juin 25, 2019

Stop gaz de schiste 54 : rencontre avec un collectif citoyen

Ecologie- Jeudi 20 septembre le collectif stop gaz de schiste 54 (GDS 54) organisait une rencontre avec la presse à Nancy...

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Militant pour l’abrogation de tous les permis d’exploration accordés en France ainsi que pour l’interdiction des techniques nécessitant la fracturation de roches dans le but d’y extraire des hydrocarbures, ce collectif souhaite sensibiliser la population aux problèmes des exploitations de gaz de schiste. Une quinzaine de membres, issus d’horizons différents participe à des conférences, distribue des tracts et anime une émission sur radio caraïbe les deuxièmes lundi de chaque mois. Pour la formation de ses militants, un kit a récemment fait son apparition.  

Nous avons rencontré quatre de ces membres, parmi eux, Pierre Christophe, ex-candidat aux législatives 2012 d’Europe Ecologie Les Verts de Meurthe-et-Moselle.

Gaz de schiste ? Quésaco ?

Selon un sondage IFOP paru en août 2012, 84% des français ont déjà entendu parler du gaz de schiste.  Alors pour les 16% restant, petit récapitulatif sur ce qu’est le gaz de schiste.

Résultant de la décomposition de l’argile, le gaz de schiste est depuis quelques années dépeint comme une alternative à l’énergie pétrolière. A l’heure d’aujourd’hui, l’unique moyen d’extraire ce gaz est une technique nommée fracturation hydraulique. Selon des associations écologistes, ce procédé cause de nombreux problèmes sanitaires notamment la pollution des nappes phréatiques proches des gisements.

Gaz de schiste,  un problème loin d’être réglé

En juillet 2011, une loi interdisant l’exploration et l’exploitation par  fracturation hydraulique  a été adoptée. A l’occasion de la conférence environnementale du weekend dernier, François Hollande a réaffirmé cette interdiction instaurée sous l’ère Sarkozy. Pour le regroupement citoyen réuni ce matin, la législation de 2011 est insuffisante face à la volonté des industriels. En effet, le texte prohibe uniquement la technique de fracturation hydraulique sans en définir précisément le procédé et laisse donc une marge de manœuvre aux groupes exploitants. « Des expérimentations s’effectuent sous des formules telles que stimulation hydraulique ou encore recherche scientifique », explique gds 54. Le manque de surveillance des concessions pétrolières les préoccupe, rien ne permet de vérifier si les forages servent à l’extraction de l’or noir. Pour endiguer ce problème, ces partisans antigaz de schiste se rendent au contact des populations proches de gisements potentiels. Ainsi, non loin de l’ancienne exploitation pétrolière de Sion, les militants ont demandé aux habitants de les alerter quant aux allers et venues de camions sismiques. Dans six mois, le collectif redoute une exploitation d’un gisement de gaz de schiste.

Lorraine, terre promise pour les industriels ?

La Lorraine est une région intéressante pour l’exploitation de cette ressource, mais également une région industrielle sinistrée. La fermeture de l’usine Arcelor Mittal à Gandrange (Moselle) et la diminution d’activité sur le site de Florange ont eu un impact social et économique dévastateur.  Conscient de cette situation les groupes exploitants utilisent le chantage à l’emploi auprès de la population. Face à cet argument, les membres de gds 54 protestent et répondent qu’aucun chiffre précis n’existe sur les emplois escomptés par  l’exploitation du gaz de schiste. Ils affirment que tous les brevets français sur ce type d’exploration sont détenus par des groupes étrangers et réfutent l’idée d’une reconversion dans ce secteur des anciens Mittals « un métallurgiste ne devient pas un spécialiste en forage...ces hommes [salariés potentiels de la filière gaz de schiste, ndlr] viennent de l’industrie du pétrole ». Quant aux groupes industriels, ils ne renoncent pas à l’idée d’exploiter un jour du gaz de schiste légalement. Un appel à débat sur ce sujet regroupant vingt-deux signatures, dont celle de la présidente du MEDEF Laurence Parisot, a été lancé mercredi 19 septembre sur le site internet, l’usine nouvelle.  

« Ne pas troquer l’emploi contre la santé », gds54

Le collectif stop gaz de schiste 54, sans position partisane, avance l’idée que le secteur des énergies renouvelables pourrait également être créateur d’emplois. Les conséquences néfastes sur l’environnement et l’homme des révolutions industrielles précédentes sont désormais connues et justifiées par l’absence de connaissances de l’époque. De nos jours, il serait inconscient de compromettre la santé publique et l’environnement pour quelques emplois, martèle gds 54. Fort de cette conviction, il invite les lorrains à les rencontrer, dimanche 23 septembre à Raon-aux-bois dans le cadre du festival festi la vida. 

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