Extorsions au couteau à Ludres à la suite d'annonces Le Bon Coin : deux mineurs interpellés

Faits divers. Deux personnes ont été physiquement agressées à l'arme blanche à la suite de rendez-vous fixés sur Leboncoin. Les agresseurs présumés, deux adolescents de 17 ans ont été interpellés. 

Des guets-apens avec une grande violence impliquant deux mineurs. L’affaire interroge la justice et les policiers sur le profil des mis en cause, interpellés jeudi à Ludres et à Laxou.

Les faits qui ont fait l’objet d’une enquête minutieuse des policiers de la brigade des atteintes aux biens (BAB) ont permis d’établir l’implication des deux suspects mineurs grâce à l’exploitation de la téléphonie et d’investigations techniques. Des adolescents qui ont été par la suite confondus par les victimes sur tapissage photographique .

Les faits s’étaient produits le 19 octobre 2021, ce jour-là un potentiel acheteur se rend à un rendez-vous fixé via le site Le Boncoin pour une transaction concernant un téléphone portable. Mais tout est fictif, sous la menace d’une arme il remet son portable à ses agresseurs et se voit infliger trois coups de couteau au niveau des fesses et des jambes, des blessures pour lesquelles il se verra délivrer cinq jours d’ITT. Lors de la cette agression, la victime aurait entendu de la part de l’un de ses agresseurs « tu aurais dû le fumer ». 

Des faits d’une extrême violence qui ont permis aux enquêteurs de remonter sur des faits similaires commis également à Ludres une quinzaine de jours plus tôt, le 4 octobre 2021, sous le même mode opératoire. Après un rendez-vous fixé Le Bon Coin autour de la vente d’un téléphone portable, la victime avait été dépouillée de 500 euros et s’était vue infliger un coup de couteau qui l’avait blessée au coude lui occasionne un jour d’ITT. 

Une hyper-violence qui interroge sur le profil psychiatrique des deux adolescents

D’après le parquet de Nancy, lors d'une perquisition au domicile d'un des adolescents, une arme a été saisie, un pistolet de 9 mm, une arme létale utilisée dans l’armée qui était chambrée et prête à être utilisée. 

« Ils ont reconnu les faits, l’un habite à Fléville et l'autre à Ludres », a indiqué François Pérain, procureur de la République de Nancy .  Le profil des agresseurs présumés dans cette affaire interroge particulièrement la justice et les enquêteurs de police. « On n’a jamais entendu parlé d’eux, ils n’ont pas du tout le profil de délinquants », a ajouté le magistrat évoquant la scolarisation et le milieu « plutôt favorisé socialement » des mis en cause. Des faits commis « brutalement » et « du jour au lendemain » dans un contexte d’hyper-violence. 

À ce stade, les deux adolescents mis en cause ont été mis en examen pour violence aggravée et extorsion avec arme, un crime passible de trente ans de réclusion criminelle. Une expertise psychiatrique sera requise. Le parquet de Nancy a demandé le placement en détention préventive des mis en cause. Le juge de la liberté et de la détention n’avait pas encore exprimé vendredi soir sa décision.