avril 08, 2020

Rencontre avec François Damiens, réalisateur du film « Mon Ket » tourné en caméra cachée

François Damiens

Résumé du film : Dany Versavel s‘évade de prison pour retrouver son « ket » (son fils), Sullivan, 15 ans. Et reprendre son éducation à sa manière. Au programme : arnaques, magouilles et coups fourrés.


François Damiens est un grand enfant de 45 ans. Son plaisir : piéger les gens avec ses caméras cachées dont il est devenu un maître. Passant cette fois du simple sketch au long métrage, il épingle les clients d’un bar-tabac, un joueur de foot, les parents d’une copine, un chirurgien plasticien et une aimable promeneuse philosophe.

Pour résumer le film, diriez-vous que la paternité est une joie, une épreuve, une responsabilité ou une mission impossible ?

François Damiens : Je dirais une responsabilité. Je m’en suis rendu compte lors de la naissance de mon premier fils. En sortant de la maternité, je conduisais déjà différemment. Je ne doublais plus les voitures comme avant. Pour faire un parallèle avec le film, Versavel peut paraître un père critiquable, mais il lui donne pourtant les deux valeurs fondamentales : son temps et son amour. Ça le rend touchant.

Dans la scène d’hôpital avec l’infirmière et celle du chirurgien, comment avez-vous fait pour installer les caméras ?

F.D : On les a délocalisés. En faisant appeler l’infirmière en renfort dans un autre service. Et pour le chirurgien, en prétextant la nécessité d’utiliser un autre bureau.

Le chirurgien est celui qui change le plus d’expressions pendant l’entretien. Il est largué…

F.D : Surtout quand il comprend que je veux changer de tête, car je suis en cavale. Et qu’il lâche :« Alors, là, on rentre un peu dans le borderline… » C’est pourquoi je les ai tous filmés en très gros plans pour bien capter les émotions sur leurs visages. Avec sept caméras cachées pour chaque scène. Tout ça est assez compliqué à faire. D’ailleurs le tournage a duré un an et demi.

Pour l’anniversaire avec la venue d’un joueur de foot, vous étirez la scène presque jusqu’au malaise. Car le cadeau tombe à plat.

F.D : C’était le but. Je voulais montrer que souvent, quand les gens ont beaucoup d’argent, ils pensent qu’on peut tout acheter. Et qu’en faisant venir Eden Hazard, ce n’est pas son fils qu’il contente. Il se fait surtout plaisir à lui-même.

Il n’y a qu’une « piégée » qui le recadre gentiment : cette femme rousse assise sur un banc. En lui disant : « Vous n’avez aucun raffinement au niveau éducation ».

F.D : C’est bien pourquoi je voulais tourner en Belgique. Car, qui va perdre une demi-heure de son temps pour expliquer à un homme qui vous drague qu’il n’est pas la bonne personne ? En général les gens se lèvent. À Paris, si vous demandez l’heure à quelqu’un, il n’a même pas le temps de vous la donner. Ici, cette femme, m’éduque et gratuitement. Ça, c’est la vraie générosité.  

Vous critiquez beaucoup les Français qui, dites-vous, ne voient dans les Belges que des voisins « décalés ». Pourtant, depuis deux ans, Charline Vanhoenacker s’est bien employée à nous recadrer.

F.D : Ah, Charline ! J’aime beaucoup ce qu’elle fait. Et j’aimerais bien sortir avec elle… 


Sortie du film le 30 mai

Recueilli par Fiona FRANCHI

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