juin 17, 2019

Florange : Mittal s'engage à investir 180 millions d'euros

Politique -  Il n'y aura "pas de plan social" sur le site de Florange, a annoncé ce vendredi Jean-Marc Ayrault. Le groupe sidérurgiste s'est engagé à investir 180 millions d'euros à Florange sur cinq ans, et à ne pas faire de plan social. Les hauts-fourneaux ne seront pas redémarrés à court terme mais maintenus en l'état.

arcelormittal

"Ainsi, les activités du site liées à la filière froide, et notamment l'emballage, seront pérennisées et renforcées par un programme d'investissements industriels. Cela permettra de sécuriser les salariés qui travaillent dans ces activités", a déclaré M. Ayrault ajoutant qu'il n'y aurait pas de "redémarrage des hauts-fourneaux à court terme", ce "en raison de la faible activité actuelle en Europe".

En revanche, le groupe Mittal s'engage à "maintenir les hauts-fourneaux" de Florange en l'état dans l'attente de la réalisation du projet de captage et de stockage de CO2 Ulcos, dans lequel l'Etat pourrait augmenter sa participation et qui doit recevoir l'accord pour des financements européens dans les prochaines semaines. 

Il a ensuite expliqué que le gouvernement avait "écarté la nationalisation transitoire" du site de Florange au regard "des engagements" de Mittal. "L'Etat prendra autant que nécessaire des participations dans des entreprises stratégiques dont la survie serait en jeu, comme cela a été le cas avec Alstom", a-t-il ajouté, soulignant que l'Etat devait "investir lui-même dans des projets d'avenir pas immédiatement rentables".

Enfin, il a précisé que les engagements pris par ArcelorMittal étaient "inconditionnels" et que l'Etat veillerait à ce qu'ils soient "respectés scrupuleusement". Le gouvernement "utilisera tous les moyens nécessaires en cas de non-respect". "Il faut maintenir la pression parce que les syndicats disent 'est-ce qu'on peut encore avoir confiance?'", a-t-on par ailleurs souligné vendredi soir à l'Elysée, avant de prévenir : "Les moyens de pression ne disparaissent pas avec l'annonce (de ce vendredi soir). S'il (Mittal) se comportait comme un homme qui ne respecte pas sa parole il y a des moyens de pression".

Les syndicats loin d'être rassurés

Nous avons le sentiment d'avoir été une nouvelle fois trahis, a déclaré vendredi à Florange le porte-parole de la CFDT Edouard Martin, quelques minutes après la déclaration du premier Ministre Jean-Marc Ayrault.

"Nous n'avons aucune confiance en Mittal ...Les rénovations et investissements, c'est maintenant que nous les voulons, pas dans cinq ans" a déclaré Edouard Martin.

Edouard Martin a exigé la tenue d'"une réunion tripartite gouvernement-syndicats-direction". "Nous avons été le cauchemar de Sarkozy, on pourrait être celui de ce gouvernement", a-t-il annoncé.

 

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