Plan de refondation du CHU de Nancy : « extrêmement ambitieux »

NANCY. Le CHU de Nancy a dévoilé jeudi, les principaux axes de sa refondation après l'adoption d'un plan de Retour à l'Équilibre en 2007 pour limiter son déficit, une dette cumulée qui s'élève à 298 M€ aujourd'hui. Premier employeur de Lorraine, le CHU de Nancy emploie actuellement 6.800 personnes.
chu.refondation De gauche à droite Bernard Dupont, directeur général du CHU, André Rossinot, président du Conseil de Surveillance et le Professeur Michel Claudon, président de la Commission Médicale d'Etablissement crédit icicnancyfr

Autour de la table ce jeudi au CHU de Nancy, André Rossinot, président du Conseil de Surveillance, Bernard Dupont, directeur général et le Professeur Michel Claudon, président de la Commission Médicale d'Établissement ont expliqué à la presse les principaux axes d'un plan de refondation établis après un travail important mené au cours de l'été avec les équipes du CHU de la direction générale, de la Commission Médicale d'Établissement (CME) et responsables médicaux. Une refondation qui apparait aujourd'hui comme la deuxième phase de l'effort engagé par la précédente direction du CHU pour éponger la dette colossale cumulée depuis plusieurs années « Nous sommes au milieu du gué la première étape a été conduite par Philippe Vigouroux, l'ancien directeur général du CHU, de belle façon (...) mais aujourd'hui, Monsieur Dupont et son équipe vont devoir passer de l'autre côté du gué, ça nécessite énormément de travail » confie André Rossinot, président du conseil de surveillance. Justement pour poursuivre la tâche, le président de la communauté urbaine a rappelé la lucidité nécessaire avec « le poids des chiffres sur les difficultés réelles du CHU ». Ainsi, depuis 2007 grâce à un Plan de retour à l'Équilibre, le CHU de Nancy réussit tant bien que mal à contenir son déficit, un déficit chronique contenu en 2012 à 12 M€ sur un budget de 660 M€. Le nouveau directeur du CHU, Bernard Dupont le reconnait « un effort financier important a été mené, cet effort a eu un certain succès, le déficit du CHU a baissé », mais un autre effort attend l'établissement hospitalier pour remonter la pente, celle d'un travail en profondeur sur l'organisation générale de l'établissement public à commencer par un travail sur la répartition des activités, de leurs organisations au quotidien pour une meilleure prise en charge des malades. Un plan qualifié « d'extrêmement ambitieux » par André Rossinot dont l'objectif est de permettre à terme un retour à l'équilibre financier de l'établissement.

« Nous avons besoin d'un effort de redressement remarquable et continu » estime encore le président du conseil de surveillance qui souligne un travail de concertation avec « la CFDT (qui) a validé ce plan de refondation » et avec laquelle « il a été décidé et acté qu'il y avait une sorte de pacte sacré pour faire du CHU, un instrument qui joue un rôle de très grande qualité sur le plan de la santé et animateur de la plaque médicale de l'agglomération avec l'institut de cancérologie de Lorraine, le CPN de Laxou, mais aussi lié avec le CHR de Metz-Thionville lié par des conventions avec Épinal... », « Nous travaillons dans des groupements de coopération sanitaires avec Toul, Pont-à-Mousson, Lunéville, Neufchâteau et Vittel et bien souvent nous sommes en situation de capacité de soutenir un certain nombres d'initiatives, nous sommes très attentifs, nous ne sommes par pour rien une ville santé OMS parmi les toutes premières en France avec Rennes ou Montpellier pour ne pas prendre à bras le corps nos relations avec l'ensemble des associations d'usagers et de malades, c'est une démarche novatrice dans le regard que nous portons, nous ne sommes pas un lieu technocratique, nous sommes un lieu humain, un lieu de compétences et de savoir-faire, nous sommes tributaires d'un certain nombre de contraintes financières, mais aussi de notre héritage » souligne encore André Rossinot.

Sur le terrain les médecins des 16 pôles ont exprimé leurs craintes, ils ont tous mis en avant « une préoccupation très forte sur le renouvellement des équipements qui leur permet au quotidien de prendre en charge des malades » observe Bernard Dupont qui note à Nancy une implication très forte du corps médical dans leurs missions. « La crainte liée à l'investissement est réelle et tient au fait que le CHU consacre depuis de nombreuses années une part insuffisante de ses moyens au financement sur l'investissement et au bénéfice d'autres modes de dépenses en particulier celui du personnel, il y a là un enjeu très fort de rétablir un équilibre de celui des autres CHU » estime le directeur général du CHU.

À noter que ce travail de refondation du CHU de Nancy devrait immanquablement conduire à un redimensionnement sensiblement à la baisse des effectifs non médicaux. Une des raisons en est simple, le sureffectif global « nous sommes au-dessus des normes d'encadrement et de personnel d'un certain nombre de CHU, il faut en tenir compte » précise André Rossinot. Une « cellule de mobilité » créée par le CHU avec le soutien de l'ARS, aidera par conséquent les professionnels dans leurs reconversions, et ce dans une perspective où les départs naturels (environ 200 par an) devraient absorber en quelques années l'adéquation constatée. Il s'agira d'accompagner l'évolution professionnelle, individuelle et collective, de chaque agent concerné. Un accompagnement social, pour lequel le CHU entend solliciter une assistance des pouvoirs publics afin de permettre une mutation radicale de l'établissement.

Une méthodologie dynamique autour de quatre axes

Dans sa méthodologie, le CHU fait état de la mise en place d'organisations efficientes qui devraient permettre d'améliorer le parcours des malades et la prise en charge aujourd'hui insuffisamment développée comme l'hospitalisation de jour et la chirurgie ambulatoire tout comme à une meilleure prise répartition des ressources aux activités de soins. Pour permettre cette nouvelle organisation, le plan de refondation évoluera selon quatre axes : l'Amélioration du parcours du patient, la Définition de projets structurants, la relance à l'investissement et enfin le renforcement de l'engagement du CHU dans le territoire.  

L'hôpital du XXIe siècle...

Le plan de refondation est aussi une mise en perspective de l'avenir hospitalier du CHU comme l'explique encore André Rossinot « nous sommes au-delà des conjonctures, au-delà des restructurations, nous sommes sur la préparation de la refondation pour l'hôpital du 21e siècle... vers l'hôpital numérique, chef de file qui soutient un grand nombre de structures hospitalières en Lorraine partenaires confiants avec le CHR de Metz Thionville dans le cadre de la communauté hospitalière de territoire que nous partageons ». Une quête d'innovation partagée par le Professeur Michel Claudon Professeur, président de la Commission Médicale d'Établissement pour lequel « le projet médical doit évoluer et devenir un plan stratégique ».

Les premières étapes de ce plan de refondation marqué par une forte réorganisation de projets structurants telle que la relocalisation de l'endoscopie digestive ou encore la réorganisation des laboratoires, la création d'un département unique de médecine interne devraient commencer à être mis en oeuvre à partir de cet automne.

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