août 17, 2019

Éducation : la méthode de Matthieu Protin explore « La puissance mentale » pour mieux apprendre à l'école

Éducation. Matthieu Protin, un enseignant ardennais a développé une méthodologie destinée aux enfants pour apprendre les tables de multiplication. Le concept est innovant, exit le « par cœur », l’apprentissage se fait par des images mentales et la méthode fait ses preuves. 
MultiMalin
Une écolière de 8 ans teste ses connaissances avec la méthode Multi Malin - crédit photo ici-c-nancy.fr

À deux semaines de la rentrée et alors que les petits écoliers doivent déjà renouer chaque soir avec leurs traditionnels « devoirs » à la maison, nous nous sommes intéressés à une méthode éducative qui commence à faire parler d’elle en dehors de la région Champagne Ardenne où elle a vu le jour. Baptisée « Multi Malin », cette nouvelle méthode a été inventée par Matthieu Protin -ex-enseignant d’une classe élémentaire en Champagne-Ardenne- pour permettre aux enfants d’apprendre plus facilement grâce à des techniques de mémorisation très innovantes. 

Première matière abordée par la méthode, les mathématiques avec les tables de multiplication, un exercice ô combien incontournable pour toute la scolarité qui permettra à l’enfant d’automatiser des calculs simples. Si l’intérêt du calcul mental est fondamental, son apprentissage est loin d’être une sinécure pour les écoliers. Manque de concentration, troubles de l’apprentissage, Matthieu Protin l’a lui-même constaté dans les salles de classe alors qu’il enseignait au tout début de sa carrière dans une classe de CM1 : « Je me suis retrouvé face à des élèves particulièrement en difficulté pour les tables de multiplication, l’orthographe lexicale des mots, les terminaisons de conjugaison, les poésies, avec plus généralement tout ce qu’on demande aux élèves d’apprendre par cœur et je me suis reconnu en eux parce que moi même j’étais passé par là » nous confie-t-il.

« Il n’existe pas forcément une seule méthode d’apprentissage » 

Un constat angoissant pour les élèves, frustrants pour les parents et qui donne quelques idées au jeune enseignant : « J’avais cette conviction qu’apprendre ou mémoriser c’était quelque chose qui s’apprend un peu comme une gymnastique, mais mentale et je me suis d’abord souvenu d’une émission de télévision sur les championnats du monde de mémorisation et je me suis intéressé de près à leurs techniques mentales qui leurs permettent de mémoriser des centaines de chiffres en quelques minutes seulement. J’ai découvert qu’il ne s’agissait pas de surhommes en capacité exceptionnelle, ce sont des gens tout à fait ordinaires avec un cerveau ordinaire, mais dont les techniques mentales sont basées sur le fonctionnement naturel du cerveau avec l’association d’images mentales. En effet, si on associe par un lien de sens, deux images, quatre images, autant qu’on veut d'ailleurs et qu’il y a un lien de sens entre ces images, notre cerveau nous rapporte automatiquement toutes les images liées. C’est extrêmement puissant comme mécanisme et ça s’adapte un peu près pour tout ! En ce qui concerne, la compétition de mémorisation des chiffres, la technique est de transformer les chiffres en personnes ou objets d’une forme proche du chiffre de départ et ensuite de les associer par un lien de sens pour dérouler ensuite une série de chiffres » poursuit Matthieu Protin. 

Comment ça marche ?

Une stratégie de mémorisation que l’enseignant a souhaité d’abord expérimenter sur un groupe d’élèves puisque « comme tous les enfants sont différents, il n’existe pas forcément une seule méthode d’apprentissage ». Pour faire retenir l’ensemble des tables de multiplication aux écoliers, Mathieu Protin va donc créer une histoire autour d’un calcul et de son résultat à chaque fois par une association d’images mentales. Par exemple pour le calcul 7 X 9, l’enfant doit imaginer un personnage en train de vivre une situation. Dans cette scénette, le 7 suggère un plongeoir, le x un personnage qui symbolise la multiplication et le 9 un personnage avec une tête d’œuf. Le « 9 » saute du plongeoir et se retrouve la tête la première ! Ce dernier à présent retourné forme donc un 6, il s’agit du premier chiffre du résultat. Sur le 6 pousse quelques bosses causées par le choc en forme de 3. On obtient donc un 63. 

Multiplications
Crédit Méthode Multimalin

Rapidement, la méthode fait ses preuves avec « des résultats spectaculaires » sur ses élèves y compris ceux considérés en grande difficulté.  Fort de cette réussite, l’enseignant quitte son poste pour évoluer sur un poste de conseiller pédagogique et commercialise en 2012 en auto - édition la méthode « Multi-Malin » au côté de sa compagne Julie Herlem professeur des écoles. Et, la méthode a le vent en poupe, à ce jour près de 200 écoles, ont adopté le concept des images mentales et près de 11 000 méthodes ont été vendues à des parents, enseignants et orthophonistes. L’ex-enseignant a également d’autres idées, il met aussi à disposition sur son site web, des clés, des ressources en vidéo et propose des stages et des formations aux enseignants. 

Carla et Jules, 8 ans en CE1 ont testé la méthode Multi Malin... Nous avons suivi cet été, deux enfants Carla et Jules, en CE1 et désormais scolarisés en CE2 depuis cette rentrée à qui nous avons proposé de suivre chez eux la méthode Multi Malin. Matthieu Protin, leur avait conseillé d’entrer dans la méthode par la table de 7, (avec le 7x9 par exemple, puis 7x9 et 7x7) considérées comme les tables plus difficiles à retenir. À noter que cette méthode s’appuie sur le principe de la commutativité (7x9 = 9x7, etc.), ainsi, l'enseignant livre une autre astuce, celle de placer toujours le plus petit chiffre de la multiplication en première position "dans sa tête" (9x7 devient 7x9) et ainsi il y a deux fois moins de multiplication à mémoriser. Autre préconisation, celle de faire raconter le plus possible les images et les histoires. Verdict ? Les deux enfants ont confié s’être réellement amusés avec cette méthode et ont appris leurs tables. En revanche, la méthode n’est efficace que si elle est comprise, il faut donc une implication minimum des parents. Le temps d’apprentissage diffère ensuite d’un enfant à l’autre et selon le temps qu’on souhaite accorder, nos petits testeurs ont mis 10 et 18 jours à apprendre les petites histoires de leurs tables sur le bout des doigts !

 

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