août 25, 2019

La "fish pédicure" pas anodine pour la santé ?

Après les bars à sourire, la "fish pédicure" aussi est sujet à controverse, la technique serait même discutée sur le plan de la santé. L'Agence de sécurité nationale de l'alimentation, de l'environnement et du travail (l'Anses) recommande un encadrement strict de la pratique.

fish.pedicureImage d'illustration DR

Très tendance la "fish pédicure" séduit les instituts de beauté qui depuis quelques années s'équipent pour pouvoir accueillir ces poissons miraculeux. Le concept est simplissime, il est basé sur l’utilisation de poissons détachant des squames de la peau, une pratique existant depuis de nombreuses années en Turquie, en Asie et au Moyen-Orient. "Dans de nombreux pays, dont la France, un nombre croissant d’établissements propose ce type de soins -notamment une offre dite de « fish pédicure »- avançant des effets esthétiques ou de bien-être, mais également parfois des effets thérapeutiques" détaille l’Anses qui révèle dans un avis publié mercredi avoir été saisie par le ministère chargé de la Santé afin d’évaluer les risques pour la santé liés à ce type de pratique à des fins esthétiques et/ou de bien-être.

Le constat. En France, la pratique de la « fish pédicure » n’est encadrée par aucune réglementation sanitaire spécifique. Depuis 2010, l’offre de soins pédicure dite « fish pédicure » se développe de manière très importante en Europe, notamment en France, dans les établissements d’esthétique ou de « bien-être » où elle se met en place, le plus souvent en complément d’autres prestations. Il n’est pas possible de déterminer avec précision l’ampleur de cette pratique en France. Il semblerait que plusieurs centaines d’établissements proposent une activité de « fish pédicure », quelques dizaines seulement d’entre eux satisfaisant aux conditions légales d’ouverture. Des cas d’infections bactériennes liées aux pratiques de l’aquariophilie et de la pédicurie ont été décrits. Les données sur la qualité de l’eau au sein des établissements pratiquant la « fish pédicure » sont rare et il n’existe pas de données spécifiques sur la présence et la prévalence de micro-organismes pathogènes chez les poissons Garra rufa commercialisés en France. En raison de la présence des poissons, il est impossible de maintenir une eau désinfectante dans les bacs utilisés pour la « fish pédicure » car cela les tuerait. Certains usagers (diabétiques, immunodéprimés, usagers ayant des lésions cutanées aux pieds) constituent une population sensible à risque plus important d’infection.  La pratique de « fish pédicure » peut attirer plus particulièrement des personnes avec un épaississement de la peau (hyperkératose), susceptible d’être d’origine mycosique, qui ainsi augmentent, d’une part, le risque de contamination de l’eau et qui présentent, d’autre part, une sensibilité accrue aux infections.

En conclusion. Bien que l'Agence ne recense aucun cas d’infection documenté lié à l’offre de soin pédicure dite « fish pédicure », l’Anses considère "qu’il existe un risque potentiel de transmission d’agents pathogènes d’origine humaine ou animale par le biais de l’eau ou des poissons, au cours de la pratique de « fish pédicure ».

Les recommandations. L’Agence recommande l’encadrement strict de cette pratique afin de prévenir les risques d’infection des utilisateurs et des professionnels face au développement d’une offre de soin pédicure dite « fish pédicure » avec l’obligation de traçabilité des lots et le contrôle sanitaire des poissons ou encore la formation des personnels de ces établissements pour garantir leur sécurité et celle des usagers...

 

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