octobre 17, 2019

Acte 22 des Gilets jaunes à Nancy : la manifestation interdite et un dispositif de sécurité dans le centre-ville

Pour la 22e manifestation des gilets jaunes, un périmètre de sécurité a été mis en place à Nancy - crédit CS/ ici c nancy .fr Pour la 22e manifestation des gilets jaunes, un périmètre de sécurité a été mis en place à Nancy - crédit CS/ ici c nancy .fr
Nancy. La Préfecture de Meurthe-et-Moselle a décidé d'interdire la manifestation régionale non déclarée des gilets jaunes prévue ce samedi dans les rues de Nancy. Près de 200 policiers seront mobilisés pour sécuriser l'hyper-centre de la ville. Instaurée par décret, la contravention de 135 euros sera appliquée aux manifestants "hors la loi" qui refuseront de quitter le périmètre.

Alors que dans le même temps à Pont à Mousson, une manifestation de Gilets jaunes déclarée a été autorisée par la préfecture, les gilets jaunes ne sont en revanche pas les bienvenus ce samedi 13 avril à Nancy. Y endosser une chasuble jaune fluo malgré l’arrêté de la préfecture pourrait même coûter cher aux contrevenants. 

Pour l’acte 22, différentes pages tenues sur les réseaux sociaux par des groupes de « G.J » annonçaient, depuis plusieurs jours, un rassemblement d’ampleur régionale à Nancy prévu à 13 h ce samedi sur la Place de la République. Une manifestation non déclarée qui a fait réagir la préfecture de Meurthe-et-Moselle. Ainsi, le préfet a pris un arrêté d’interdiction de manifestation et de rassemblement revendicatif dans le centre-ville. Tout regroupement sera donc proscrit dans le périmètre. Une décision motivée par les troubles à l’ordre public, à la sécurité des personnes et des biens notamment lors de la tenue de la foire attractive de Nancy, rassemblant de nombreuses familles. 

Soulignant son attachement au « droit à manifester », le préfet a néanmoins souligné ce matin en préfecture, le risque de trouble à l’ordre public et l’absence d’itinéraire que cette mobilisation non déclarée et sans interlocuteur pouvait engendrer. « Nous ne laisserons pas la foire attractive de Nancy gâchée par l’attitude de ces manifestants irresponsables », prévient le préfet de Meurthe-et-Moselle avant d’évoquer « l’excellent travail des forces de l’ordre ces dernières semaines et ces derniers mois en Meurthe-et-Moselle ». Depuis le début de la manifestation des gilets jaunes, douze policiers ont été blessés, aucun parmi les manifestants. 

GiletsJaunes22 Nancy
Philippe Nativel, vice-procureur au TGI de Nancy , Eric Freysselinard, préfet de Meurthe-et-Moselle et Laurent Tarasco, directeur départemental de la sécurité publique de Meurthe-et-Moselle - ICN
 
Un centre-ville sanctuarisé

Un périmètre de sécurité a été établi ce samedi dans lequel il sera interdit de manifester. Selon Laurent Tarasco, nouveau directeur départemental de la sécurité publique de Meurthe-et-Moselle, près de 200 policiers et gendarmes vont être mobilisés parmi lesquelles deux forces mobiles. Un dispositif qui concernera d'abord l’hypercentre, la place Stanislas et la mairie. En deuxième point, la surveillance du lieu de rassemblement, place de la République où les contrevenants seront incités à quitter le périmètre avant d’être verbalisés. Le dispositif sera appuyé d’équipes de police extrêmement mobiles.

Contravention à 135 euros pour les contrevenants

Dans le cadre de la loi anti-casseurs, texte promulgué par Emmanuel Macron et publié au Journal officiel, des nouvelles mesures dissuasives s'appliqueront ce samedi pour l'acte 22 des Gilets jaunes. Parmi celles-ci, l'autorisation des fouilles de sacs et de véhicules sur le lieu de manifestation et à ses abords sur réquisition du procureur, le délit de dissimulation volontaire du visage passible d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende ou encore le principe de casseur-payeur. 

« La nouvelle loi nous donne des instruments supplémentaires, elle nous permet de verbaliser à hauteur 135 euros les simples manifestants. Nous devons assurer la sécurité et la tranquillité des habitants de Nancy notamment où se déroule la foire attractive, immense succès populaire comme chaque année. Il est hors de question qu’il y ait des heurts entre forains et les manifestants, mais aussi que des enfants soient gênés. Imaginez que nous devions utiliser des gaz lacrymogènes pour dissiper la manifestation, ce serait particulièrement pénible », souligne le préfet de Meurthe-et-Moselle. 

À Nancy, la verbalisation se fera soit par procès verbal électronique soit par remise d’un formulaire. « Les personnes qui n’auront pas de papiers seront ramenées à l’hôtel de police et feront l’objet d’une procédure de vérification d’identité en lien avec le parquet pour la prise d’empreinte », ajoute le directeur départemental de la sécurité publique de Meurthe-et-Moselle.

Perimetre13 0419Le périmètre de sécurité déployé à Nancy samedi 13 avril 2019 en prévision de la manifestation des Gilets jaunes - source cartographie Préfecture 54

Près de 200 gilets jaunes "radicalisés"

À ce stade de la mobilisation Gilets jaunes, les autorités de l’état craignent surtout la présence de profils plus radicaux, des émeutiers. Ceux qui se masquent le visage, procèdent à des tirs aux billes d’acier, concoctent des bombes artisanales... « Il y a un noyau dur de personnes qu’on retrouve systématiquement et qui sont prises en compte par les services de renseignements, ce sont eux qui perturbent le plus, ils seraient près de 200 », estime le directeur départemental de la sécurité publique de Meurthe-et-Moselle. 

À ce jour, depuis le début du mouvement en Meurthe-et-Moselle, 222 manifestants ont été interpellés, la justice a prononcé 47 condamnations et trois relaxes. Beaucoup étaient des primo-délinquants. 

Le centre opérationnel départemental sera ouvert samedi à la préfecture pour superviser les opérations de maintien de l’ordre.

 

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