mai 26, 2020

Nos Plus Belles Vacances

nosplusbelles-ncyCarte postale d’un été 1976 en Bretagne, Nos Plus Belles Vacances est la première réalisation de Philippe Lellouche. Entre souvenir nostalgique et fiction comique, ce premier essai n’est pas exempt de maladresses ; mais la tendresse du regard porté sur l’enfance, sa légèreté et la présence solaire de Julie Gayet en font incontestablement un très rafraîchissant divertissement.

 

   

Eté 1976. Isabelle découvre que son mari, Claude, a une maîtresse. Sans même avoir pu discuter de leurs problèmes de couple, ils partent en vacances, embarquant les enfants dans leur petite voiture en route vers la Bretagne, où les rejoignent leurs meilleurs amis : Bernard et Bernadette ; Jackie et Marie-Jeanne. Les choses semblent mal parties dans le petit village du Rocher-Abraham où tout leur semble rustre ! Avec leur accent bizarre, les Bretons semblent parler une autre langue ; les enfants sont déçus de ne pas être à la mer ; les adultes de devoir aider  les villageois aux champs plutôt que de lézarder sur une terrasse à boire du pastis. Pourtant « La Bretagne, ça vous gagne ! » et bien vite le coup de cœur se produit entre les Parisiens et les Bretons. A hauteur d’enfant, c’est même carrément le coup de foudre ! Simon vit ses premiers émois en contemplant les beaux cheveux bouclés de Marie-France, dérivant amoureusement sur un radeau à ses côtés.

Pour sa première réalisation, Philippe Lellouche a choisi un sujet apparemment dans l’air du temps : le film de vacances, entre potes, avec les petits tracas familiaux que cela comporte. Pourtant, si Nos Plus Belles Vacances se déroule en l’an de grâces 1976, c’est parce qu’il s’inspire très fortement des souvenirs nostalgiques de son auteur, réalisateur et interprète. C’est là sa plus grande qualité : la sincérité de l’émotion avec laquelle Philippe Lellouche filme les péripéties enfantines. La joyeuse bande de gamins du film est indéniablement attachante. La tendresse du réalisateur pour ce monde où tout est amusant, tout débride l’imagination, où les sentiments sont pleins et entiers, est palpable ; notamment dans les scènes où le fils relate son admiration pour son père, héros qui sauva un de ses comparses de la noyade, ou lors d’une discussion père-fils sur l’Occupation et la Collaboration.

plus-belles-film

On ne peut également que louer les tentatives de Lellouche pour glisser çà et là des références à des moments plus graves ou plus fondateurs de l’Histoire française dans ce temps-charnière qu’est l’année 1976 : une discussion sur l’avortement, alors que la loi Veil s’apprête à passer, fournit l’occasion de rappeler que le mouvement d’émancipation des femmes est récent, et qu’il a été plus conquis qu’acquis. Les accès de blues qui saisissent Jackie, sont l’occasion d’évoquer la blessure pas encore cicatrisée que fut la Guerre d’Algérie. La jalousie d’un voisin évoque la 2e Guerre Mondiale et la meurtrissure que fut au cœur-même de la nation le Gouvernement de Vichy. Il est toutefois un peu dommage que ces pistes ne soient pas davantage exploitées, bien que Philippe Lellouche ait le mérite de les ouvrir sans que cela n’alourdisse l’atmosphère comique de ce film familial.

En revanche, on tiquera peut-être un peu devant la peinture qui est effectuée du monde adulte, bien moins réussie que celle de l’univers enfantin. Surtout on pourra s’agacer du fait qu’une fois de plus les Provinciaux sont décrits comme des êtres bourrus et rustauds, vivant dans une ruralité a-temporelle, que les Parisiens viennent sauver en leur apprenant comment moderniser leur économie et rentabiliser leurs moyens de production. On pourrait soupçonner là une certaine condescendance, si la bonne foi avec laquelle Lellouche professe tout au long du film son amour pour ce bel été 1976 mi-fiction mi-souvenir ne transparaissait pas autant.

Et puis, du point de vue de l’interprétation, ce qu’il faut dire, c’est surtout qu’il y a Julie Gayet dans le rôle d’Isabelle : à la voir ainsi, solaire et légère, on se demande vraiment pour quelle obscure raison on ne la voit pas plus au cinéma ! Gérard Darmon est comme toujours, drôle et très à l’aise. La complicité qui unit les personnages traverse l’écran et touche directement le spectateur, qui passe un bon moment en leur compagnie.

Ainsi, si le premier essai de Philippe Lellouche en matière de réalisation n’est pas parfait, il réussit toutefois un très agréable divertissement, une belle carte postale ensoleillant un peu les cœurs en ce long hiver.

Notre avis:etoile-mini-25x25etoile-mini-25x25etoile-moitiemini--grisee-25x25etoile-mini--grisee-25x25etoile-mini--grisee-25x25

Nos plus belles vacances 

Comédie (01h34min)

De  Philippe Lellouche

Avec Philippe Lellouche, Julie Gayet

Juillet 1976, année de la canicule. Claude, juif d’Algérie arrivé en France quinze ans plus tôt, emmène sa jeune femme Isabelle, ses deux garçons et sa belle mère en Bretagne. C'est Isabelle, ayant pris Claude en flagrant délit d'adultère, qui a choisi pour les vacances le petit village où elle est née. Dès le lendemain de leur arrivée, Bernard et Bernadette, Jacky et Marie-France, deux couples d'amis, les y rejoignent. Au Rocher Abraham, ils sont accueillis avec méfiance par les autochtones à l'accent rugueux comme leurs mains... Principalement au café Pondemer, le café du village où les hommes se retrouvent. Juifs pieds-noirs, bretons catholiques, Parisiens, provinciaux... : la cohabitation n'est pas facile. Mais ce sont des hommes avant tout. Des vrais. Alors peu à peu, avec beaucoup d'humour, avec humanité, avec empathie, les choses vont évoluer, des liens se tisser... Le passé, les vieilles rancœurs, les inimitiés, seront balayés ! Laissant la place à l'amitié, aux émotions, aux amours de vacances... Des moments de vie qu'on n'oublie pas. Sentiments humains que chacun de nous connaît... Et le couple Claude-Isabelle qui se ressoude. Au Rocher Abraham, à vingt cinq kilomètres de la mer, même Bibou et Simon, deux frères complices, vont vivre un bel été. Leurs plus belles vacances ! Pour Simon surtout, qui va connaître ses premiers émois, son premier baiser, son premier amour.

{youtubejw}g6EpUENPtIs{/youtubejw}

 

A découvrir  : l'interview du réalisateur et de l'équipe 

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Dernière modification le jeudi, 15 mars 2012 10:04

Ici-c-Nancy TV

Retrouvez-nous sur Facebook

L'agenda des sorties

Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim