septembre 17, 2019
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Florange : un accord de dupe ?

La réunion prévue mercredi entre l'intersyndicale de Florange et Jean-Marc Ayrault s'annonce houleuse après la divulgation par le journal Le Monde du contenu de l'accord entre le gouvernement et Arcelor Mittal...

arcelormittal

 

 

 Mercredi à 18 h, les syndicalistes de Florange se rendront à Matignon avec la ferme intention d'obtenir des éclaircissements sur l'accord signé entre le gouvernement et le groupe Arcelor Mittal. Le journal Le Monde s'est chargé de leur en donner le contenu avant leur rencontre avec Jean-Marc Ayrault, et à la lecture de cet accord, force est de constater que l'entrevue risque d'être houleuse...

Un premier signe, le document ne fait que deux pages. Concernant les investissements sur cinq ans promis par Arcelor Mittal " réalisés de manière inconditionnelle "  seulement 53 millions d'Euros seront consacrés aux " investissements stratégiques " sur les 180 millions d'Euros promis. Tout le reste concernera " le flux d'investissements courants, les investissements de pérennité, santé, sécurité et progrès continu, et la maintenance exceptionnelle " bref les dépenses du quotidien comme les frais de maintenance ce qui fait dire aux syndicats que Lakshmi Mittal veut faire passer comme une concession des dépenses obligatoires. Point positif, le train à chaud selon l'accord " fait partie des outils majeurs du dispositif de laminage " et verra son niveau de production maintenu " autour de 2 millions de tonnes par an en bobines l'aval de la Lorraine " cela était demandé par les syndicats.

Concernant la fabrication du métal pour boîtes de conserve et canettes dont une ligne sur deux fonctionne, Arcelor Mittal s'engage à concentrer " les activités de l'amont du pakaging de l'entité Atlantique et Lorraine sur Florange " assurant par la même occasion l'emploi durant cinq ans. Le groupe Arcelor Mittal en profite malgré tout pour mettre en arrêt temporaire l'activité amont de Basse-Indre (Loire Atlantique), mais aussi l'activité de recuit d'Ebange qui pourrait également être à l'arrêt de façon temporaire " en fonction de l'optimisation des carnets". Il est écrit noir sur blanc que les effectifs de Basse-Indre resteront en l'état malgré ce transfert d'activité. 

projet ULCOS pas pour demain...

Concernant le projet ULCOS, que les syndicats considèrent comme une solution d'avenir pour le site de Florange, il n'est clairement pas près de voir le jour " l'état actuel des résultats de la recherche ne permet pas de passer directement sur le démonstrateur industriel de Florange " même si le groupe indien s'engage à continuer à travailler sur le projet. Sur les hauts-fourneaux, l'accord prévoit un maintien des installations pour une durée de six ans, mais le fonctionnement " sera arrêté en toute sécurité à l'issue de la procédure légale " c'est-à-dire en mars 2013, un point que Édouard Martin, délégué CFDT de Florange ne veut pas entendre parler, car arrêté le fonctionnement consiste à rendre l'outil de production inutilisable.

"De l'enfumage "

Sur le plan de l'emploi, les 629 salariés seront reclassés " sur des bases exclusivement volontaires " avec " un dispositif de gestion des fins de carrière et sur la mobilité interne au site ". Le groupe ArcelorMittal s'engage à proposer aux volontaires les postes disponibles sur les autres sites. Concernant les salariés de GEPOR, filiale d'ArcelorMittal qui emploie 130 personnes à Florange, ils bénéficieront " des mesures de gestion de fin de carrière et de mobilité avec des conditions similaires à Florange "

Pour Édouard Martin, délégué CFDT de Florange cet accord " est de l'enfumage, cela prouve une fois de plus que l'on ne peut pas faire confiance à Mittal ". L'intersyndicale compte demander à Jean-Marc Ayrault de modifier l'accord signé vendredi et notamment sur le maintien de la chauffe des hauts-fourneaux jusqu'à l'aboutissement du projet ULCOS. 

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