décembre 13, 2019

Antibiorésistance dans les volailles : un enjeu de santé publique majeur (UFC-Que Choisir)

CONSOMMATION. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a publié lundi les résultats de son enquête menée sur des échantillons de viande fraîche de volaille vendus dans les grandes surfaces, les marchés, et les boucheries françaises. Les résultats montrent que plus d’un quart des produits testés sont porteurs de bactéries résistantes aux antibiotiques.

volailles.hypermarché

Alors que les associations de consommateurs européennes et américaines ont récemment épinglé la résistance aux antibiotiques de bactéries présentes dans des morceaux de viande, le magazine UFC-Que Choisir a publié lundi les résultats de son étude menée sur la présence de bactéries résistantes aux antibiotiques dans les viandes fraiches de volailles vendues dans le commerce. Au total 100 échantillons de poulet et de dinde vendus dans les commerces ont été passés au crible. Les résultats sont éloquents et témoignent "(qu')en matière d’antibiorésistance, la France ne fait pas exception au scandale" observe l'association qui note que sur les cent échantillons examinés, plus d’un morceau sur quatre (26%) contenait, de manière significative, des bactéries Escherichia coli qui, dans leur grande majorité, sont résistantes aux antibiotiques.

Volailles standards et premiers prix : rabais sur l’antibiorésistance. 

ans surprise ce sont les volailles standards et premiers prix qui sont désignés par le magazine comme plus impacté par l’antibiorésistance que les volailles biologiques.

Autant de résultats qui "ne peuvent manquer de susciter l’inquiétude" juge l'UFC Que-Choisir notamment dans les cas de manipulations de ces viandes avant cuisson par les consommateurs, "qui contribuent, parmi d’autres vecteurs, à diffuser dans l'environnement des bactéries antibiorésistantes, sources de pathologies humaines graves non traitables par antibiotiques"… 

L'UFC tire la sonnette d'alarme et presse le gouvernement d'agir

Du "conflit d’intérêt des vétérinaires qui, tout à la fois, prescrivent des antibiotiques et, pour bon nombre, les vendent..." aux négociations de l'Union Européenne avec les États-Unis sur un accord de libre-échange "alors que les normes américaines en matière de sécurité alimentaire sont notoirement moindres que celles européennes", le magazine réclame que dans le cadre de l’accord, "l’Europe s’oppose à tout allégement règlementaire dans le domaine alimentaire, notamment s’agissant de l’antibiorésistance".

L'association presse le législateur français: d’imposer le découplage entre la prescription des antibiotiques restant à la charge des vétérinaires et la vente de ces molécules qui doit être réservée aux seuls pharmaciens et par ailleurs "de sacraliser", dans la Loi, l’engagement de réduction de 25 % d’utilisation des antibiotiques, mesuré en termes d’exposition des bêtes et non de tonnage, et d’assortir cet objectif de sanctions dissuasives.

L'UFC Que-Choisir réclame enfin que la Commission Européenne propose sans délai un texte européen ambitieux pour traiter de ce problème majeur de santé publique et de lutter, dans le cadre des négociations du traité de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne (T.T.I.P.), contre un allègement des normes européennes en matière de sécurité sanitaire (hormones de croissance, décontamination des carcasses, antibiorésistance, etc.)

Retrouvez-nous sur Facebook

L'agenda des sorties

Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim

Ici-c-Nancy TV