juin 25, 2019

Chaynesse Khirouni présente sa proposition de loi sur les stages

Nancy- La députée socialiste de Meurthe-et-Moselle, Chaynesse Khirouni nous présente sa proposition de loi qui sera examinée aujourd'hui à l'Assemblée Nationale. Interview
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photo d'archives www ici c nancy fr

Chargée par le groupe socialiste à l'Assemblée nationale de rédiger une proposition de loi pour mettre en oeuvre l’engagement présidentiel n°39 « J’encadrerai les stages pour empêcher les abus », la députée de Meurthe-et-Moselle Chaynesse Khirouni nous présente son travail qui sera examiné aujourd'hui à l'Assemblée nationale. 

Aujourd'hui quelles sont les problématiques liées aux stages ?

Chaynesse Khirouni: La première problématique c'est de mettre fin au recours abusif au stage par beaucoup d'entreprises, c'est un engagement de François Hollande pris au moment de la présidentielle. Aujourd'hui vous avez un taux de chômage des jeunes de 24 %, sur certains territoires il atteint 40 voire 50 % dans les zones rurales et les quartiers. Vous avez des jeunes qui terminent leur cursus de formation qui ont des diplômes, qui ont fait des stages et à qui l’on dit non vous n'avez pas d'expérience professionnelle continuez à faire des stages, donc ils font une succession de stages au lieu d'être embauchés, ce n'est plus possible. Je pense qu'il faut envoyer une image et un message positifs à la jeunesse, on a confiance en la jeunesse, en ses compétences, en sa capacité à créer de la richesse et les stages doivent rester un outil de formation, ce n'est pas un emploi déguisé.

Quelles sont les mesures phares de votre proposition de loi ?

La proposition a plusieurs dispositions, en premier lieu, elle renforce l'accompagnement, l'appui des établissements scolaires dans la recherche de stages des jeunes dont certains ont des difficultés à en trouver notamment ceux qui n'ont pas de réseau, l'établissement aura la responsabilité d'accompagner et de suivre le stage de l'étudiant. Deuxième axe, pour lutter contre le recours abusif des stages, il faut identifier le stagiaire dans l'entreprise, ils seront donc inscrits dans une annexe du registre unique du personnel de la société et l’on considère qu'il faut un nombre maximum de stagiaires dans l'entreprise donc on fixera un seuil, aujourd'hui il sera de l'ordre de 10 %, pour une entreprise de 500 salariés cela fait 50 stagiaires, on va affiner pour les petites entreprises innovantes afin que le nombre de stagiaires correspondent à la réalité de l'entreprise. Enfin on améliore les conditions d'accueil des stagiaires en terme d'horaires, d'accès à des frais de transport, de repas, à des autorisations d'absence notamment lorsque vous êtes enceinte pour les jeunes femmes, mais aussi dans des conditions particulières comme une adoption ou des congés paternité ou maternité.

Quelle est la réaction du monde de l'entreprise face à ces propositions ?

Évidemment on a rencontré toutes les parties prenantes de ces questions. Des représentants des entreprises ont été rencontrés, il y a un cadre qui est accepté par l'entreprise concernant l'accueil qui doit être amélioré, sur le seuil ils se sont interrogés et je les ai rassurés en leur disant que de toute façon le seuil maximum va être travaillé afin qu'il puisse être en lien avec la réalité et le terrain. Il a fallu trouver un équilibre pour améliorer les conditions d'accueil, la lutte contre le recours abusif des stages, mais surtout que l'on ne tarisse pas l'offre de stages, donc le texte de cette proposition de loi a gardé cet équilibre global.

Vous voir confier la rédaction d'une proposition de loi par le groupe socialiste, c'est une fierté ? 

Ma fierté par rapport à cette proposition de loi, c'est que le groupe socialiste, le gouvernement m'ont fait confiance et c'est aussi une reconnaissance de compétences par rapport à des sujets particuliers donc pour moi cela est une grande fierté. Le fait que ce texte-là soit voté cette semaine avant mes deux ans de mandat, cela aussi c'est une grande fierté. Le gouvernement, le président de la République et le groupe socialiste ont mis en priorité la question de la jeunesse et c'est également une grande fierté pour moi parce que j'aimerais traduire sur notre territoire cette question à la fois de la formation et de l'insertion professionnelle des jeunes donc ça pourrait rentrer de manière pertinente dans un projet d'agglomération comme le Grand Nancy qui accueille 40 000 étudiants. Comment travailler pour qu'avec les partenaires, les étudiants aient des terrains de stages, des bourses de stage, des bourses d'accompagnement pour aller faire des études à l'étranger, pour travailler avec des PME/PMI qui pourraient faciliter l'embauche des étudiants qui ont fait des études en France, c'est important pour moi.

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