Nancy : un adolescent mis en examen pour le meurtre de son père

Un adolescent de 13 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire ce samedi à Nancy pour « meurtre sur ascendant » après avoir fait feu sur son père. 

Les faits se sont produits le 7 octobre 2021 aux alentours de 3 heures du matin. Ce soir-là, les fonctionnaires de police de Nancy étaient appelés rue de la Douane à Nancy par les pompiers pour un homme de 33 ans blessé d’un coup de feu tiré dans la tête. L’enquête étaient confiée à la DTPJ de Nancy. Les premiers constats mettaient en relief que la victime touchée à la tempe droite présentait « un orifice d’entrée d’un projectile » et des brûlures démontrant que « le coup de feu avait été tiré soit à bout touchant, soit à bout portant ( très courte distance) » indique François Pérain dans un communiqué. 

Par ailleurs, les enquêteurs constataient que les deux garçons âgés de 12 et 13 ans de la fratrie composée de 5 enfants issue du couple n’étaient pas présents au domicile familial. « Les deux mineurs en fuite étaient donc activement recherchés », ajoute le magistrat. La femme de la victime, qui avait donné l’alerte, était placée qu’en à elle placée en garde à vue en raison « d’explications confuses » évoquant tout juste une dispute avec son mari et le rôle tenu par l’un de ses fils. 

Le 7 octobre 2021, le père de famille hospitalisé au CHRU de Nancy décédait. Lors de sa garde à vue, la maman finissait par reconnaitre que son fils aîné était « l’auteur du tir mortel ».  Ce que confirmait « sa fille de 7 ans qui avait assisté également à la scène ».

L’arme du crime cachée près du domicile familial

« L’arme du crime était retrouvée dans un sac, cachée près du domicile familial. Il s’agissait d’une arme de collection qui normalement n’est pas létale. Cependant, les munitions létales présentes dans le barillet avaient été modifiées pour être introduites dans cette arme. Une munition percutée retrouvée dans le barillet confirmait le fait qu’un seul coup de feu avait été tiré ».

Sur les circonstances probables qui auraient conduit au parricide, d'après les déclarations de la mère et des deux mineurs « il en résultait que la victime aurait bu beaucoup d’alcool et aurait été particulièrement agressif à l’égard de son épouse sous des prétextes divers. Selon la mère, elle aurait été frappée. Cependant, le médecin qui l’avait examinée pendant sa garde à vue ne relevait pas l’existence de traces de violences physiques. », ajoute François Pérain précisant que l’homme n’était pas connu pour des faits de violences.

Concernant le déroulé des faits, il s'avère que le jeune garçon avait mis la main sur l’arme de collection de son père qui se trouvait « dans la chambre parentale » et qu'il avait pris « une balle dissimulée sous les vêtements de sa mère ». Il avait ensuite donné un « pistolet à blanc » que possédait le père de famille à son frère afin qu’il puisse le défendre si « la balle ne sortait pas du revolver et si son père s’énervait ». Finalement, l’adolescent de 13 ans était entré dans la cuisine où « il trouvait son père assis » et tirait « un coup avec le revolver qui atteignait son père à la tempe », rapporte le procureur.

Les deux frères venaient finalement se livrer le vendredi 8 octobre 2021 au commissariat de police de Nancy expliquant avoir erré pendant toute la nuit. L’ainé était placé en garde à vue pendant que le second de 12 ans était placé en rétention judiciaire. La garde à vue de la mère et la retenue du deuxième frère étaient levées dès le vendredi soir. Le samedi 9 octobre 2021, le frère plus âgé était mis en examen du chef de meurtre sur ascendant et placé en détention provisoire.

Les enfants de la fratrie ont été provisoirement placés et un juge des enfants a été saisi pour suivre la situation éducative de ces mineurs.