octobre 22, 2019

Le label « fait maison » pour contrer les restaurateurs servant des plats industriels ?

Nancy. À l'heure où les députés ont voté la création d'un label « fait maison » dans les restaurants, des restaurateurs se réjouissent, mais s'interrogent sur les modalités d'application du dispositif soutenu par Sylvia Pinel, la ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme qui demeurent vagues.
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Le label « fait maison » pour contrer les restaurateurs servant des plats industriels ? - photo DR

Une restauration à deux vitesses ! D'un côté les restaurateurs véritables ambassadeurs du bien manger et de l'autre des restaurateurs moins scrupuleux qui n'hésitent pas à servir à leurs clients des plats industriels. Une hérésie culinaire alors que la gastronomie française est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Pour mieux aiguiller les consommateurs et dans le cadre d'un projet de loi sur la consommation, les députés ont donc adopté en seconde lecture à l'Assemblée nationale, un dispositif qui permettra d'identifier, dans les restaurants, les plats faits entièrement sur place à partir de produits bruts des autres plats industriels simplement réchauffés puis servis en salle. Un logo simple et visible qui permettra aux clients de distinguer le « fait maison » du plat industriel. Si, sur le papier le label séduit, les restaurateurs s'interrogent déjà sur sa mise en oeuvre, comment se dérouleront les contrôles, le label sera-t-il obligatoire ? À quoi s'exposent les restaurateurs qui ne respecteraient pas « le fait maison » ? Des questions encore sans réponse. 

"Je ferme mon restaurant toute une journée pour fabriquer mes plats et le mardi je rouvre c'est une journée sans rentabilité, sans argent"                  Tony, Restaurateur à Nancy

Tony, gérant du restaurant « Little Italy » n'a pas attendu le label, il adhère à la charte proposée sur les restaurantsquifontamanger.fr, un site internet qui recense depuis 2012 à travers un annuaire les restaurants proposant du « fait maison ». Un engagement logique et nécessaire pour le restaurateur scandalisé par les pratiques de certains commerçants. Concernant le Label « Fait-Maison » proposé par les députés, Tony reste dubitatif «, c'est une initiative qui est tombée plusieurs fois à l'eau », regrette-t-il, indiquant que « beaucoup ne seront pas contents et qu'il y aura des dérogations ».  À en croire ce restaurateur, Nancy ne serait pas épargnée, beaucoup de brasseries, de grosses affaires et même de pizzeria auraient recours au surgelé ou à l'industriel, « seulement 20% jouerait le jeu du fait maison et du frais ». À la question de savoir si le gérant avait déjà été sollicité pour acheter des plats industriels ou surgelés, la réponse est immédiate « Oui évidemment tous mes fournisseurs ont des catalogues qui proposent ce type de plats après c'est au restaurateur à ne pas jouer ce jeu, on y trouve de tout, des paupiettes, du boeuf bourguignon ou encore des tartes... »

Plats industriels sous vide, surgelés ou « Fait-Maison » : quelques astuces pour reconnaître l'artisanal...

Pour détecter ce qui n'est pas « fait-maison » ou savoir si un restaurant a recours à des plats industriels, quelques astuces nous ont été livrées par le restaurateur. À commencer par la taille du restaurant et le nombre de tables délivrant une première indication, plus le restaurant est important plus il est matériellement difficile au restaurateur de fabriquer lui-même ses plats. Un autre élément, un service rapide peut vous mettre la puce à l'oreille, notamment s'il s'agit de plats habituellement longs à préparer. Pensez à contrôler, l'aspect du plat commandé s'il est trop parfait et ressemble à l'identique à celui de votre voisin, méfiance ! Une part de tarte industrielle est toujours très uniforme, elle est bien coupée et la cuisson toujours identique. 

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