Vandoeuvre-lès-Nancy : la victime avait reçu 17 coups de couteau

Nancy. L'enquête sur le meurtre de Hafid Sahrij âgé de 34 ans dans un appartement vandopérien se poursuit. Une conférence de presse se tenait au parquet de Nancy vendredi pour revenir sur les faits qui semblent s'être déroulés à huis-clos entre la victime et son meurtrier.

TGI290313.icicnancyDe gauche à droite Yvon Calvet, procureur adjoint, le commissaire Kotnik commissaire de la Sûreté Départementale et le Capitaine Laprevotte. crédit photo ici-c-nancy.fr

Que s'est il exactement passé dans un des appartements du second étage situé au 13 rue de Bavière à Vandoeuvre ? Pour le moment, l'enquête se poursuit et le parquet a dévoilé vendredi quelques éléments autour du mystérieux appartement fermé à clef qui abritait le cadavre de Hafid Sahrij marqué de 17 coups de couteau localisés dans le thorax et dans le dos. Yvon Calvet procureur adjoint confiait la « présence d'éléments à charge contre le suspect » un dénommé M. Ahmed confirmant « des investigations toujours en cours » qualifiant l'enquête « d'exercice délicat » puisque le principal suspect nie toujours les faits.

Selon le commissaire Kotnik, le patron de la Sûreté départementale, la police est intervenue, prévenue par des voisins, rue de Bavière à Vandoeuvre pour une personne blessée par arme blanche « cette personne était blessée et décédée à l'arrivée des sapeurs pompiers et présentait de multiples plaies dues à des coups de couteau ». À partir des premières constatations, le locataire a été interpellé très rapidement ainsi qu'un deuxième individu le lendemain matin désigné comme le principal suspect et faisant partie des connaissances du locataire . Les trois protagonistes, le locataire, la victime et le principal suspect « ont des antécédents judiciaires » confirme le capitaine Laprevotte. Les perquisitions et témoignages ont permis de découvrir tout un réseau de présomption qui laisse à penser aux enquêteurs que M.Ahmed aurait pu commettre le crime. Ce que l'individu en question réfute.

« D'après les voisins, M. Ahmed était un voisin poli et respectueux » Maître Déborah Carmagnani

Des circonstances troubles, M. Ahmed désigné principal suspect

Beaucoup d'interrogations subsistent et le conditionnel est omniprésent dans cette affaire, au cours de ses auditions le locataire de l'appartement, un homme âgé de 40 ans a déclaré qu'il hébergeait depuis plusieurs années la victime.  « Le locataire n'aurait pas participé à la scène, il n'aurait “à priori " pas été présent au moment des faits » confie Yvon Calvet. Selon la version du locataire, c'est en voulant rentrer chez lui peu après 20 h 30 qu'il aurait découvert sa porte close et ne pouvant plus y entrer il aurait alors alerté ses voisins pour forcer la porte avant d'y pénétrer et d'y faire la macabre découverte. Les secours et la police ont alors été appelé aussitôt sur les lieux. Combien de temps s'est-il passé entre le décès de Hafid Sahrij et la découverte du corps ? « Très peu de temps » estime le capitaine Laprevotte.

L'enquête s'est rapidement orientée autour de deux individus, le locataire interpellé et placé en garde à vue a échappé à la mise en examen, mais a été écroué en exécution d'autres peines liées à deux affaires de vol, il devra passer 8 mois derrière les barreaux. Le deuxième individu et principal suspect dans cette affaire interpellé le lendemain des faits s'appelle M. Ahmed, un vandopérien âgé de 45 ans qui était le seul des trois à exercer une activité professionnelle en tant qu'intérimaire. C'est un familier de l'appartement, « il venait de temps en temps » déclare le commissaire Kotnik, « la seule chose qu'il nous dit c'est qu'il était à un moment donné présent dans l'appartement ce soir-là » ajoute le capitaine Laprevotte. La grande inconnue reste le motif de la dispute entre les protagonistes d'un meurtre qui s'est déroulé à huis-clos, « les circonstances s'inscrivent sur un fond de consommation de stupéfiant »  (Héroïne) confie encore Yvon Calvet excluant la thèse du règlement de compte. Selon l'avocate du principal suspect Maître Déborah Carmagnani, son client reconnait « avoir été présent dans l'appartement au courant de l'après-midi, mais en être parti à l'arrivée d'un individu » avec lequel Hafid Sahrij aurait noué « une discussion houleuse » toujours selon les déclarations de son client.

La présence d'une troisième personne sur laquelle est resté muet le parquet ce vendredi. D'autre part, les personnalités de la victime sont troubles estime l'avocate « M. Sahrij s'adonnait à un trafic de stupéfiants de grande importance dans cet appartement, puisque 10 à 20 clients y étaient servis chaque jour » et le locataire n'est pas en reste « ce dernier a des pathologies psychiatriques et ne prend pas régulièrement son traitement » nous confie l'avocate.

Si les certitudes sont maigres dans cette affaire, les investigations futures pourront apporter des preuves matérielles et techniques. Pour l'instant, plusieurs armes ont été appréhendées sur les lieux du crime, une auopsie a été effectuée alors que des prélèvements ADN et des analyses toxicologiques ont été envoyés dans des laboratoires de la région a précisé le parquet .

En attente des résultats et des investigations nécessaires, M. Ahmed a été présenté au juge d'instruction vendredi en fin d'après-midi puis mis en examen du chef de meurtre et placé en détention provisoire à Metz par le Juge des Libertés et de la Détention . 

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