juin 18, 2019

Nancy : Fouilles à corps, le torchon brûle entre le syndicat pénitentiaire et l'OIP

Trop c'est trop, le syndicat national pénitentiaire FO monte aux créneaux après la demande de l'OIP de l'annulation des fouilles intégrales à l'issue des parloirs et réagit aux propos de certains avocats et militants de l'organisation qui accusent les gardiens d'un excès d'autorité.

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Fouilles à corps, le torchon brûle entre le syndicat pénitentiaire et l'OIP - photo d'illustration crédit photo ICI-C-NANCY.FR

Bien que le syndicat pénitentiaire FO considère cette pratique comme nécessaire afin de :"travailler dans de meilleures conditions, en toute sécurité" en empêchant l'entrée d'objets interdits "au sein de la détention par le biais des parloirs, notamment des portables, de l'argent, de la drogue, qui serviront à reproduire les trafics de l'extérieur, les attitudes délictuelles, voire criminelles tant en détention que dehors".

La fouille à corps est aussi contraire aux principes édictés par la Cour européenne des droits de l'homme et inscrits dans la loi française depuis le 24 novembre 2009 par l'article 57 de la Loi Pénitentiaire N°2009-1436 qui définit que " les fouilles doivent être justifiées par la présomption d'une infraction ou par les risques que le comportement des personnes détenues fait courir à la sécurité des personnes et au maintien du bon ordre de l'établissement. Leur nature et leur fréquence sont strictement adaptées à ces nécessités et à la personnalité des personnes détenues…". 

Pour certains militants de l'OIP - l'Observatoire International des Prisons- la mise en oeuvre de cette pratique est aléatoire et propre à la volonté de chaque surveillant, des propos sulfureux publiés dans la presse écrite qui sont ceux de Maître Liliane GLOCK qui déclarait le 18 octobre dernier dans l'Est Républicain " qu'une partie du personnel pénitentiaire français a une tendresse particulière pour la fouille à corps. Pas pour des raisons de sécurité. Pour asseoir son autorité… " confortés par les propos dans le même article de Maître Dominique BOH-PETIT, correspondante à METZ de l'OIP, en ces termes : "A Nancy, cela se fait dans une pièce où le prisonnier se retrouve nu, jambes écartées, avec un miroir posé au sol. Et il y a une palpation des parties génitales…".

Les propos ont suscité un véritable tollé et déclenché l'ire du Syndicat National Pénitentière qui dénonce "une nouvelle croisade de l'OIP pour faire tomber les murs de la prison", et précise ses intentions d'engager "des poursuites pénales en ce sens, ainsi que toutes les actions pour museler le vent de la calomnie" ajoutant que "que les mots employés ci-dessus et que les gestes professionnels relatés du personnel de surveillance ne correspondent nullement à la réalité du terrain".

Tribunal administratif

Les surveillants de l'administration pénitentiaire peuvent-ils contraindre les détenus à une fouille à nu après chaque visite au parloir d'un de leur visiteur comme cela se pratique dans la plupart des prisons françaises ?

L'OIP s'est emparée de la question et se fera porte-parole avec huit courriers de détenus du centre pénitentiaire de Nancy lors d'une audience ce mercredi devant le tribunal administratif pour obtenir l'annulation des fouilles intégrales à l'issue des parloirs dans les établissements pénitentiaires de Nancy

Pour le syndicat : "le combat sera lourd" mais essentiel "on ne peut pas accepter qu'une mesure aussi fondamentale de sécurité autant pour les personnels que pour les PPSMJ (personnes placées sous main de justice) soient remises en cause en invoquant le principe des dignités des personnes".

 

 

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Dernière modification le samedi, 03 novembre 2012 15:29

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