Viol à Nancy : le suspect déjà condamné pour le meurtre d'une septuagénaire

Faits divers. Un trentenaire a été mis en examen et placé en détention provisoire pour le viol d'une jeune femme aux alentours du pont mobile de Nancy sur le secteur de la rue de Malzéville. 

C’est une plainte et un signalement qui ont permis aux enquêteurs d’interpeller le suspect dont l'ADN avait matché. L’affaire remonte au 27 avril 2022 lorsqu’une jeune femme de 22 ans de retour de son lieu de travail était agressée sexuellement vers 22h30 sous la menace d’un couteau. à proximité du canal de la Marne au Rhin « A l'approche du pont mobile de Malzéville, un individu réussissait à la violer sous la menace d'un couteau. Puis, il la menaçait de mort, ainsi que sa famille, si elle venait à déposer plainte », explique François Pérain, procureur de la République de Nancy. Des analyses génétiques étaient dès lors diligentées en urgence et quelques jours plus tard le 2 mai 2022, un ADN masculin était découvert sur l'écharpe et sur les écouvillons effectués lors de l'examen médico-légal. Cet ADN correspondait à celui d'un homme déjà enregistré au Fichier national automatisé des empreintes génétiques ( FNAEG). Il s'agit d'un homme de 37 ans exerçant la profession de jardinier auprès d'une association d'insertion, ajoute le procureur de la République de Nancy.

A la lumière de ces éléments, Nicolas A, était donc interpellé le 2 mai 2022 à 18h20 par les policiers de la sûreté départementale à proximité de son domicile à Nancy. 

Entendu au cours de sa garde-à-vue, le suspect niait les faits et n'expliquait pas la présence de son ADN sur l'écharpe de la victime. Puis, confronté aux résultats des examens génétiques des prélèvements médico-légaux, il affirmait n'avoir aucun souvenir des faits mais « regretter ce qu'il [s'était] passé avec cette demoiselle », souligne encore François Pérain, procureur de la République de Nancy. 

Pour ces faits, le mis en cause a été soumis à une expertise psychiatrique, il s'avère que son discernement n'apparaissait ni altéré, ni aboli et qu'il était accessible à la sanction pénale. Il était donc présenté le 4 mai 2022 devant un juge d'instruction qui le mettait en examen pour les chefs de viol sous la menace d'un arme et menaces de mort réitérées. Le Juge des Libertés et de la détention le plaçait en détention provisoire. 

Les investigations se poursuivent, d'après François Pérain, la Sûreté Départementale de Nancy examine actuellement « s'il existe des rapprochements avec d'autres affaires de même nature » à savoir des « tentatives de viols ou agressions sexuelles » qui ont pu être commis ces dernières semaines et mois.  

Déjà condamné pour le meurtre d'une septuagénaire

L'homme est très défavorablement connu des services de police et de la justice, il avait déjà été condamné par la Cour d'Assises du Nord – Douai le 27 mai 2010 pour des faits de meurtre ayant pour objet la préparation d'un délit ou l'impunité de son auteur à la peine de 20 ans de réclusion criminelle. Une femme de 79 ans avait péri sous des coups de couteau. 

Condamné, il purgeait sa peine carcérale lorsque le 15 décembre 2020, « il bénéficiait d'un placement extérieur en quartier de semi-liberté probatoire à une libération conditionnelle alors qu'il était incarcéré au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville »

Cette décision d'aménagement était prise au regard d'une double expertise psychiatrique qui pointait le fait que « le risque de récidive n'était pas avéré » confirmant ainsi les conclusions d'une précédente expertise psychiatrique de 2017. Une évaluation faite par le centre national d'évaluation qui pointait un risque de récidive faible et soulignait l'existence de  plusieurs facteurs de réinsertion. En outre, un avis favorable de l'administration pénitentiaire soulignait un parcours carcéral sans aucune difficulté, révèle le procureur de la République de Nancy. 

Après une année de placement probatoire du 16 décembre 2020 au 15 décembre 2021 pendant lequel Nicolas A respectait toutes les obligations (y compris de soins) imposées par le Justice (il était par ailleurs hébergé au centre de semi-liberté de Maxéville), il bénéficiait d'une libération conditionnelle. Sa fin de peine était fixée au 27 novembre 2023 compte tenu des réductions de peines dont il a pu bénéficier en application de la législation en vigueur.