : Côté chanteurs : Renaud, Higelin, Stevie Wonder, les Béruriers Noirs. Côté acteurs : Dustin Hoffman, Meryl Streep, Michel Simon, Arditi, Elisabeth Taylor, Shirley McLaine, Suzy Delair et Patrick Sébastien, car je regarde “Le grand cabaret” avec autant de plaisir qu’un Beckett. 


Recueilli par Fiona Franchi

Sortie du film : 29 août                                                                                     

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