Grand Nancy : la gratuité des transports en commun le week-end votée

Dès le week-end du 5 et 6 décembre prochain, les transports en commun seront gratuits dans le Grand Nancy. Une opération validée par les élus lors du dernier conseil métropolitain. 

Cela faisait partie des propositions phares du candidat Mathieu Klein lors des municipales, la gratuité des transports en commun le week-end a été votée, jeudi 8 octobre 2020, lors du conseil métropolitain du Grand Nancy. Les usagers pourront ainsi profiter gratuitement du réseau Stan à partir du 5 et 6 décembre prochains, c’est à dire lors du week-end de la Saint Nicolas.

La délibération a été présentée par Patrick Hatzig, vice-président du Grand Nancy chargé des mobilités qui a donc soumis au conseil métropolitain de valider la construction d’une nouvelle grille tarifaire du réseau Stan pour la rentrée de septembre 2021 « pour gagner en visibilité et en attractivité tarifaire ». Autre point de la délibération, un statu-quo de la grille tarifaire pour 2020 « au vu de la situation actuelle, aucune augmentation de tarifs contrairement à l’usage à chaque rentrée » soit de septembre jusqu’à décembre ce qui équivaut à une perte de recettes de 120 000 euros. Dernier point de la délibération, l’application de la gratuité pour tous des transports en commun le week-end à compter de décembre « ce qui permettra d’accompagner les activités festives et commerciales en cette période de fin d’année. » 

Patrick Hatzig a informé le conseil métropolitain que « l’application de la gratuité fera l’objet d’un suivi afin d’en mesurer la plus-value environnementale, sociale et éducative. » Une gratuité qui profitera d’une campagne de communication renforcée à destination des grands Nancéiens, mais aussi des territoires voisins. Selon le vice-président chargé des mobilités, pour les quatre week-ends de décembre, la gratuité coûtera 150 000 euros, un coût estimé à 2,8 millions pour l’année « sur 17 millions de recettes. » Patrick Hatzig a conclu la présentation en annonçant que la réflexion se poursuivait concernant la gratuité des transports en commun « pour les moins de 18 ans et les plus de 65 ans en septembre 2021. »

Par la voix de Michel Fick, l’opposition s’est plutôt prononcée en faveur d’une expérimentation de la gratuité lors des week-ends de décembre et janvier 2021 « afin de prendre le temps d’en faire une analyse avec suivi de la mesure au niveau environnemental, social et éducatif ainsi qu’en terme d’attractivité commerciale et d’impact financier et organisationnel. » François Werner, vice-président du Grand Nancy a abondé dans ce sens « le test permettra d’avoir un vrai résultat qui méritera une vraie analyse et cela nous permettra aussi de voir si la métropole est en mesure de supporter cette charge financière supplémentaire et voir aussi ce que l’on gagne en qualité de l’air. » 

"Il est urgent d'agir"

Pour la majorité, l’expérimentation a déjà été menée par la métropole « à l’occasion des pics de pollution ce qui montre que la gratuité a été jugée vertueuse en terme de santé publique » rappelle Bora Yilmaz avant de préciser « l’expérimentation a déjà eu lieu dans des communes du pays ou à l’étranger et les résultats sont positifs, à Dunkerque l’expérimentation montre aussi que la gratuité renforce le consentement du financement par la collectivité des transports en commun qui sont déjà majoritairement financés par celles-ci. »

Face à cette demande d’expérimentation, Chaynesse Khirouni a opposé au contraire « qu’il était urgent d’agir, nous sommes dans une urgence climatique et de santé publique, il est nécessaire de prendre des mesures incitatives pour prendre les transports en commun et réduire la part modale de la voiture en ville, la gratuité est une des mesures , pas la seule. » Selon Hervé Féron « il faut avoir le courage d’agir, de le faire, il faut avoir la volonté, toutes les personnes qui vont lever la main pour valider cette proposition , seront dans quelques temps fiers de pouvoir dire ou penser que  j’y étais je l’ai fait j’ai participé à cette décision. »

"Il ne s'agit pas de reculer, mais d'expérimenter"

Pour Valérie Debord, l’objectif de son groupe en faveur d’une expérimentation « c’est juste s’assurer que cette proposition est en adéquation avec  les attentes et le consentement général , il ne s’agit pas de reculer, mais d’expérimenter, ça serait sagesse et non pas amateurisme. » De son côté Christophe Choserot a jugé insuffisant le temps d’expérimentation proposée par l’opposition « l’expérimentation prend un peu de temps, deux mois ne seraient pas suffisant et cela ne répondrait pas à notre problématique, nous sommes face à un problème de santé publique, l’évaluation est permanente en matière de transports en commun. » Pascal Jacquemin, qui finalement est resté dans l’opposition malgré le changement de majorité au conseil métropolitain, a demandé du temps avant de pointer des problèmes de sécurité « la gratuité favorisant l’absence des contrôleurs. » a-t-il affirmé.  

En conclusion de ce débat, Mathieu Klein, président du Grand Nancy a rappelé que « 75% du coût du transport en commun est supporté par les collectivités, la participation publique est donc déjà existante » et que l’idée en rendant gratuit le réseau de transport le week-end était aussi « de favoriser les commerces de proximité du centre ville,  plutôt que d’acheter ne ligne ou ailleurs. » Le président du Grand Nancy a aussi promis « que ce choix politique serait sans cesse évalué. »