Vandoeuvre-lès-Nancy : un laboratoire de conditionnement d'héroïne démantelé, 3 individus mis en examen

Les investigations de la DTPJ à Nancy ont permis de démanteler, à Vandoeuvre-lès-Nancy un laboratoire de coupage et de conditionnement d'héroïne d'ampleur. La valeur des produits à la revente est estimée à environ 350 000 euros .

L'affaire débute le 24 septembre 2021 dans un immeuble situé rue de la Côte à Nancy. Ce jour-là, dans le cadre d'une procédure d'impayés de loyers et d'une ouverture de porte, les autorités découvraient que l'appartement s'inscrivait en lien avec un trafic de stupéfiants. La DTPJ de NANCY était saisie de l'enquête.

D'après les constatations effectuées par les services de police, l'appartement n'était pas meublé et ne correspondait pas du tout à un lieu de vie. "Une porte dégondée et posée sur deux tréteaux faisait office de table. Il était découvert 5,320 kilogrammes de produit de coupe, une presse (outil volumineux et caractéristique permettant de presser de l'héroïne en pain ), des masques chirurgicaux usagés, des masques à cartouches usagés, des balances, des gants usagés, des sachets déchirés et vides de gants et combinaisons jetables, des cutters , quelques vêtements , et un sac cabas rempli de sacs vides contenant des résidus de traces brunâtres. Sur le mur mitoyen, l'appartement avait été insonorisé par des plaques de mousse alvéolées. Il s'agissait manifestement d'un appartement ayant servi à un « laboratoire » de conditionnement d'héroïne.", indique le procureur de la République François Pérain. 

Les relevés de la Police technique et Scientifique dans cet appartement ont permis d'établir la présence de deux ADN masculins dont l'un était matérialisé grâce à une trace sur un mégot de cigarette. En outre, des surveillances permettaient l'identification d'un troisième suspect.

Les investigations orientaient les policiers sur l'utilisation d'un second appartement situé au rue Raymond Poincaré à Vandoeuvre-lès-Nancy "comme laboratoire de conditionnement de produits stupéfiants comme l'avait été [celui de la ] rue de la côte à Nancy", précise le Procureur de la République de Nancy.

Les trois trentenaires mis en examen et placés en détention provisoire

Le 19 octobre 2022, alors que l'un des suspects sortait de l'appartement situé rue Raymond Poincaré à Vandoeuvre-Lès-Nancy, il était interpellé à 09h55 et placé en garde à vue. Il était trouvé porteur de la clé de l'appartement de conditionnement et au niveau de l'entre jambe d'un sac plastique contenant un grand nombre de sachets d'héroïne. Dans l'appartement " la somme de 56 490 euros ; 1 pistolet 357 magnum non approvisionné avec 7 cartouches de 357 magnum ; 5,837 kilogrammes d'héroïne , 17,3 kilogrammes de produit de coupe, 57 grammes de cocaïne ; 759 grammes de poudre blanche , une presse avec cric hydraulique , des sachets de conditionnement, des spatules, des marteaux, le tout permettant de conditionner, couper et presser de l'héroïne.", indique le magistrat. 

Le même jour, un deuxième suspect était interpellé et placé en garde à vue. Il exerçait son droit au silence. Le lendemain, le troisième mis en cause présumé était extrait de la maison d'arrêt de Nancy-Maxéville où il exécutait une peine de 30 mois dont six avec sursis pour des violences conjugales depuis le 13 juillet 2022 et il était placé en garde à vue. Il niait toute implication dans un trafic de stupéfiants et n'expliquait pas la présence de son ADN sur le mégot de cigarette.

D'après François Pérain, procureur de la République de Nancy, cette enquête diligentée par la DTPJ à NANCY a permis de démanteler un laboratoire de coupage et de conditionnement d'héroïne d'ampleur. "Les importantes quantités de produit stupéfiants, de produit de coupe et d'argent retrouvés lors de l'opération de police judiciaire permettaient d'estimer la valeur de revente des produits découverts à environ 350 000 euros".

Les trois mis en cause sont nés en 1991 et 1992. L'un avait déjà été condamné à une reprise pour un fait de détention de stupéfiants, un deuxième pour "recel de vol, violences et délit routier" et un troisième n'était pas connu de la justice. Ils étaient présentés samedi 22 octobre devant un juge d'instruction qui les a mis en examen pour trafic de stupéfiants. Les trois suspects ont été placés en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention.