Jeunes filles piégées sur le net pour obtenir des contenus intimes : un Nancéien appréhendé

Photo d'illustration - DR Photo d'illustration - DR
Faits divers. Attirées par la promesse d'un casting pour une agence de mannequins, plusieurs jeunes femmes dont des mineures ont été piégées afin de livrer d'elles des photos et vidéos intimes. Un Nancéien de 21 ans a été interpellé.

Le point de départ de l'affaire s'inscrit en 2021, la brigade de protection de la famille du commissariat de Nancy se voyait confier deux procédures distinctes pour des faits de corruption de mineur en Belgique et à Châteauneuf-du-Pape dans le Vaucluse. Au coeur de l'affaire, un réseau social et de fausses annonces de recrutement pour une prétendue agence de mannequins (« KateMoss Agency » ou « Models.com »). Pour ce casting féminin, une femme évoquait la nécessité d'envoyer des photos et vidéos dénudées. Des échanges qui aboutissaient sur des demandes de poses plus osées allant jusqu'à demander de "s'insérer sexuellement un objet".  

Derrière l'écran, il ne s'agissait pas d'une femme, mais d'un homme qui avait échaudé un stratagème. Le suspect, un Nancéien de 21 ans, avait été interpellé une première fois le 14 décembre 2021, son matériel avait été saisi. 

Des fichiers, de plusieurs centaines de jeunes filles dénudées, retrouvés lors des investigations 

"Le premier niveau d'analyse par le policier NTECH de Nancy mettait en évidence l'existence de photos et vidéos parfois à caractère pornographique de plusieurs centaines de jeunes filles dénudées. Compte tenu de l'ampleur des analyses à effectuer, le département cyber de la gendarmerie était co-saisi pour apporter un soutien logistique et technique à la sûreté départementale de Meurthe-et-Moselle. La poursuite des investigations permettait de déterminer que le mis en cause possédait plusieurs comptes « MEGA » hébergés sur un serveur néo-zélandais laissant supposer des transactions ayant pour objet des fichiers pédopornographiques.", précise un communiqué transmis par François Pérain, procureur de Nancy.  

"L'analyse des conversations et vidéos retrouvées sur les supports informatiques établissait que des jeunes filles mineures avaient été sollicitées aux fins de commettre des pénétrations sur elles-mêmes postérieures au mois d'avril 2021. Ces faits, conformément au nouvel article 222-22-2 du code pénal ( loi du 21 avril 2021) sont susceptibles de revêtir la qualification de viol sur mineur".

A ce jour, 9 plaintes ont été reçues dont deux portant sur des faits de viol sur mineur. De nombreuses victimes ont été identifiées sans que les plaintes aient à ce jour été prises en compte et de nombreuses autres n'ont pas encore été identifiées, précise le parquet. Le mis en cause a été à nouveau interpellé le 27 septembre 2022, la prolongation de la garde à vue a été prolongée, une information judiciaire devrait être ouverte ce jeudi 29 septembre 2022.