Homicide à Nancy : "Ce qui est arrivé à cette femme ça aurait pu être à moi"

Nancy. Fadila une femme de 47 ans a été retrouvée sans vie lundi au pied de son immeuble à Nancy, le propriétaire de l'appartement suspecté a été placé en garde à vue puis écroué.  Colère d'une autre victime du propriétaire et témoignage.
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Le drame s'est déroulé au 4ème étage de la résidence "Les Sources" du 31 rue de la Colline à Nancy. Capture d'écran Google street view

L'émotion est encore vive, mais elle a laissé place à la colère. Samia* (le prénom a été changé) a été locataire d'un autre appartement de Christophe Voignier, un chauffeur de taxi au profil trouble. Harcelée pendant près d'un an dans son logement, elle a réussi à partir au mois d'avril dernier, après avoir vécu un véritable cauchemar, selon elle « les faits auraient pu être évités », nous explique-t-elle. Au mois de mai, elle avait déjà déposé une plainte, un regroupement de victimes avaient été réalisé par la police, selon elle le propriétaire chauffeur de taxi de profession s'adressait surtout à des jeunes filles seules ou des mères isolées.

« Toutes les femmes qui sont passées dans son taxi avaient les mêmes propositions faire sa secrétaire, faire du ménage » explique-t-elle la voix encore nouée, car « j'ai connu d'autres victimes par le biais d'une assistante sociale ». 

Elle aussi y avait cru, dans son taxi il lui avait proposé un appartement « à ce moment-là on croit à la bonne étoile », mais c'est une autre réalité qu'elle a découvert au fil des mois « un enfer », lance la jeune femme. Pour elle, le propriétaire profitait de la situation délicate de ses victimes pour harceler certaines de ses locataires. Le motif du harcèlement était-il l'argent ? Pas seulement ! Samia, séparée de son compagnon était « à jour dans ses paiements » et lorsqu'elle a quitté son appartement c'est même lui qui lui devait de l'argent, sur sa caution versée par chèque de 380 euros, il lui avait rendu un chèque de 47 euros en lui affirmant « tu le regretteras tu l'as mérité t'auras pas tes sous ». Des menaces ou des mots prononcés sans hausser le ton « C'était quelqu'un qui ne s'énervait pas, quelqu'un de zen, quelqu'un qui vous dit des mots crus, qui vous voit à 2 heures du matin, qui vous suit en taxi » selon Samia qui insiste « J'ai pris cet appartement parce que je ne savais pas, j'ai vécu un an d'enfer dans cet appartement et je ne suis pas la seule ». Selon elle la victime « devait être un peu dans notre cas, il a dû lui faire des avances, des propositions de paiements ».

« Pourquoi on ne m'a pas écoutée ? »

Samia se sentait constamment observée, traquée dans les sous-sols de l'immeuble et était contactée par SMS « c’est un pervers » lâche le souffle coupé l'ancienne locataire qui a souhaité sortir de l'ombre et alerté la police des faits il y a quelques mois, « pendant un an je n'étais pas tranquille dans 25 m2, je sortais d'une séparation (...) Il avait le double des clés de chez moi et s'introduisait régulièrement, un jour j'en ai eu marre, j'ai changé de serrure et il m'a cambriolé, il a volé des vêtements et sous-vêtements." La jeune femme alerte la police qui vient constater le vol, l'homme s'enfuit dans son taxi. D'autres locataires sont victimes de ses actes, « une autre voisine a même été frappée au mois de juillet » nous confie-t-elle mettant en avant la personnalité trouble de l'homme séparé et père de famille se vantant d'être riche auprès de ses locataires. La femme pressentait le drame « je sentais qu'il serait capable de me balancer du cinquième et dire que je suis suicidaire... je le disais, ça se terminera, en drame, il y aura quelque chose, j'en suis malade, d'imaginer ce qui c'est passé à cette femme ». 

En apprenant que Samia* avait déposé plainte, le propriétaire voulait alors régler ses comptes avec elle en affirmant récemment à une autre locataire « elle va me le payer », mais heureusement Samia*  avait passé tout le mois de juillet à l'étranger en vacances. 

J'ai appris par un ami mardi la mort de cette femme « je n'ai pas cru à un suicide j'étais effondrée, il est tellement vicelard et machiavélique, il va certainement vouloir maintenant se faire passer pour fou », craint Samia*.

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