octobre 19, 2019

Nancy : en immersion avec la brigade de soirée de la police municipale

NANCY. Effervescente le jour, la cité ducale bouillonne différemment la nuit avec des soirées arrosées et des rixes... Pour faciliter le bien vivre ensemble, la Ville de Nancy s'est dotée depuis maintenant un mois d'une brigade de soirée assurée par la police municipale de Nancy, de manière à accompagner la mise en place par le Ministère de l'Intérieur d'une Zone de Sécurité Prioritaire (ZSP). ICI-C-NANCY.FR a suivi cette nouvelle entité durant une soirée.
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Une patrouille de la brigade de soirée en action dans les rues de Nancy - crédit photo www ici c nancy fr

DOUZE. Dix hommes et deux femmes composent depuis tout juste un mois la brigade de soirée de la police municipale, une nouvelle entité est née, elle travaille du mercredi au samedi de 19 h à 2 h du matin selon des missions axées autour de la veille de la tranquillité publique des Nancéiens. Nous les avons suivis vendredi soir...

22 h 37 

Direction le bureau de la Police municipale rue des Cordeliers à Nancy où nous rejoignons le véhicule Renault Mégane sérigraphiée de la Police municipale. Nous embarquons aux côtés de deux policiers municipaux qui composent la patrouille, dont Matthieu Volant, chef de la brigade de soirée, mais aussi de Jean-Louis Thiébert, conseiller municipal délégué à la Sécurité. L'équipage indique sa position via radio aux autres patrouilles déjà en service depuis 19 h. Les policiers sont équipés de gilets pare-balles, plaques anti-traumatisme, gants, bâtons de défense type tonfa, 
"Du doigté et de la fermeté..." Jean-Louis Thiébert, conseiller municipal délégué à la sécurité
d’aérosols lacrymo et de flash-ball. « Vous avez bien choisi votre soirée les vendredis et samedis sont les plus fastes », argue le chef de la brigade de soirée. Dans la voiture pour la troisième fois, l’élu fait la route avec cette nouvelle brigade « je suis passionné par cette délégation », nous confie-t-il... 
« Nous sommes sur des problématiques que la police nationale n’a plus le temps de gérer, la proximité avec les débits de boisson, la surveillance, le contrôle de véhicules » nous explique Matthieu Volant. L’élu enchéri « c’est une proximité en uniforme ». L’équipage longe la Pépinière et garde le contact radio avec les autres équipages.

22 h 47

Nous nous approchons de la Place Charles III, un véhicule est visiblement mal stationné face au marché couvert, la conductrice égarée retrouve une personne qu'elle devait rejoindre, l’équipage poursuit.

22 h 50

Face à la cathédrale Saint-Georges, notre véhicule s’arrête, nous rejoignons alors une autre patrouille de la brigade de soirée qui s’apprête à rencontrer le gérant d’un bar de nuit. Une prise de contact informelle s’engage entre les deux policiers municipaux et le commerçant. Après renseignements, l'établissement ouvrira jusqu’à 2 heures du matin, le gérant informe qu’il prendra un portier à partir de 21 h ou 22 h, un emploi nécessaire qui lui permettra de « travailler plus sereinement ». Derniers échanges, la brigade de soirée explique qu’elle reste sur le secteur.

23 h 06

Direction le quartier Kennedy- Gabriel Mouilleron — Rue Général Hoche. « Les axes trams nous servent beaucoup la nuit » nous confie le chef de la brigade « ce sont des endroits où l'on constate des jeunes mineurs avec des stupéfiants qui dealent. ». RAS. Un début de soirée assez calme. « Il faut montrer qu’on est là », explique-t-il encore.

23 h 15

L’équipage se stationne place de la Croix de Bourgogne, « vous pouvez satelliser autour ? » s'enquiert auprès des autres patrouilles le chef de la brigade via radio. L’endroit affiche une relative sérénité « d’habitude ici c’est blindé » poursuit-il, la fermeture administrative du Chat Noir y est certainement pour quelque chose. La suite se fera en pédestre, aux pieds des escaliers menant à la Communauté urbaine. Les policiers s’orientent dans un parking souterrain sans barrière et énumèrent « les possibles planques pour cacher de la résine ». À l’abri des regards, un tag « ni... la police » interpelle soudain les fonctionnaires « c'est écrit, sans faute » ironise, le policier observant que le tag n’était pas présent hier. La mairie sera donc avisée pour procéder au nettoyage. Toujours sur les mêmes lieux, un étui de préservatif vide témoigne d’autres activités dans cet endroit isolé...

Le lieu est sensible, systématiquement une autre patrouille est présente pour inverser la tendance en cas de rapport de force. « Notre objectif c’est de montrer qu’on est là » insiste Jean-Louis Thiébert poursuivant que le secteur accueille tout type de transit « ici les gens viennent également pour les boites de nuit, dealer, fréquenter les prostituées... ». Le policier surenchérit « les gens se baladent avec des canettes à la main ou avec des bouteilles en pleine rue c’est comme ça que l'on a des dégradations » regrette le chef de brigade. Au même moment, justement deux jeunes femmes marchent une canette de bière à la main, le policier vient à elles, leur demande de vider le contenu et de jeter le récipient à la poubelle, elles s’exécutent et... remercieront l’agent. « Lorsqu’on leur explique qu’elles ont évité une amende de 68 €, les personnes sont plus compréhensives », commente le policier qui entend faire respecter l’arrêté pris par la mairie pour interdire la consommation d’alcool sur la voie publique. 

Le rapport à l’alcool a changé confirme le policier, « on connaissait ça chez les marginaux, les jeunes sont désormais concernés par le phénomène et avec 45 000 étudiants, Nancy est forcément concernée. Il y a toute une génération de jeunes mineurs alcoolisés, c’est inquiétant. »

23 h 28

Retour au véhicule, direction le quartier sensible de la Chiennerie, un contact radio permet de confirmer notre position. Le véhicule longe la rue Jeanne D’Arc, à cette heure, des dizaines de prostituées originaires des pays de l’Est attendent désormais leurs clients. Pas du ressort de la police municipale.

23 h 35

Rue Général Leclerc à un feu tricolore, le conducteur d'un scooter s’apprête à effectuer une marche arrière, mais celui-ci se fige à la vue de la voiture sérigraphiée puis se ravise immédiatement. « Il a eu un choc », confirme amusé l’élu. 

23 h 46

Nous arrivons à la limite de Villers-lès-Nancy dans le quartier de la Chiennerie. RAS.  Seuls deux jeunes zonent capuches sur la tête, canettes à la main et accélèrent le pas à la vue de la police municipale. 

23 h 53

Message radio, un équipage procède au contrôle de deux hommes rue Jeanne d’Arc, 4 grammes de résine ont été retrouvés sur eux. « Au début, ils ont déclaré ne rien avoir et puis ils nous ont livré les sachets d’eux même » commente un agent sur les ondes. Notre véhicule rejoint la patrouille, les deux policiers municipaux vont leur porter assistance. À la vue de tous ces véhicules de police, une prostituée résignée se déplace. Sur place, un point de la situation, c’est un banal contrôle de véhicule et une odeur très forte de cannabis qui a permis de découvrir les stups. Les agents municipaux se feront remettre sans heurt deux sachets de 4 g de cannabis, à peine achetés selon les consommateurs. Sirènes hurlantes, un véhicule de la Police nationale arrive puis un second. Chaque personne interpellée repart dans deux véhicules distincts direction l’hôtel de Police du Lobau pour un placement en garde à vue.

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Deux individus porteurs de résine de cannabis sont contrôlés par la brigade de soirée de la police municipale de Nancy - photo www.ici-c-nancy.fr
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La Police nationale vient en renfort pour conduire les individus en garde à vue - photo www.ici-c-nancy.fr

0 h 17

Rue Patton, un quad lancé à grande vitesse double la patrouille de la municipale sans clignotant. L’équipage active les gyrophares. Le conducteur se gare aussitôt. Les deux agents procèdent au contrôle, vérifient si le véhicule n’est pas volé, qu’il est assuré. Malgré quelques petites infractions, l’homme qui s’est prêté sans difficulté au contrôle et qui n’est pas « un mauvais bougre » sera sanctionné d'une amende de 22 €.

0 h 30

L'équipage rejoint le bureau de police pour nous déposer avec l'élu à nos véhicules. La fin de soirée sera plus tardive, car fixée à 2 h du matin pour les douze hommes et femmes de la nouvelle brigade. 

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